lundi 23 avril 2018

Losc de Gérard Lopez : L’accident industriel redouté ne devrait pas dispenser les vrais responsables ! (Exclusif)

Gérard Lopez, président du club de football du Losc qui risque la rétrogradation. (Droits réservés).



Paris le lundi 23 Avril 2018.
Didier REMER




Bien triste samedi, alors que le club Lillois pensait sauver ce qui pouvait ‘’encore’’ l’être, la grâce ne fût pas vraiment au rendez-vous!  Sans réelle arrogance, Marseille semble avoir accéléré le sort de la délicate descente aux enfers du club des Dogues; 5-1, résultat sans appel... Contrairement à l’idée si trop facilement répandue, au départ de l'aventure de la reprise du Losc par l'homme d'affaires l'hispano-luxembourgeois Gérard Lopez, les joueurs lillois n’avaient pas spécifiquement à rougir des statistiques -purement- sportives, « Doivent être soulignés de nombreux efforts et progrès qui malheureusement ne trouvèrent pas toujours leur concrétisation sur le terrain…  des réalités ! »  croit savoir ce retraité supporter actif de la première heure qui toutefois ne limite pas la responsabilité de l'actuel fiasco aux seuls dirigeants des Dogues « Une ficelle un peu trop grosse pour un supporter de mon grand âge !  Je n’aime pas voir battre les gens qui sont à terre ou presque, ce n’est pas le véritable esprit des gens du Nord, encore moins des vrais sportifs ! Vous savez, ici la valeur travail et celle de la solidarité comptent encore ! Que les efforts aboutissent ou pas, tout est question du mérite en action, le succès est une notion plus variable, il faut regarder qui sont les adversaires, tout est question de pointure ! » Un bon état d’esprit qui ne semble pas ou plus vraiment traverser toutes les générations de supporters d'un club en pleine crise. Entre mauvais résultats sportifs, ambiance dégradée au possible, coups bas et autres coups tordus, situation financière contrainte, le club du Losc risque de subir une rétrogradation avec toutes ses conséquences, « Avant les larmes qui nous sont promises, nous sommes tous condamnés au constat du véritable gâchis qui se joue sous nos yeux impuissants depuis de longs mois ! »  


La volonté seule ne suffit pas !


A présent, les commentateurs sportifs se lâchent sur le club, « Les Dogues sont devenus des proies médiatiques si faciles ! »  comme si le contexte délicat des épisodes Bielsa et autres écueils de la sphère dirigeante se pouvaient miraculeusement gommés dans les esprits des joueurs, pas moins ceux si tourmentés des supporters aux prises de la saga depuis de longs mois…  Pourtant, nombreux sont les observateurs qui se refusent à limiter leur analyse à la trop simple critique d’un dirigeant en devenir logiquement jugé, « Il est vrai, parfois rapidement approximatif ou clairement inapproprié pour relever… si grand défi ! Mais rarement insincère… » L’histoire est ainsi faite, l’hispano-luxembourgeois Gérard Lopez souhaitait racheter Marseille, c’est bien l’OM qui viendra peut-être aussi un peu sceller le nouveau destin « du » club Losc… Le tour de table objectif des investisseurs suppose bien « du » club ; plutôt que d‘un « son » club… Comme quoi, la volonté seule ne suffira jamais. Des premiers doutes avec « L’analyse économétrique et donc systémique lors de la reprise du club ! Dès le départ par la DNCG, la situation du club interrogeait déjà beaucoup ! » ; plus que jamais vrai aujourd’hui à l’heure d’un certain ''premier'' bilan. « Peut-être le dernier de l’ère Lopez si… »

Le modèle économique de Gérard Lopez est d’un équilibre jugé parfois « précaire entre pro-spéculation et pari logiquement sportif », comprendre ici que « L’axiome joueurs entraîneur restant toujours la clef de voûte d’un club de football de première ! », dans le cas de Gérard Lopez, c’est-à-dire pour certains esprits, misant davantage sur des stratégies comme surtout « Une acquisition massive de jeunes pousses ou soyons clairs, avec la spéculation pour seul avenir au point peut être d’en oublier un peu trop rapidement qu’un atome sans son noyau démontre plutôt l’inertie du présent, souvent explosive dans un futur proche... » insiste sévèrement notre source à Luxembourg qui scrute « Une dramaturgie… annoncée ! » Un jugement pour le moins peu optimiste et assez définitif.

Accident industriel ?

Le plus compliqué et donc lourd de conséquences pour notre source « Serait (à présent) de se mentir à soi-même et ce plus qu’aux autres, (…) Bien sûr qu’il fallait être optimiste, mais cette volonté sans cohérence allait devoir annoncer ce qui pourrait encore devenir l’accident industriel le plus grave de l’histoire du football français, ce drame annoncé par beaucoup d’observateurs qui devra aussi rapidement interpeller sur toute la chaîne des responsabilités ! », à commencer sur les autorités françaises, nationales et donc sportives, « Les principes de la régulation économique du secteur et donc tous les acteurs liés au processus décisionnel ! (…) Plus grave encore serait un déni général et pour le coup, la promesse d’un conflit durable entre la ligue professionnelle et certains clubs et autres agents économiques embarqués dans des pratiques qui démontrent qu’au-delà de l’aspect purement sportif, se jouent aussi des drames humains, toujours à la périphérie de l’économie. » Tacle sans réserve notre source à Luxembourg qui regrette de voir son compatriote Gérard Lopez avoir considéré qu’un club de foot pouvait se diriger comme « Une vulgaire entreprise de Time sharing* ! » Alors faut-il comprendre ici une bourse d’échange de joueurs avec visée purement pro-spéculative ? « Plus ou moins ! L’idée est plutôt bonne sur le papier, finalement réaliste, mais peut s’appliquer surtout à ceux qui disposent vraiment des moyens pour l’imposer, or l’urgence du Losc était visiblement ailleurs ! (…) Il fallait investir dans deux ou trois grands joueurs dès le départ, bien vérifier le cadre réglementaire dans le détail, innover, oui, mais avec autant de prudence que d’incontestable intelligence comme peut en démontrer un Gérard Lopez. Sans être plus désagréable que la situation, on gagne toujours à traiter ses dossiers dans l’ordre… » croit-on savoir encore. Cet aspect purement stratégique ne semble pas vraiment avoir affecté les autorités sportives de régulation, « Un club de première division est un relais économique souvent impliqué dans le devenir d’une région, ville ou collectivités territoriales, pour s’en convaincre, regardez ce que sont devenues toutes les villes de ces clubs rétrogradés (…), dans le cas du Losc, des élus doivent aussi regretter amèrement une fin de non-recevoir sur leurs inquiétudes de bon sens et ce par certaines autorités du football français dans leur tour d'ivoire… »  Et pour ceux qui sont remontés en première division ? « C’est toujours possible ! Mais surtout avec beaucoup de cohérence, bien sûr une question de management, de méthode et surtout d’un tour de table financier… sérieux ! » Fermer le ban. Un sauvetage? Notre source semble encore y croire avec force de conviction,  « Impossible n'est pas français! Ne dit-on pas... ? » nous allons donc voir quels seront les développements pour l’avenir du club Losc pour nous rappeler ce qui vient de nous être dit dans le détail...


Une hirondelle qui fait le printemps...

Au départ, sur le papier, un mix entre projet présumé fiable économiquement et pas moins sportif véritablement conquérant mais aussi avec ses indissociables premiers doutes, ce qui semblait annoncer la couleur, si je puis dire. Toutefois, l’épisode Bielsa s‘est rapidement démontré comme un élément déclencheur dont la justice semble calmer certaines ardeurs (lire notre précèdent article ici) visiblement éloignées de l’esprit de mutualisation de l’effort et de la solidarité si chères au milieu sportif si contraint. « Soit les attentes étaient déraisonnables, soit la promesse trop grande pour s’avérer véritable, il est bien question des engagements réciproques. » Pourtant, ce n’est pas faute d’y avoir œuvré, le dirigeant Gérard Lopez s’est battu comme un lion pour faire son tour de table financier, lui manquait peut-être un peu plus de concrétisation « rapide » sur le terrain, ce canal de la chance et donc de l’aboutissement de l’effort réservé exclusivement aux joueurs et donc à l’entraîneur, derniers ressorts. « Ainsi, avec des premiers résultats encourageants, la manne financière pouvait à nouveau suivre dans un futur proche. Mais l’histoire manquait peut-être aussi d’un autre ingrédient si précieux... la confiance ! » Ce n’est sûrement pas la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG) et la ligne nationale professionnelle qui viendront contredire cet aspect au retraité supporter de la première heure du Losc qui pourtant croit à l’ultime miracle : « Sur le terrain, peut-être, mais aussi avec une prise de conscience des autorités du foot qui ne sont visiblement pas très claires dans toute cette affaire! »  Sur monsieur Lopez? « Seule, sa volonté qui me paraît toujours sincère ne suffira pas ou plus, la situation financière suggère de trouver rapidement des investisseurs capables, la dette serait abyssale (entre 110 Millions à 130 Millions d'euros: Ndlr), et dans son tour de table on nous parle aussi d’un fond vautour qui n’a rien d’une hirondelle qui fait le printemps… »  A suivre...



Gérard Lopez, sa mise au point...

L’actionnaire principal des Dogues a choisi de s’exprimer ce mardi sur RMC, laissant la porte ouverte pour poursuivre l'aventure en cas de rétrogradation en deuxième ligue, le dirigeant insiste sur l'ambiance qui selon-lui, plombe ses joueurs, souvent jeunes et donc plus réceptifs à cet aspect: « J’espère, tant que comptablement on pourra le faire j’y croirai, on vit une situation hallucinante en termes d’événements catastrophiques, je serai le dernier à y croire. Il reste quatre matches à jouer. Le fait de ne pas gagner depuis janvier, parfois la performance, parfois les erreurs, parfois un tout petit peu d’arbitrage, mais c’est annexe, nous desservent. Je continue à garder espoir qu’on va se réveiller et qu’on va mettre les pièces les unes sur les autres pour pouvoir avancer. De l’intérieur, j’ai échangé avec une série de joueurs, avec certains plus expérimentés et le paradoxe avec ce que j’entends et en partie ce que je peux voir, c’est qu’ils sont concernés, c’est le terme le plus approprié. Parfois ils n’ont pas de réponse avant même que la question soit posée. À n’importe quel moment ils sont convaincus qu’il peut se passer un truc dont ils seront coupables et ils ne jouent jamais libérés. Guingamp c’est le symbole, dès qu’on commence à avoir des résultats ils se demandent quoi faire et ne pas quoi faire... Vous sentez des gars qui sont concernés par la situation quand on leur parle un à un », a commencé par expliquer Gérard Lopez sur les ondes de RMC Sport. Il a ensuite annoncé avoir un plan en cas de rétrogradation, d'ailleurs le club se doit effectivement être en capacité de proposer deux plans de continuation en fonction de l'issue de la saison aux conséquences différentes : « Aujourd’hui on a un plan au cas où on devrait descendre » Dans la foulée, l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois a nié certaines informations sorties dans la presse notamment sur les retards avant d’arriver au point qui intéresse le plus les supporters : le volet financier. « Aujourd’hui on a un plan au cas où on devrait descendre. Même si on espère encore rester en Ligue 1, il n’y aura pas de dépôt de bilan si on va en Ligue 2. Sur la DNCG ce n’est pas à moi de m’exprimer. On a discuté de certaines choses, si on avait pu recruter certains joueurs d’expérience, on n’en serait pas là non plus. C’est vrai qu’on ne veut pas descendre. Si on descend, on va ajuster. Est ce qu’il peut vivre deux trois-quatre ans en Ligue 2 ? Non. C’est un club qui peut descendre ? Oui. Est-ce que c’est un club qui veut descendre ? Non. Je serai là l’année prochaine, même en Ligue 2. Clairement, il y a une communication qui a été faite, je ne pense pas par la DNCG, mais si les infos sortent, ce n’est pas anodin. Il y a six ou sept clubs qui ont reçu des remontrances et on n’en parle pas. Depuis le début on est un peu à la mode, je n’ai pas à sauter sur toutes les infos. Le point le plus important c’est que je bosse pour que ça marche, mais ce n’est pas anodin que certaines infos sortent. Il y a une erreur dans certaines choses qui sont sorties, les chiffres énoncés sont complètement faux. Le club a été acheté point barre. L’investissement dans les joueurs a été fait avec 30% en fonds propres et 70% en externe. Ça ne correspond pas du tout à ce que j’ai pu lire comme quoi tout a été financé par la dette... », a-t-il ainsi ajouté sans pour autant jamais évoquer l'évolution possible de son rapport avec les engagements pris avec le fonds Elliott et autres consorts, possiblement une bonne nouvelle si le club parvient à se maintenir ? La question reste clairement posée...



Fonds Elliott...



" Le fonds américain achète des dettes ou des actions décotées et secoue les dirigeants concernés pour qu’ils améliorent la situation. Si ce harcèlement aboutit au résultat espéré, il revend ensuite ses titres avec une forte plus-value. Depuis sa création en 1977, Elliott se flatte d’avoir ainsi fait bénéficier ses investisseurs d’une rentabilité moyenne de 13,5 % par an, supérieure à celle des 500 plus grandes valeurs américaines (11,2 %)." s'était encore alarmé le journal "Le Monde" il y à quelques mois... L'ancien patron de l'écurie Formule1 Lotus «  Rachetée en bout de course pour l'euro symbolique par Renault... » suite à l'échec de la stratégie de Gérard Lopez que certains préfèrent relativiser au regard là aussi, «  ...d'un tour de table qui avait tout pour séduire sur le papier, mais dont l'optimisme de la stratégie tant sportive qu'économique ne devait pas se confirmer au plus près des engagements réciproques... » croit-on savoir à Luxembourg en oubliant un peu vite de préciser que pour cette affaire, certains détails et autres "dilemmes de circonstances" avec des associés de l'homme d'affaires Gérard Lopez. Reste à connaître l'issue de cette saison pour le club du Losc et donc son rapport à la ligue 1 de football, puis dans un autre registre pas moins important, l'issue après la clôture des comptes après l'audition des dirigeants devant la DNCG programmée dans les semaines à venir, serait déjà évoquée la possibilité d'une audition de l'ensemble des actionnaires... « Il faudra aussi s'intéresser dans le détail à la chronologie des décisions prises par l'instance régulatrice plus en amont, on pensera notamment par la suite aux mesures conservatoires restrictives, le projet ayant démontré des limites dès les premières heures, ce que ne peuvent contester la Dncg ou la ligue professionnelle..» insiste notre source à Luxembourg.





L'Avis de Finance Offshore...

Le calendrier est toujours plus tendu, entre derniers matchs à jouer - et surtout à gagner ! - et la prochaine audition de l'équipe dirigeante à la Direction nationale du contrôle de gestion, toute une région reste logiquement suspendue à l'issue du club qui s'est démontré comme un des plus brillants de l'histoire du football français. Bien sûr, face à la crise, les avis sont parfois tranchés pour ne pas dire sévères, mais souhaitons sincèrement au club du Losc et à ses nombreux supporters une issue par le haut, c'est à dire capable de s'éviter la rétrogradation. Sur l'aspect purement financier du club, il faudra bien plus que des bonnes intentions, il faudra un plan de sauvetage, là aussi, capable ! Pour être tout à fait complet, il faudra aussi tirer toutes les conséquences d'une issue possiblement encore moins positive, elle appellera toutes les responsabilités qui devront se faire jour... Pour l'heure, la première urgence sera bien de voir tout ce que compte de supporters démontrer leur soutien à leur équipe face à celle de Metz, ce qui pourrait s'avérer comme essentiel !































* Time Sharing: Le temps partagé ou pseudo-parallélisme, est une approche permettant de simuler le partage par plusieurs utilisateurs; ce terme est surtout utilisé pour la vente d'appartements en temps partagé, ici dans le texte avec une connotation assez péjorative et donc plutôt négative.










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