dimanche 13 décembre 2015

Edito Luxembourg : 2015, du remaniement au bilan!

Un tandem opérationnel: Xavier Bettel, Premier ministre, Paul Konsbruck, chef de cabinet.



Luxembourg le 13 décembre 2015.

Didier REMER

Edito en partage avec Warren.lu , Luxembourg Banking, Investments & Fintech.



Tout bon premier ministre vous le dira, « On ne change pas une équipe qui gagne ! » Au Luxembourg, la fonction ministérielle serait un must, bon ou mauvais, la prime serait donc toujours la même. Enferré dans la coalition, le ministre indélicat ne craint pas la sanction, « Il aura tout juste droit à sa séance de remontrances feutrées, pour ne pas dire d'un genre pincé... » croit savoir ma source. C'est le grand enseignement de la coalition, ici aussi, tous les ministres ne se valent pas, de bonne guerre me direz vous, mais finalement « Un vrai chef de gouvernement devrait pouvoir encore trancher ! » Quand certains ministres montent au créneau, d'autres s'enfoncent dans les sondages. Visiblement, la priorité n'est pas donnée au remaniement, tout juste une touche cosmétique nous serait promise d'ici peu. En attendant, la polémique gagne du terrain. 

 Maggy Naggel, Ministre de la Culture.

« A vrai dire, celui ou celle qui pourrait se faire sortir par Xavier Bettel devrait comprendre que l'incompatibilité notoire avec un exécutif suggère une certaine hauteur de vue. On ne s'accroche pas à un poste, on se doit prioritairement lui faire sens ! C'est un comportement, parfois des attitudes, celles que le bon peuple scrute dans le quotidien de nos responsables politiques, il ne faut pas s'y tromper, en général cet aspect l'emporte sur tous les sondages...» croit savoir mon éminente source. A vrai dire, plutôt que de s'interroger en boucle sur la pertinence du maintien d'un ministre, il faudrait que le chef de l'exécutif affiche un soutien plus prononcé vers ceux ciblés par tout un pan de seconds couteaux... Maggy Nagel trouverait-elle la note trop salée ? La ministre de la culture est la cible d'une vindicte pour procès tronqué en impopularité, « Orchestrée de main de maître, nous allons voir qui osera finalement serrer le cordon bleu. C'est bien dans l'arrière cuisine que sera tranchée la question ! » croit-on savoir au Parlement. Pour l'heure, la ministre de la culture fait force à ses fonctions, son franc parler pouvant expliquer certaines animosités pour qui préfère encore l'eau tiède! 



Le ministre des affaires étrangères Jean Asselborn
ici avec Ban Ki-Moon, secrétaire généréral des Nations-Unies.

Dream-team...

Cette année fût riche en événements, d'abord avec la présidence tournante européenne qui sera un brillant succès d'estime pour l'équipe de Xavier Bettel. Une mention spéciale pour le ministre des affaires étrangères, Jean Asselborn qui nous rappelle que ce pays compte encore des personnes d'une rare qualité reconnue sur la scène internationale. Dans un calendrier fort contraint, le « MAE » (comme on le dit dans les premiers cercles de la diplomatie), s'est avéré comme la véritable cheville ouvrière du label Luxembourg. L'homme s'est battu comme un lion pour que la dream team gouvernementale puisse offrir une image cohérente à la présidence luxembourgeoise. Les événements allaient donner un focus particulier à l'opus luxembourgeois, crise des migrants, crise des attentats parisiens du 13 Novembre, crise de l'espace Schengen, crise du Luxleaks, gestion des accords Facta... Autant de dossiers ou l'expérience de Jean Asselborn s'est avérée comme indispensable! Avec cette collaboration efficiente, Xavier Bettel a gagné son rang d'homme d'Etat. Des dossiers qui devaient propulser la signature Luxembourg au cœur des négociations parmi les plus éminentes de son histoire contemporaine. « Franchement, le Luxembourg s'est révélé particulièrement pro-actif sur l'ensemble des dossiers. (...) On comprendra la faiblesse locale, c'est à dire le grain de sable du fameux devenu fumeux Luxleaks. Sur ce point précis, pointe encore l'espoir d'une clarification, mais avec une montée du dossier à la Cour européenne, on pensera concurrence, les espoirs sont assez remisés. Sur l'organisation et les interventions de la présidence luxembourgeoise, il y a eu un travail de grande qualité, cet avis est partagé par les principales chancelleries. » croit-on savoir. Français et Allemands reconnaissent déjà les mérites de l'engagement de notre pays, « Les négociations furent menées avec bienveillance pas moins avec bienséance ! » 



Etienne Schneider, Vice premier ministre lors des négociations pour le PNR.

Le Vice-premier ministre Etienne Schneider y contribua pour bonne part, le dossier terroriste et la gestion de Frontex (contrôle aux frontières de l'Union européenne) comme avec l'accord sur l'adoption du PNR (directive Passenger Name Record) sont des éléments incontestés du succès de la présidence luxembourgeoise. Le ministre des finances Pierre Gramegna est celui qui s'est attaqué au délicat front de la réputation du pays, image branding en tête ! En actant le changement de paradigme de la place financière, l'homme ne s'est pas démonté face aux remontrances des parlementaires de la commission taxe du Parlement européen . « Il n'était pas évident à devoir défendre les engagements du pays au niveau européen tout en s'aménageant une issue de secours sur la question épineuse des rescrits fiscaux, faisant force de sincérité, il a évité une énième crise de défiance, celle-ci étant, il est vrai, largement entamée. » instigue ma source. A vrai dire, c'est bien le service après-vente de cette problématique qui s'annonce comme plus âpre. « La commission de Bruxelles prépare une seconde salve plus technique avec une issue dont le ressort de la justice européenne viendra peut-être clore si délicat débat! »




Paul Konsbruck, nouveau chef de cabinet du Ministère d'Etat.



Paul Konsbruck, promu chef de cabinet.

Dans l'ensemble, la présidence luxembourgeoise s'est avérée comme très efficace sur les grands dossiers, le premier ministre avait une équipe digne de la Task force. On pensera aussi à son nouveau chef de cabinet, Paul Konsbruck qui avec cette promotion voit confirmé un excellent travail à l'Hôtel de Bourgogne, siège du Ministère d'Etat. Cet ancien journaliste de RTL Luxembourg et Eldoradio s'est avéré particulièrement efficace tout au long de la présidence tournante de l'Union européenne. Celui qui est dans l'ombre de Xavier Bettel met souvent en lumière notre premier, organisé, discret et particulièrement efficace dans la co-gestion de l'agenda, ce jeune homme de 34 ans mérite si bienveillante reconnaissance. L'entente est cordiale avec le premier ministre et sert un incontestable travail empreint d'équité. C'est d'ailleurs une marque de fabrique de Xavier Bettel, si cette nomination fait grincer quelques rares premiers conseillers gouvernementaux en titre, la plupart se rangent plutôt bien à l'idée. « A l'heure d'un hypothétique remaniement, il n'est pas impossible de comprendre la stratégie du premier ministre, la coalition va retrouver peu à peu son format initial, toujours renforcé ! » Les ministres vont devoir préparer la continuité aux nombreuses réformes entreprises, la parenthèse de la présidence européenne s'est avérée comme un véritable booster pour tous les membres du gouvernement. Les différents ministères vont devoir rapidement s'attaquer à des réformes de fond, « Le CSV (chrétiens sociaux) attend la coalition au virage, le débat sécuritaire fût un avant goût des prochains mois... » Il est clair que les discussions sur le budget 2016 s'annoncent comme particulièrement tendues entre coalition et opposition, les 258 mesures pour limiter l'endettement du pays ne seraient pas vraiment traduites dans les faits. « Les élus de l'opposition s'inquiètent de l'annonce sur différents cadeaux fiscaux comme pour les multinationales ou l'absence de cohérence de la politique familiale, on ne pourra prendre indéfiniment le parlement en otage pour faire passer tout et n'importe quoi! »   Dans l'ensemble, l'idée d'un remaniement n'est pas foncièrement la plus répandue, il serait bien plus question de politique familiale, ou comment gommer les effets de certaines mesures jugées injustes pour en être toujours incomprises. Pour la place financière, il y a aussi quelques évolutions, la réflexion entreprise sur le Fintech semble gagner en épaisseur, Pierre Gramegna devrait poursuivre le travail avec quelques réformes de bon sens, là aussi, un axe clair semble enfin se dégager. Xavier Bettel souhaite que la nouvelle année soit l'occasion de pouvoir concrétiser la feuille de route programmatique de la coalition, il serait à présent urgent de recréer du lien.  A suivre... 



Le nouveau cabinet:

Le jeudi 10 décembre 2015, le Premier ministre, ministre d’État Xavier Bettel a informé le personnel du ministère d’État sur une réorganisation interne.
Paul Konsbruck, actuellement conseiller en communication du Premier ministre bientôt chef de Cabinet du Premier ministre.
Le Cabinet du Premier ministre sera composé par:
Jean-Paul SENNINGERSecrétaire général du Conseil de gouvernement
Jacques THILLSecrétaire général adjoint du Conseil de gouvernement
Yuriko BACKESConseiller diplomatique du Premier ministre
Marc BALTESConseiller économique du Premier ministre
Jo CLEESAttaché de presse du Premier ministre
Jeff FETTESCoordinateur affaires juridiques
Jean-Paul ZENSDirecteur du Service des médias et des communications



Source: GVT .























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