mardi 15 septembre 2015

Edito: Attaqué par "Der Spiegel", Etienne Schneider défend le modèle luxembourgeois!

Le Vice-premier ministre luxembourgeois  Etienne Schneider fait front dans la tourmente médiatique...


Luxembourg, le 15/09/2015

Didier REMER

Edito également disponible sur Warren.lu Luxembourg Banking, Investments & Fintech.


Cette semaine, je souhaitais faire la part belle à l'étape luxembourgeoise du forum « Eurofi », il faut dire que notre capitale de la présidence tournante recevait le gratin des institutions financières mondiales. Si le forum était prometteur sur le papier, il s'est avéré finalement assez peu intéressant pour les profils experts, restera cette volonté affichée de professionnels qui recherchent un point d'équilibre avec les institutionnels. Pour l'opus luxembourgeois, la régulation fut aussi un sujet fédérateur, très certainement un premier effet du nouveau paradis de la transparence. A lire certaines réactions de la presse locale restée devant la porte de ce forum Eurofi, j'aime à penser que l'approche de Davos est définitivement bien plus cohérente. En général, il faut toujours préférer construire des passerelles là ou certains s'entêtent à démolir si précieux ponts! Comprendre ici que Davos permet des débats forcément plus ouverts que ceux prétendus experts d'Eurofi, certaines personnalités de la société civiles agrémentent le travail des nombreux journalistes en démonstration... Avec certains aménagements salutaires, le forum Eurofi devrait pouvoir encore justifier sa place parmi les nombreux rendez-vous qui viennent compléter l'offre du calendrier annuel. Finalement, c'est bien l'actualité qui viendra inspirer mon papier...

Refugee welcome...

Au Luxembourg comme pour de nombreux autres états européens, la semaine s'est focalisée sur la bien triste dramaturgie des réfugiés. Une actualité si prégnante qui nous rappellera qu'après le temps de l'émotion, s'imposera aussi le temps d'un certain recul et de l'intelligence... bien sûr proportionnée. Nos amis allemands viennent de comprendre cette limite de l'exercice d'une solidarité sans calibrage réaliste. Une démonstration qui bien que louable, démontre qu'un raisonnement empressé peut aussi s'avérer rapidement comme incomplet. La chancelière Angela Merkel s'est rendue coupable d'un optimisme plutôt démesuré face à une Europe plus que jamais divisée. Pour ce qui est du Luxembourg, notre premier ministre Xavier Bettel préfère prendre les autres devants, le Hall 6 du parc des expositions serait à présent potentiellement réquisitionné, et souhaitons-le, adapté au mieux. D'ailleurs, il n'est pas incompatible que les puissants acteurs de la place financière voisine puissent contribuer à tel dessein. Quelques 100 personnes devaient manifester ce lundi au Kirshberg sous les banderoles « Refugee Welcome! » ou encore « Aidez-nous à les accueillir ! ». Pointe à présent cette démonstration d'une Europe incapable de se trouver une solution globale, c'est à dire par le haut. Une nouvelle victime est d'ailleurs clairement identifiée, le fameux "accord Shengen", signé ici au Luxembourg (c'est le nom d'un petit village de la Moselle luxembourgeoise). A ce rythme, Shengen risque sa mort l'année de la présidence luxembourgeoise du Conseil de l'Union... 

Lors de son discours sur l'état de l'Union au Parlement européen, le président Jean-Claude Juncker avait bien tenté remettre tout ce beau monde à flot, cependant on ne fait pas une croisière sur un paquebot qui prend l'eau... « Quand vous avez 28 capitaines qui ne visent pas le même cap, rien d'étonnant ! » Le dossier est éminemment important, l'ampleur de la crise humanitaire actuelle peut toujours porter à multiples autres conséquences, d'autant plus graves informent des agences du renseignement. A présent, il serait bien question du risque inhérent de voir les terroristes profiter de la confusion générale pour mieux s'inviter... Comme le disait le président de la commission européenne, il ne faudra pas oublier tous les autres malheureux, ceux qui n'étaient pas sur... la photo.



L'article polémiste du magazine "Der Spiegel"



Etienne Schneider...

Samedi, autre photo et véritable contraste, un homme d'allure très sympathique posant fièrement devant sa Rolls Royce! Cet article explosif du magazine allemand ''Der Spiegel'', démontre une petite note ''Bling bling'', rappelant que notre Luxembourg et son scandale Luxleaks intéresse toujours les journalistes... étrangers. Celui qui fut visé n'est autre que le Vice-premier, ministre de l'économie, notre ami Etienne Schneider ! Pas sympa tout ça, me direz-vous. En fait un effet ''tête de gondole'' pour mieux cibler tout le modèle luxembourgeois, ses principes. Dans son article à charge, le journaliste d'investigation tente la démonstration des pratiques légales qui fleurent encore bon avec les conflits d'intérêts. Comprendre ici que le parcours de notre ministre de l'économie s'est vu détricoté dans les moindres détails, ne dit-on pas que le bon diable si cache? Pour le journaliste, point de doute, il lance la charge avec des jetons de présence et autres avantages des conseils de surveillance, '' ceux qui font toujours le bonheur de ces nombreux administrateurs-premiers conseillers du gouvernement.'' qui dans certains C.A ''ont la difficile mission de défendre si belle part de l'état actionnaire.'' Bien sûr, le vice premier ministre s'est rapidement défendu sur les ondes porteuses de nos amis de RTL, le journaliste de Background nous démontrant sa légendaire efficacité. Finalement, Etienne Schneider nous suggère d'aller plutôt rechercher la véritable cible du journal allemand. L'article évoque un Jean-Claude Juncker national dans le climat particulier du scandale planétaire Luxleaks, il est vrai, on pensera à cette audition jeudi 17 septembre, l'ancien premier ministre est très attendu sur le grill de la commission Taxe.





Etienne Schneider, collectionneur de belles voitures.




"Celui qui fait plutôt bien le job!"

Pour mieux compléter sa défense, le vice premier pointe une pratique, « ...assez répandue en Europe. » Dans son cas précis, l'honneur resterait finalement sauf, en effet, en évoquant ses passages chez Seo, Créos Enovos, il y démontre une « confortable plus value réalisée pour l'état. » Lundi, Protinvest a répondu au ministre, l'association luxembourgeoise des investisseurs exige le remboursement de toutes les sommes ainsi perçues. (Ambiance) Chacun pourra comprendre que derrière le cas du Vice-premier ministre devaient pointer d'autres pratiques dénoncées par Protinvest. Association qui semble enfin voir son combat conforté par le soutien inespéré des journalistes étrangers. Au pays, il n'est pas moins vrai que dans certains rangs du Parlement, certains députés ne font visiblement plus la même lecture de cette nouvelle transparence érigée en nouveau dogme gouvernemental, coalition qui prétend toujours accompagner le changement de paradigme. Cet aspect nous invite au devoir de mémoire collective, « Il y avait bien cas plus emblématique! Comme celui du départ de l'ancien ministre des finances du premier Juncker, Luc Frieden rejoignant le siège de la Deutsh Bank à Londres, opération nous laissant assez pantois, d'une certaine façon toute la stratégie d'un pays s'est retrouvée offerte sur un plateau en argent à la grande banque! » me souffle ce grand dirigeant de la place. D'ailleurs il ne comprend toujours pas pourquoi le journaliste allemand préfère cibler « Celui qui fait plutôt bien le job! » Je partage l'analyse pour ce qui est du ministre Etienne Schneider, mais l'actuelle présidence luxembourgeoise du Conseil de l'Union européenne peut encore expliquer tel choix. Il est vrai qu'à l'époque du gouvernement Juncker, l'association luxembougeoise des investisseurs Protinvest était souvent montée au créneau pour des raisons équivalentes, les fameux conflits d'intérêts, « Il y avait d'abord le précèdent de ce premier conseiller du gouvernement nommé président de la Commission de surveillance du secteur financier, ce même conseiller nommé dans le C.A d'administration de la BIL et celui de la Bourse de Luxembourg ! », évoquant « un conflit d'intérêt manifeste! », Protinvest y dénonçant à l'époque « la nomination d'un superviseur qui se supervise à lui même! » On pensera pas moins ici à cette fameuse sortie de la BIL du giron de Dexia, un deal souvent considéré par les professionnels de la place comme du véritable « Clés en main pour... les Qataris! » Vous savez, le fameux pouvoir discrétionnaire de la licence bancaire émise par le Ministère des finances, cette banque étant vendue à son époque « Licence comprise, dissuadant au passage d'autres potentiels investisseurs qui auraient dû demander au préalable l'agrément! » croit savoir notre source. Protinvest pointe régulièrement l'approche de la supervision du secteur financier à la luxembourgeoise, qui nous dit-on, serait toujours éloigné des recommandations du F.M.I et par certains aspects, celles de la Commission européenne...


Pour conclure, et finalement à la décharge du Vice-premier Ministre empêtré dans la polémique grandissante, il est à noter qu' Etienne Schneider est quand même un véritable collectionneur de voitures! Pas moins ayant démissionné de tous ses mandats dans les conseils de surveillance ou d'administration dès qu'il fut nommé ministre. Le journaliste ne nous dit pas que le ministre luxembourgeois aurait pu aussi faire le choix différent et pas moins intelligent de continuer à diriger une société dans le privé. Un homme d'état étant logiquement exposé...












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