lundi 11 avril 2016

Edito : Le scandale du Panama Papers vu du Luxembourg!


Un nouveau scandale planétaire: THE PANAMA PAPERS par l'ICIJ !
 (The International Consortium of Investigative Journalist)






Luxembourg le 11/04/2016

Par Didier REMER


Edito en partage avec Warren.lu , Luxembourg Banking, Investments & Fintech.

Ce fût une semaine intense, si riche en événements, mes amis de la place de Luxembourg avaient de bonnes raisons pour me téléphoner pour me raconter cette fameuse onde de choc dans les coulisses des paradis fiscaux. A vrai dire, ce sont les plus importants d'entre eux qui se sont essayés à l'exercice de contrition le plus vertueux, jugez par vous même : « Tu sais, tu vas dire que j'en remets peut être une couche, mais je n'ai rien découvert dans cette affaire purement journalistique, notre monde est ainsi fait, il n'est en rien perfectible, à qui et comment expliquer pourquoi la mondialisation s'est ainsi construite ? Comment faire comprendre que tout ce qui nous est vendu comme un énième scandale n'est qu'un dernier wagon d'un train qui foncera toujours à toute allure? (…) Par exemple, notre groupe ne fait rien de différent de ce que les autres font, il est vrai, visiblement encore parfois mieux ! Notre choix est à présent très clair, tu le sais (C'est vrai!), nous on mise véritablement sur la transparence, la vraie. (…) Alors mon cher ami, à qui le tour ? Après Panama, , tu sais trop bien aussi qu'elle pourra être la prochaine cible, et puis de toutes façons, c'est un chapelet sans fin ! Nous vivons le changement de paradigme, mieux, nous allons tenter reconstruire, toujours différemment, mais ne soyons pas dupes ! Il y a ici ou là les ressorts d'une imagination en capacité de redonner espoir à tous ceux qui cherchent finalement à optimiser en mode Go fast ! (…) Les politiques sont-ils exemplaires ? Regarde moi ce bordel en Angleterre, j'épargne un instant notre belle France et donc Socgen Luxembourg, si les gouvernants géraient et nettoyaient déjà leurs écuries en bons pères de famille, je serai bien tenté d'y voir un réel espoir. (...) Quand Sapin en fier étendard de la promotion Voltaire (Ministre français de l'économie issue de la même promotion de l'E.N.A du président de la République française) vient faire l'article d'un satisfecit présidentiel dans l'émission Cash Investigation après avoir reçu le matin même bonne partie du board de Société Général, on perçoit rapidement la limite de l'exercice. (…) Toi qui aime tant les lanceurs d'alerte, tu auras remarqué le peu de cas pour cette pauvre demoiselle, pauvre est un euphémisme tristement cinglant (Et de lui répondre : Embauche la!), elle qui s'est empêtrée si courageusement dans le dossier de la grande banque suisse (…) Rien que du foutage de gueule, ni plus, d'ailleurs, ni moins. Bon, je vais pas commencer en plus à t'emmerder ici à Luxembourg avec ton Deltour, finalement, à chacun son tour... » Cet important dirigeant est forcément bien (informé) sur les petits papiers du Panama, pour lui, rien de nouveau avec l'enquête de l'ICIJ (The International Consortium of Investigative Journalist), ONG basée à Washington DC (Sic), pour être franc, je partage l'analyse, on aura beau y mettre tout notre cœur, ceux qui font de l'optimisation fiscale en mode Go Fast auront toujours un train d'avance, d'ailleurs avec ou sans les wagons du Swissleaks, Luxleaks et donc actuel Panama Papers, ...de bonne guerre me direz vous !


250 Milliards de Dollars...

Je ne vais pas vous dire ici à quel point cette affaire est une formidable occasion de se poser quelques bonnes questions... Pour mémoire, en juin 2013, c'est à dire quand l’organisation intergouvernementale CCFD-Terre solidaire avait réalisé une enquête portant sur la responsabilité fiscale des entreprises européennes, seulement 60 % des 50 premières multinationales implantées en Europe donnaient une liste exhaustive de leurs filiales. Autre élément révélé : chacune d’entre elles détenaient en moyenne 117 filiales dans des paradis fiscaux (Pays-Bas, Etat du Delaware, Luxembourg, Îles Caïman, Panama…). Le rapport soulignait déjà le fait que les pays en développement constituaient les premières victimes de cette évasion fiscale à grande échelle. Elle les privait de près de 250 milliards d’euros de recettes fiscales par an soit six fois le financement mondial nécessaire à la lutte contre la faim précisait à juste titre le rapport ! Mais dans le cadre du Panama Papers, il est bien plus question d'un ensemble de responsables qui de politiques, hommes d'affaires, de simples aux dirigeants notoires ou sportifs et artistes, se sont adonnés aux petits papiers du Panama. Le cabinet « noir » Mossack Fonseca ne s'est d'ailleurs pas limité dans son entreprise de mystification, la Croix rouge internationale s'est vue clairement usurpée pour servir de paravent, comme quoi, chez Mossack Fronseca on était prêt à tout... L'organisation internationale basée à Genève annonce vouloir obtenir réparation du préjudice et compte bien y faire sens dans les plus brefs délais « Laver son honneur afin de rassurer ses nombreux donateurs. » Que ceux-ci soient rapidement rassurés, j'ai un tel profond respect pour cette institution d'une rare exemplarité pour devoir contribuer à vous rassurer, il est bien question d'usurpation de l'entité patronymique et seulement !

Jean-Claude Juncker 1.2.3: " Luxleaks, Swissleaks, Panama Papers..."


Juncker: Panama Papers, il n'est jamais trop tard pour bien faire !

Bousculé, notre Jean-Claude Juncker national, en effet, l'ancien premier souhaite revoir l'agenda européen en s'attaquant toujours plus promptement à la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale. C'est peut être à la Commission Européenne que l'onde de choc se fera finalement la plus salutaire. Informé dès les premières heures, Jean-Claude Juncker devait mesurer l'impact de ce nouveau scandale planétaire, branle bas le combat au Berlaymont (siège de la commission à Bruxelles), le président de la commission décide de frapper fort, « C'est indéniable, il a vu une occasion formidable pour donner corps à son entreprise, l'Etat major des commissaires et hauts fonctionnaires s'est vu confié la mission, pas de temps à perdre, il faut agir, et plutôt vite ! » (…) « Dans la foulée des premières remontées, le président Juncker met en place une véritable Task Force, deux trois coups de fil, la messe est dite, Paris et Berlin sont raccords : ... tout de go ! » croit savoir mon éminente source à Bruxelles. Les anglais attendront, bien sûr, profil bas... « Le premier ministre James Cameron est cramé ! », tout en espérant qu'il ne soit pas carbonisé par l'annonce qui ouvrira un jour plus tard si belle boîte de Pandore ! L'histoire ne dit pas si le risque prégnant du Brexit était bien dans tous les esprits. « Soyons rassurés, cette foi-ci, c'est la bonne! » croit-on savoir dans certains étages aux portes feutrées de la commission. Jean-Claude Juncker tient là une formidable occasion de redonner du sens à l'action de la commission, « La lutte contre l'évasion fiscale est un réel problème, le président est une cible de choix des ONG qui luttent sans relâche sur la problématique. Il tient là peut-être sa revanche, son passé de premier ministre du Luxembourg étant, il est vrai, son principal boulet depuis le fameux Luxleaks ! »



Reporting par pays...

A présent vous allez comprendre pour quelle bonne raison je vous ai évoqué le travail de CCFD Terre Solidaire en 2013, vous savez les 250 milliards de recettes fiscales qui manquaient déjà aux états avec 60% des 50 multinationales implantées en Europe qui donnaient une liste exhaustive de leurs filiales. En effet, le président Juncker souhaite à présent s'attaquer à cette fameuse ou plutôt fumeuse directive fiscale qui n'intégrait pas cette obligation de transparence fiscale pour les paradis fiscaux, il est bien question de reporting pays par pays. Le président de la Commission, Jean-Claude Juncker s'en est ouvert dans une lettre au président de l'eurogroupe Jeroen Dijsselbloem rendue publique par le journal ''Le Monde'' :  -  Le président de l’Eurogroupe, M. Juncker confirme que l’institution travaille sur cette option : « Le 12 avril, la Commission présentera une proposition pour le reporting pays par pays. Elle répondra à la forte attente publique d’une plus grande transparence sur les comptes des sociétés et le niveau d’impôts qu’elles payent, mais tiendra aussi compte de la nécessité de préserver la compétitivité des activités européennes. Dans notre proposition, nous accorderons une importance toute particulière aux informations fiscales relatives aux pays qui ne respectent pas les bons standards de gouvernance en la matière. » Jean-Claude Juncker et les cabinets des commissaires Jonathan Hill (finance), Pierre Moscovici (économie) et Valdis Dombrovskis (union monétaire) travaillent d’arrache-pied pour être prêts d’ici au mardi 12 avril. La nouvelle mouture du texte devra, ce jour-là, être validée par le collège des commissaires, qui se réunira à Strasbourg, en marge de la cession plénière du Parlement européen. Précise le journaliste parisien. En fait, vous l'aurez compris, il est bien question de cette Task Force en action au Berlaymont, de quoi confirmer mon éminente source qui ne m'a pas caché que l'objectif du président Juncker est de convaincre 28 pays membres sur les critères objectifs pour les pays ''non coopératifs'' et donc très important, les sanctions à prendre pour faire sens à cet ambitieux calendrier. Pour faire court, filiales par filiales, les véhicules financiers seront ainsi scannés dans leur ensemble. « Une révolution, faut-il encore faire avaler si grosse pilule, s'attaquer si frontalement aux paradis fiscaux ou territoires assimilés comme tels seraient un grand pas, si Jean-Claude y parvient, chapeau bas... » instigue cet important dirigeant de la place. A suivre...























Finance Offshore © Copyright 2016 Tous droits réservés pour tous pays - Images may be subject to copyright.
Finance Offshore, premier site sur la Finance Offshore de l'espace francophone international

Finance Offshore © Copyright 2006 - 2017- Tous droits réservés- Images may be subject to copyright.