lundi 5 octobre 2015

Edito Luxembourg: Indice, Bettel au sommet, une semaine chargée!

Xavier Bettel, l'homme d'Etat!

Luxembourg le 5 Octobre 2015
Par Didier Remer
Edito en partage avec Warren.lu  Banking Luxembourg, Investments  & Fintech.

Dans le grand restaurant, notre table fleure bon les grandes discussions, entouré de mes amis, nous évoquons la situation du pays, tout y passera ou presque. Le sujet brûlant, c'est pour le fameux indice, entre projections et inquiétudes, notre grille de lecture est plutôt conforme à celle des autorités. La discussion donne l'impression d'un échange de pronostics de parieurs du P.M.U, pour cause, les prévisions d'inflation de la BCL (Banque Centrale du Luxembourg) viennent confirmer la donne. Alors que le pays table sur un possible déclenchement de la tranche indiciaire début 2016, une logique prudence s'impose à notre réflexion, bien sûr on pensera aussi à l'impact actuel du repli des prix des matières premières tel que celui de l'énergie fossile ou pas moins ceux agricoles ou industriels nettement perçus. D'ailleurs la BCL n'en pense pas moins, évoquant un climat particulier, que nous pensons juste à devoir compléter pour en souligner un aspect crucial, « Le conflit ouvert en Syrie pouvant rapidement porter à conséquence sur le prix du pétrole et consorts, bien malin sera celui qui serait en capacité de jouer les madames Irma avec une configuration géopolitique aussi précaire, l'instabilité notoire de cette région peut encore venir joueur les troubles faits, Américains, Russes et nous autres européens sommes dans une logique pour le moins différenciée, l'entrée toujours possible des iraniens dans le conflit risque de compliquer la donne... » croit savoir cet analyste qui veut nous convaincre que la prudence se doit rester bien le bon créneau. Pour l'heure, le rythme de progression est atténué par rapport aux anticipations antérieures et le taux d'inflation annuel resterait bien inférieur en de ça de 2% d'ici à la mi 2016. Ainsi, la BCL évoque un paiement de la prochaine tranche indiciaire pour le début 2016, mais donc toujours possiblement encore plus « décalé » si devait se confirmer nos inquiétudes sur la dynamique des prix de l'énergie fossile. Théoriquement, une remontée accélérée du cours du pétrole devait autoriser l'indexation fin 2015, ce que pensait à juste titre le ministre Etienne Schneider paré de son habille de père Noël, mais son Ministre des Finances Peirre Gramegna est rapidement venu pondérer l'annonce: « Les prix des matières premières sont actuellement en baisse à un niveau spectaculaire. Si cela continue, cela aura un impact et déplacera le moment de la prochaine tranche d’index... », une position clairement confirmée par le Statec et donc s'inscrivant avec celle pas moins sérieuse de la BCL. En bon résumé, il faudrait une accélération des prix pétroliers pour que l'indice soit rehaussé de 2,5 % dès lors que l'inflation cumulée atteindra les... 2,5 %. La volatilité des prix du pétrole tranchera à coup sûr la question.


Ingénieur tu seras...
Autre questionnement de mes amis, Luxembourg confirme sa relative dynamique, de quoi faire pâlir ses grands voisins, mais il est important de considérer les réformes entreprises, le plan de la coalition gouvernementale démontre que le pays fait toujours force à ses qualités de résilience. De l'avis de tous les quidams présents, pointe cependant le besoin croissant de ne pas manquer le train du numérique. « C'est une bonne stratégie, le pays doit miser sur cette locomotive, il faut dire que les agents économiques comme ceux de notre place financière démontrent un engouement particulier pour la bascule, c'est à dire l'adaptation d'un modèle économique qui préfigure bien notre avenir si commun.» Pointe cependant une nouvelle problématique, il est bien question d'un pays qui peinent à concilier ce besoin d'ingénieurs qui ne se trouve pas encore de réponses adaptées au défi. Le contingent local étant pour le moins déficient. Dans l'industrie financière, ils viennent de l'étranger, ils représentent jusqu'à 80% des effectifs! Les filières doivent bénéficier d'un plan national pour tenter inverser cette tendance, nombreux s'étonnent de certaines lenteurs qui démontrent un manque d'anticipation qui fait montre de profonds décalages avec des autres pays qui parfois, ne disposant pas nécessairement des mêmes capacités opérationnelles d'un '' riche'' Luxembourg, mais mettent un véritable point d'honneur à miser sur telles filières. Il semble acquis que cet aspect soit une priorité du gouvernement qui tient là peut être une occasion d'activer certains leviers, il n'est pas impossible que la place financière soit encore aux avants-postes de cette impérieuse nécessité. « Il faut bien comprendre que ces profils représentent un coût élevé dès lors que nous devons aller chercher des personnes qui se voient présenter des conditions confortables dans leurs pays d'origine, nous ne sommes pas reconnu pour notre climat! » Il n'est pas encore inconcevable de croire que les jeunes du pays s'intéressent à de telles filières, nombreux s'inscrivent à l'étranger pour suivre des cursus. « Le déficit n'est pas de leur côté, mais bien au niveau local, il faut assurer des filières depuis le secondaire et par la même s'attaquer à relever le niveau des qualifications du supérieur de notre pays, j'en tiens pour preuve que les jeunes qui font l'effort d'aller faire leurs études à l'étranger nous reviennent avec des capacités conformes, l'aspect linguistique étant un avantage qui s'ajoute à leurs qualités de technicien expert. » instigue cet important dirigeant de la place. C'est très certainement un grand défi pour le Luxembourg, le Pôle Universitaire de Belval préfigure un bon début de réponse, nous sommes bien dans le temps d'une transition, nombreux clusters démontrent une prise en considération par les autorités. L'innovation n'est pas en déficit, il y a dans ce pays des jeunes gens qui démontrent un intérêt particulier pour les NTIC, l'état est souvent présent dans les projets, mais la plupart préfèrent quitter après quelques années ces filières pour rejoindre l'employeur très confortable que représente ce même... état! Les conditions d'emploi de l'état étant d'une rare complaisance dans ce pays, à un point tel qu'il commence à suggérer aux autorités de devoir concilier des carrières plus adaptées au défi de l'avenir, c'est à dire à peut-être devoir regarder si des incitateurs d'un autre âge sont toujours adaptés. Le propos n'étant pas de dénigrer le fonctionnaire mais bien de se poser la bonne question pour un sérieux problème qui devra impérativement se trouver un point d'équilibre.

Plafond de verre et tourmente...
Autres discussions, et pas des moindres, c'est une parenthèse, mais j'y tiens! L'émotion suscitée par la récente série noire et le nombre croissant des accidents de la route dans notre pays, Luxembourg compulse une double problématique, un amour de la bagnole et des routes parfois en rien adaptées à nos bolides. « Je me suis fait doubler dans un virage par un jeune en coupé allemande, mon épouse et moi avons eu la frousse de notre vie, franchissement de ligne blanche et aucune visibilité! » Jacques a 63 ans, dirige une importante société et se déplace en grosse berline, pour lui la messe est dite, le petit dernier qui vient de passer son permis roulera en 120 CV pendant trois ans, content ou pas! « Je ne vais pas voir mon fils rejoindre la cohorte de ses malheureux gosses qui finissent entre quatre planches, je suis choqué par le manque de réponse de l'état! Il faut faire quelque chose, mais c'est aux parents à responsabiliser leurs enfants, les radars automatiques sont peut être un bon début de réponse, couper les arbres, ce qui est fait partout en Europe depuis 30 ans, n'enlèvera rien à un travail de prévention qui devrait commencer au collège. » Il est vrai qu'au Luxembourg, la route semble particulièrement meurtrière pour les jeunes, or statistiquement, c'est une impression due à la dimension du pays, le bilan est assez proche des autres pays, on notait lors du dernier rapport une baisse substantielle du nombre de morts, en moyenne 24% en 2014. Mais c'est peut-être davantage les récentes images de certains accidents particulièrement horribles comme une fonctionnaire de Police ou les nombreux jeunes qui démontrent qu'un certain plafond de verre semble clairement atteint au point de susciter de logiques débats. Autres inquiétudes, différentes comme celles suscitées par le groupe VW, premier groupe industriel mondial de l'automobile en 2014 mais qui aujourd'hui dans la tourmente, démontre à quel point une industrie comme si florissante à l'image d'un pays, peut se trouver dans les pires situations. Nous parlions besoin d'ingénieurs pour le Luxembourg, ceux du groupe allemand sont passés aux aveux, s'expliquant sur le bidouillage des véhicules. Un titre qui dévisse de plus de 37%, un empilement de plaintes qui risquent de coûter l'avenir d'un groupe tout entier, lui qui fait vivre quelques 600000 personnes Outre-Rhin. La menace est bien réelle, le découpage préventif du groupe de la société faîtière et ses différentes filiales et donc marques parviendra t-il à protéger l'entité du groupe ? Certains en doutent. Le problème devient politique, la chancelière Angela Merkel aurait mis en place une cellule de crise avec les différents ministres concernés. Le premier défi sera de sécuriser l'ensemble des véhicules, un rappel technique coûteux qui associé aux futurs procès, suscitent les plus vivent inquiétudes des analystes financiers. « Ces marques sont reconnues pour leur fiabilité, le succès de l'industrie automobile allemande repose sur sa technologie maîtrisée, il leur faudra plus qu'un simple mea culpa. » pointe un ami analyste qui s'inquiète de l'avenir de ce groupe. Dans notre pays, plus de 50000 véhicules seraient concernés par le logiciel incriminant. Le ministre de l'économie Etienne Schneider se dit confiant dans les capacités des 14 concessionnaires du Luxembourg qui devront tout de même réparer quelques 4000 moteurs chacun! A voir... Pour mémoire, sur un plan plus trébuchant, aux États-Unis, on évoque une amende à 37500 dollars par véhicule importé ou vendu dans le pays. C'est dire l'ampleur de ce drame industriel, perfide un ami précisera toutefois non sans humour « Il est vrai que nos amis grecs doivent croire au bon dieu! », peut-être un premier effet boomerang pour le pays maître de l'austérité imposée?

Bettel au sommet!
Cette semaine, notre premier ministre sera en Russie, celui qui préside la présidence tournante du Conseil européen ne pouvait espérer meilleur calendrier. Xavier Bettel, après un salutaire détour chez sa Sainteté François va pouvoir prendre son bâton de pèlerin pour défendre la paix. Après avoir vertement critiqué les premières frappes du président Poutine en Syrie, notre premier sera reçu à Sotchi par son homologue premier ministre, Dimitri Medvedev, puis invité star du président-tsar Vladimir Poutine pour un dîner d'état. « Ce n’est pas à l’Europe catholique ou à la Russie orthodoxe d’aller expliquer à des pays arabes ou musulmans comment se comporter. Il ne faut pas donner ce sentiment. Il faut des actions communes » insistera Xavier Bettel avant son départ. Propulsé au rang d'homme d'Etat, l'avocat de formation va s'attaquer à la délicate démonstration de ses qualités de défenseur de la noble cause des droits de l'hommiste, la récente main mise des Russes sur le conflit Syrien complique la donne, les européens sont très partagés sur le crédit à porter l'initiative en roue libre d'un président russe toujours plus avide. On notera que depuis que nos amis russes sont allés sur le terrain des opérations, une vive accélération semble gagner la communauté internationale. Ici à Luxembourg, son Altesse le Grand Duc Henri est venu démontrer que notre pays s'inscrit lui aussi dans cette démarche d'un accueil des réfugiés souvent confrontés aux horreurs de la guerre. Son Altesse est venu confirmer ses dires au Conseil de l'Europe de Strasbourg, « Vous êtes aussi les bienvenus au Luxembourg! » Dans la foulé, S.A.R s'est rendu dans un centre d'accueil du pays pour partager un repas avec ces premiers réfugiés parents et enfants arrivés voici deux semaines, tous agréablement surpris par cette visite royale et visiblement si empreinte d'humanité et chaleur. Pour ce qui est de chaleur, il faut dire que la population locale est passée de la séquence mendicité criminelle Grand-Rue au drame épouvantable d'une guerre qui met des millions de gens sur les routes de l'exode. Une question sensible ici au Luxembourg, nombreux s'interrogent sur ce manque de soutiens des pays riches du Golfe Persique, ceux un temps actionnaires de Cargolux ou toujours présents dans certains fleurons de notre pays, états richissimes qui feraient donc le service minimum « ...pour leurs frères musulmans! » nous-dit-on ici. Pour l'heure, le Hall 6 du Parc des expositions est aménagé, ce centre d'accueil qui jouxtera la place financière du pays est prêt à accueillir 400 personnes. Une démonstration que notre pays, bien que petit, « Sera celui qui accueillera le plus en proportion au nombre de sa population.» précise t-on en hauts lieux, comme quoi. Mais une autre question s'impose, « Qu'en sera t-il de ses nombreux autres qui quitteront une Syrie qui s'inscrit dans un conflit d'autant plus ouvert et donc larvé à mesure que les forces coalisées vont démontrer leur puissance de frappes contre l'Etat Islamique? » s'interroge un ami. Une inquiétude qui gagne beaucoup d'européens qui s'interrogent sur « Cette différence flagrante d'approche entre américains et russes pas moins européens. » Pour l'heure Xavier Bettel va devoir argumenter auprès de son homologue russe et peut-être tenter ramener à la raison ceux qui pour l'instant, semblent encore ouverts au dialogue. « Les relations entre la Russie et le Luxembourg sont finalement assez stables, il n'y a pas la démonstration d'un jeu diplomatique encore distancé. Le bal annuel Russe à Luxembourg démontre cette amitié, il est encore un curseur de si bonnes relations! » me souffle un ami bon client de cet incontournable V.I.P de nos bonnes relations avec la Russie et de conclure, « Vladimir Poutine sera peut-être sensible aux origines de la famille maternelle de notre premier ministre. » Incontestablement, un grand rendez-vous dans une vie d'un homme d'Etat en devenir, il n'est pas impossible de croire que Xavier Bettel en ambassadeur de toute l'Union européenne plus divisée que jamais sur cette question explosive puisse faire passer encore un certain message. Pour l'heure, il s'est déjà nettement démarqué du président du Conseil, renvoyant Donald Tusk au tapis sur la gestion du dossier Syrien: « A présent, la situation est la suivante: sanctions-réaction, sanctions-réaction. Et ça nuit à l’Europe aussi bien qu’à la Russie. C’est pourquoi il faudrait trouver une solution pour débloquer cette situation » ou encore plus juste et fort, « Il n’est pas opportun que tout le monde prenne son initiative et organise les bombardements de son côté » tacle notre premier. « Nous ne trouverons pas de solution si les pays décident l’un après l’autre des objectifs à détruire. » visiblement Xavier Bettel se veut construire des passerelles là ou certains souhaitent dynamiter des ponts, mais qui voudra finalement l'entendre ? A suivre...

























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