lundi 16 février 2015

Zone euro / Grèce: Négociations tendues vers un accord relais!


Alexis Tsipras: "Au lieu d'argent, nous avons besoin de temps..." 


Luxembourg le 16/02/2015

Didier Remer



Le ministre allemand des finances Wolfgang Shaüble annonce la couleur, « Je suis très septique sur les chances d'un accord ce lundi... ». Celui qui ne s'est pas privé de considérer l'attitude du nouveau gouvernement grec comme « irresponsable » enfonce un dernier clou, estimant au passage le besoin « d'un effort minimum pour rester membre de l'euro. » En fait de négociations âpres, on s'oriente d'avantage vers un marchandage ou l'austérité devra laisser bonne place à une solution concertée. Le nouveau gouvernement dirigé par Alexis Tsipras dispose d'un mandat clair de ses électeurs, il faut en finir avec une politique d'austérité dont les effets se traduisent par une aggravation sans précédent des problématiques sanitaires et donc humanitaires.

Grexit...


Alors que le plan de la troïka peine a démontrer un effet durable sur la dette abyssale du pays, on remarque une détérioration des agents économiques du pays. « Une situation qui impose beaucoup d'efforts des deux parties, un Grexit (sortie de la Zone euro) serait un résultat catastrophique pour toute l'Union européenne, le signal envoyé aurait l'effet d'un effondrement de château de cartes et tout le monde y perdrait beaucoup. Il faut un accord qui tienne compte de toute les réalités, il faut s'éviter toutes formes de surenchères! » croit savoir notre éminente source à Bruxelles. Il faut préciser que les premiers contacts sont assez inégaux, les différents conciliabules font la part belle au bilan d'étape, tant financier que logiquement humanitaire dans le pays. La Grèce est confrontée à un besoin urgent et donc à court terme pour se financer, le pays doit se relever et engager la poursuite de réformes salutaires. Les économistes sont assez d'accords sur le constat, continuer dans cette logique serait catastrophique. L'idée d'augmenter la maturité du plan de sauvetage est bien dans les cartons, reste le risque d'un signal contre-productif pour l'ensemble des créanciers pas moins autres états qui gèrent leur dette avec une rigueur souvent inégale mais pas moins acquise. La Grèce court contre le temps et l'argent, l'urgence de la situation devrait permettre un cadre de réflexion dépassionné, il faut s'orienter dans une logique ou chacun donnera de sérieux gages à ses différents partenaires. Comprendre ici que peut être la troïka doit proposer un appel d'air pour que le peuple grec puisse regagner confiances en ses institutions et cette volonté de corriger certains abus clairement identifiés. De l'avis même des experts, la condition sanitaire (un rapport de l'OMS serait en cours) du pays est un argument toujours opposable dans la négociation qui s'ouvre ce lundi à Bruxelles.

Effet boomerang...


Quel intérêt de voir un pays s'enfoncer dans le ressentiment et le risque d'une radicalisation de sa classe politique? La Zone euro est toujours convaincue d'avoir fait son maximum pour la Grèce, hors dans le pays cet aspect s'est surtout traduit comme un flot de réformes socialement perçues comme uniquement douloureuses. Berlin tient la corde pour ce qui est de l'orthodoxie budgétaire, rappelant au passage à ses partenaires que les efforts qui ne seraient plus faits en Grèce les impacteraient dans des proportions inconnues à ce jour. Côté grec, on souhaite un certain répit pour évaluer l'état du pays et peut-être pouvoir toujours mieux identifier certaines incohérences du précèdent pouvoir en place. Les entreprises privatisées laissent souvent place à une casse sociale d'ampleur, les droits élémentaires des salariés y sont souvent clairement bafoués et l'autorité verticale des nouveaux propriétaires profite d'un climat social dégradé. « L'aspect social du plan de sauvetage a été laissé au second plan, hors c'est une erreur d'interprétation de la réalité du terrain, nous avons l'effet boomerang longtemps annoncé par les détracteurs de l'initiative de la troïka (...), on ne peut demander à un peuple de se relever en l'obligeant à vivre à genou! Les conditions sanitaires sont déplorables en Grèce, c'est inexcusable, inacceptable et par ailleurs en totale contradiction avec l'esprit des traités internationaux pas moins européens. » croit savoir cet expert en droit social qui s'interroge sur l'autisme du ministre allemand des finances et « Le règne de la menace permanente et si contre-productive, il faut s'atteler à définir toutes les conséquences de la gestion du plan de sauvetage, les privatisations ne doivent pas laisser place à une opération de dépeçage d'un état, son modèle social. » Bruxelles semble faire peu  de cas de cet aspect, d'autres pays sont dans des situations si proches de la Grèce, la croissance étant toujours si absente dans une Zone euro qui tutoie toujours plus le risque de déflation, ce que la BCE comprend en imposant les QE et d'autres mesures d'ampleur à venir. Il faut des assouplissements dans « les deux camps » sans quoi la rupture se traduira par un échec qui ne servirait aucun des partenaires. Reste le problème des capitales inflexibles dont le chef de file Berlin qui se veut le garant du mémorandum actuel et considère « que la Grèce se doit tenir ses engagements! » Une vision qui démontre l'orthodoxie budgétaire si chère aux allemands qui font de la rigueur un certain créneau qui positionne les grecs au pied d'un certain mur. « Les allemands sont souvent directs, mais ils cultivent toujours la discipline comme un élément moteur pour solutionner une problématique donnée, ce message est assez inaudible pour un peuple qui vient de toucher un certain plafond de verre fait de restrictions et graves altérations de leurs conditions sociales, élément clef de la paix sociale. » insiste notre source.

Accord relais...


Aujourd'hui s'ouvre un négociation à plusieurs niveaux, la Commission européenne et son président Jean-Claude Juncker, le ministre des finances Varoufakis vont devoir se trouver une issue par le haut. Alexis Tsipras, premier ministre grec fonde l'espoir "d'un accord relais" afin de lui permettre d'agir sur des réformes plus efficaces et capables de préserver la paix sociale. « Au lieu d'argent , nous avons besoin de temps pour mettre en oeuvre notre (nouveau) plan de réformes. Je vous le promets, après cela, la Grèce sera un autre pays dans six mois. » On s'oriente donc sur une opération qui tiendra compte du calendrier qui nécessite un accord avant le 28 février, imposant une solution afin d'alléger la dette abyssale qui représente à présent 175% du P.I.B pour un montant de quelques 315 milliards d'euros, en tout point égal au montant du plan de relance pour la croissance de toute la zone euro que défend la commission Juncker, de quoi faire méditer...






























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