lundi 8 juin 2015

Luxembourg: Référendum, un vote sanction massif pour le gouvernement Xavier Bettel!

Le sémillant et sympathique premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel bientôt président du Conseil européen.


Luxembourg le 8 Juin 2015
Didier REMER.

Cet éditorial est également visible sur le site luxembourgeois d'informations financières Warren.lu, LUXEMBOURG BANKING, INVESTMENTS & FINTECH.


Dimanche, le citoyen luxembourgeois s'est prononcé sur les trois questions posées, un verdict sans appel pour le premier ministre Xavier Bettel qui découvre ainsi les joies de la démocratie participative. Les électeurs luxembourgeois se sont prononcés massivement par la négative pour les trois questions posées: - non à 81% au droit de vote à 16 ans. - non à 78% au droit de vote des étrangers. - non à 70 % à la limitation des mandats des ministres à 10 ans... Un résultat bien inférieur à l'optimisme mesuré des stratèges en communication qui entourent la sphère gouvernementale, en effet, ceux-ci tablaient pour un Jo (oui) à 40%!

L'effet Boomerang...

La coalition « Gambie » (DP Centre droit, LSAP socialistes, Verts) vient de subir son premier coup de bambou, bien qu'il faille lui reconnaître le vrai courage de ses idées, il nous faudra aussi analyser avec objectivité ce premier grain de sable dans la mécanique de l'exécutif gouvernemental, de l'avis général, le modus operandi de la campagne s'avère imparfait et souvent inégal, comprendre ici que le degrés d'implication est très variable dans les rangs des caciques gouvernementaux, « Un effet boomerang qui peut s'analyser dans le manque d'implication de certains ministres, et pas des moindres, entre ratés dans la communication et argumentaires incohérents parfois à l'eau tiède, l'exercice a souvent frôlé l'amateurisme! On ne vient pas poser un tel débat avec une absence de stratégie efficiente. Un référendum est une rencontre entre le bon peuple et ses dirigeants, si le rendez-vous est manqué, le message est d'autant plus clair, il faut en tirer toutes les conséquences, ce référendum s'est transformé en vote sanction, au-delà du choix sémantique des questions posées, on n'intervient pas dans le champ démocratique avec des thématiques sociétales aussi importantes sans faire l'effort de mesurer toutes les réalités du terrain. (...) Ce pays est confronté à la remise en question de son modèle, vouloir porter un acte d'ouverture d'esprit qui compulse générosité et empathie, est un acte mesuré qui doit se faire à la condition unique d'être attentif à toutes les inquiétudes qui font le quotidien du citoyen » commente mon ami qui pour en être un Spin Doctor, connaît trop bien le risque de l'exercice.

Bling bling...

C'est donc un constat amère pour tous ceux qui plaçaient l'espoir de la modernité comme une avancée salutaire pour le pays, bien souvent en tel cas, le réalisme politique se fonde sur toutes les réalités d'un pays, tenter faire l'économie de toutes les problématiques levées par un tel débat peut s'apparenter sur le plan politique à une initiative suicidaire pour un exécutif en démonstration, le courage de ses idées traversant rarement le mur des inquiétudes pas moins celui de certains ressentiments. Que de critiques sur le premier ministre Xavier Bettel, dès plus sévères comme« Luxembourg n'est pas un état de seconde zone, un Duché d'opérette ou le premier ministre confond sa vie personnelle et désirs personnels avec le destin de tout un peuple, (…) En organisant son mariage avec son compagnon, les luxembourgeois qui s'étaient prononcés largement pour le mariage entre personnes du même sexe n'autorisaient pas forcément instrumentalisation d'un instant privé comme une opération publique de démonstration perçue finalement comme assez bling bling, pour ce faire, la Cour maîtrise bien la chose avec mesure et exemplarité. Le Luxembourg compulse une réalité qui va du simple ouvrier au cadre supérieur de la place financière internationale, il faut trouver le bon curseur, limiter le discours politique aux seules thématiques sociétales est un manque de professionnalisme digne du doux rêveur qui s'ignore. (…) L'ancien premier ministre Jean-Claude Juncker avait bien mesuré ce risque, il faut se donner le temps d'un dialogue constructif par étapes, ne pas brusquer, développer l'écoute et finalement peut-être capitaliser sur des acquis qui devaient logiquement préparer certaines évolutions, vouloir imposer la modernité comme une locomotive et laisser certains wagons à la gare c'est oublier beaucoup de passagers vers la bonne destination. Le courage seul ne suffit pas ou plus! » instigue un important dirigeant de la place qui ne mâche pas ses mots, mais reconnaîtra avec la même puissance au premier ministre de s'être comporté avec sincérité durant toute la campagne.

Une formidable occasion...

C'est donc un référendum qui va permettre à l'exécutif de se remettre en cause, il le faudra, la législature actuelle peut encore rectifier le tir, Xavier Bettel a fait une campagne qui de mon point de vue, était bienveillante dans son approche, ouverte au dialogue, mais peut-être incapable de se soustraire à l'emprise de certains ressentiments, certaines conséquences des arbitrages comme pour le budget sont visiblement restées marquées dans les esprits. La campagne s'est rapidement transformée en occasion de vote sanction, du populisme rampant avec des thèses parfois ubuesques pour nous autres économistes aux facilités de l'instrumentalisation de la peur, tout y est passé ou presque. De bonne guerre me direz-vous, mais finalement, de ce référendum restera un impact beaucoup plus ténu dans les faits, les résidents étrangers pourront toujours demander la nationalité dans les conditions fixées par la loi actuelle et voter, les jeunes de seize ans pourront patienter jusqu'à leur majorité effective toujours fixée à 18 ans et les politiciens pourront toujours en fonction de leur popularité, tirer les conclusions qui s'imposeront! Quoi que l'on puisse en déduire, ce référendum devra permettre la poursuite d'un travail d'introspection, je réfute avec vigueur l'idée d'un pays raciste ou xénophobe, nous savons tous qu'il n'en sera jamais, l'histoire du Grand-duché de Luxembourg est avant tout la synthèse de plusieurs destins qui de croisés à fusionnels, démontrent beaucoup d'amitiés, d'amour et de rencontres au destin si commun... Bientôt, le Luxembourg présidera le Conseil européen, nous allons trouver tous ensemble les bons ressorts pour démontrer que le pays est aussi une force de proposition, enfin inverser cette tendance à l'acte de contrition! Le premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel tient là une formidable occasion, notre confiance lui est acquise, les acteurs de l'économie présents au pays fondent beaucoup d'espoirs pour que le Luxembourg avance pour insuffler de nouvelles réponses à cet autre besoin de modernité pour l'Europe! A suivre...














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