vendredi 20 février 2015

UE Grèce: La lettre d'Athènes pour l'Eurogroupe fait débat!


Alexis Tsipras, Yanis Varoufakis, souhaitent six mois supplémentaires...


Le 20/02/2015

Didier REMER

Finance Offshore a bien consulté le document officiel communiqué au président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, lettre du ministre grec des finances, monsieur Yanis Varoufakis. Dans sa missive, le gouvernement grec explique dans quelle mesure son pays se dit prêt à collaborer avec l'Eurogroupe qui pour sa part, devra formuler sa réponse après une réunion ce vendredi. De l'avis de nos principales sources, la position du gouvernement grec paraît incomplète et souffre d'un manque apparent sur la teneur des engagements pris par la nouvelle coalition gouvernementale. Wolfgang Shäuble, ministre allemand des finances a déjà rédigé la réponse de son gouvernement fédéral pour l'Eurogroupe. Dans l'ensemble, les allemands ne font aucune concession sur la nécessité de voir Alexis Tsipras poursuivre le mémorandum du plan actuel de sauvetage comme imposé à la Grèce par la troïka, «  L'idée d'un plan relais de six mois pour permettre au nouveau gouvernement de traduire les attentes du résultat du processus démocratique électoral grec importe visiblement que trop peu le ministre des finances allemands... »  croit savoir notre source à Berlin. Selon d'autres sources à Bruxelles, la demande comme formulée par le gouvernement grec serait « elle même suffisamment précise pour s'accorder une marge utile au processus de négociation ainsi ouvert avec l'Eurogroupe. » Ce point semble partagé par la Commission européenne pour ce qui est d'une base de la négociation. « tout en demandant une prolongation de six mois via un plan relais, le gouvernement grec démontre son attachement à la zone euro tout en souhaitant capitaliser sur les valeurs communes de la construction européenne. (...) Le ministre des finances Varoufakis insiste sur le besoin d'apporter des réponses urgentes à la problématique sociale de son pays. » insiste notre source. Hors ce bol d'air que veut le gouvernement grec est la principale source d'inquiétudes pour les créanciers de la Grèce, au premier rang des plus critiques restent les allemands, comprendre que les réformes sociales annoncées par le gouvernement Alexis Tsipras ont un coût financier que le calendrier actuel ne permet pas au regard des échéances... contractuelles. Le 28 Février s'avère la date buttoir tant pour l'Eurogroupe et la zone euro et donc la Commission européenne, instances qui souhaitent conserver un cadre de négociations ouvert et donc constructif. En effet une échéance du Fonds monétaire international se doit réglée rubis sur ongle pour ne pas donner un mauvais signal comme à la Banque centrale européenne.


« On a violé la dignité du peuple »


Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a tenu un discours jugé très dur sur la troïka, considérant que « Des erreurs ont été commises », très critique lors d'une conférence sur la dette de la Grèce organisée par le Comité économique et social européen. Celui qui n'a pas manqué de préciser dans son discours « On a violé la dignité du peuple et particulièrement en Grèce » souhaite une autre approche du Fonds monétaire international et pas moins de la Banque centrale européenne et donc de la Commission européenne. In fine, il souhaite que ces instances mettent un terme à l'esprit de la méthode actuelle de la troïka qui surveille et évalue le mémorandum des réformes actées dans le plan de sauvetage pour la Grèce, ses créanciers. De l'avis de certains participants, Jean-Claude Juncker en a profité pour souligner les ratés de son prédécesseur Barroso dans la gestion de la précédente commission pour imposer un volet social au plan de la troïka. « Des erreurs ont été commises » devait affirmer Jean-Claude Juncker qui cependant, n'a pas démenti le besoin d'une fermeté de la Commission européenne dans la gestion des négociations avec les Grecs. Le président de la commission a depuis considéré la lettre d'intention du gouvernement grec comme un signal positif ouvrant la voie à un compromis raisonnable dans l'intérêt de la stabilité. Ce point du vue est partagé par de nombreux chefs d'état, de nombreuses chancelleries prodiguent conseils et soutiens appuyés à l'équipe dirigeante de la Grèce pour lui permettre de s'éviter une situation de rupture. Un appel au nouveau premier ministre Alexis Tsipras qui devra démontrer comment son gouvernement va concilier aides et réformes, Berlin souhaitant conserver le modèle actuel imposé par la troïka et refusant de cautionner un train présumé coûteux de réformes sociales dont le risque de voir s'aggraver les finances publiques du pays. A Paris on semble faire le lien avec toutes ses réalités, instiguant une réflexion constructive qui ne devra pas faire l'impasse sur le résultat de l'élection d'Alexis Tsipras à la tête d'un nouveau gouvernement, fruit d'un processus démocratique qui se doit logiquement respecté.


Lettre d'Athènes à l'Eurogroupe... (Document officiel.)




Lettre du Ministre Grec Yanis Varoufakis pour L'Eurogroupe. (Tous droits réservés Gouvernement République Hellénique.)



La lettre d'Athènes à l'Eurogroupe...

 (Traduction en français)




Traduction en français de la lettre du ministre grec des finances pour l'Eurogroupe. 
18 février 2015 (Nb: Attention, seul le document original en langue anglaise fait foi.)

Emise par Monsieur Yannis Varoufakis, Ministre des finances de la République Hellénique.



Athènes 18 Février 2015

Monsieur le Président de l'Eurogroupe,

Au cours des cinq dernières années, le peuple Grec a fait des efforts considérables vers l'ajustement économique. Le nouveau gouvernement s'est engagé pour un processus de réformes plus large et plus profond visant à améliorer durablement les perspectives de croissance et de l'emploi, assurer la gestion de la dette vers la stabilité financière, l'amélioration de l'équité sociale tout en atténuant l'important coût social de la crise actuelle.

Les autorités grecques reconnaissent que les procédures convenues par les gouvernements précédents ont été interrompues par les dernières élections présidentielles et législatives et que, par conséquent, plusieurs des dispositions techniques ont été invalidées. Les autorités grecques souhaitent honorer les obligations financières de la Grèce à tous ses créanciers en démontrant son intention de collaborer avec ses partenaires afin de surmonter les obstacles techniques dans le cadre de l'accord de référence dont nous reconnaissons le besoin d'une coopération renforcée pour faire sens à son contenu tant financier que sur les procédures ainsi engagées.

Dans ce contexte et à cette fin, les autorités grecques souhaitent l'extension de l'accord d'aide financière pour une période de six mois. D'ici à son son expiration, période de six mois pendant laquelle nous allons procéder conjointement, et faisant le meilleur usage de cette flexibilité souhaitée dans l'arrangement actuel, souhaitant son aboutissement avec l'examen sur la base des propositions, d'une part, le gouvernement grec et, d'autre part, les institutions.

Les principaux buts recherchés avec cette prolongation de six mois que cet accord devra nous permettre:

(A) De convenir des termes financiers et administratifs mutuellement acceptables dont sa réalisation, en collaboration avec les institutions, devra nous permettre de stabiliser la situation financière de la Grèce, atteindre les excédents budgétaires primaires appropriés, garantir la stabilité de la dette et contribuer à permettre la réalisation des objectifs budgétaires pour l'année 2015, et ce en prenant compte de la situation économique actuelle.

(B) Pour assurer, en étroite collaboration avec nos partenaires européens et internationaux, que les nouvelles mesures soient entièrement financées tout en s'abstenant de toute action unilatérale qui pourrait compromettre les objectifs budgétaires, la reprise économique et donc la stabilité financière.

(C) Pour permettre à la Banque centrale européenne de réintroduire la dérogation conformément à ses procédures et règlements.

(D) Pour étendre la disponibilité des obligations du FESF détenus par le HFSF pour la durée du présent accord.

(E) De commencer les travaux entre les équipes techniques sur un éventuel nouveau contrat pour le redressement et la croissance que les autorités grecques envisagent entre la Grèce, l'Europe et le Fonds monétaire international qui pourrait ainsi poursuivre l'accord actuel.

(F) Pour se mettre d'accord sur les modalités de surveillance dans le cadre de l'UE et de la BCE et, dans le même esprit, avec le Fonds monétaire international pour la durée de l'accord étendu.

(G) Pour discuter des moyens de promulguer la décision de l'Eurogroupe de Novembre 2012 concernant d'éventuelles nouvelles mesures et l'assistance pour la mise en œuvre après l'achèvement de l'accord étendu et ce dans le cadre du contrat de suivi de la dette.

Avec ce qui précède à l'esprit, le gouvernement grec exprime sa détermination à coopérer étroitement avec les institutions de l'Union européenne et avec le Fonds monétaire international dans l'ordre: (a) D'atteindre la stabilité budgétaire et financière et (b) Pour permettre au Gouvernement Grec de présenter de profondes réformes qui sont nécessaires pour rétablir le niveau de vie de millions de citoyens grecs grâce à une croissance économique durable, avec le maintien et le retour de l'emploi durable pour la cohésion sociale.

Cordialement,
Yanis Varoufakis
Ministre des Finances
République hellénique




Version originale de la lettre (UK)


Athens, February 18, 2015

Dear President of the Eurogroup,

Over the last five years, the people of Greece have exerted remarkable efforts in economic adjustment. The new government is committed to a broader and deeper reform process aimed at durably improving growth and employment prospects, achieving debt sustainability and financial stability, enhancing social fairness and mitigating the significant social cost of the ongoing crisis.

The Greek authorities recognise that the procedures agreed by the previous governments were interrupted by the recent presidential and general elections and that, as a result, several of the technical arrangements have been invalidated. The Greek authorities honour Greece's financial obligations to all its creditors as well as state our intention to cooperate with our partners in order to avert technical impediments in the context of the Master Facility Agreement which we recognise as binding vis-a-vis its financial and procedural content.

In this context, the Greek authorities are now applying for the extension of the Master Financial Assistance Facility Agreement for a period of six months from its termination during which period we shall proceed jointly, and making best use of given flexibility in the current arrangement, toward its successful conclusion and review on the basis of the proposals of, on the one hand, the Greek government and, on the other, the institutions.

The purpose of the requested six-month extension of the Agreement's duration is:

(a) To agree the mutually acceptable financial and administrative terms the implementation of which, in collaboration with the institutions, will stabilise Greece's fiscal position, attain appropriate primary fiscal surpluses, guarantee debt stability and assist in the attainment of fiscal targets for 2015 that take into account the present economic situation.

(b) To ensure, working closely with our European and international partners, that any new measures be fully funded while refraining from unilateral action that would undermine the fiscal targets, economic recovery and financial stability.

(c) To allow the European Central Bank to re-introduce the waiver in accordance with its procedures and regulations.

(d) To extend the availability of the EFSF bonds held by the HFSF for the duration of the Agreement.

(e) To commence work between the technical teams on a possible new Contract for Recovery and Growth that the Greek authorities envisage between Greece, Europe and the International Monetary Fund which could follow the current Agreement.

(f) To agree on supervision under the EU and ECB framework and, in the same spirit, with the International Monetary Fund for the duration of the extended Agreement.

(G) To discuss means of enacting the November 2012 Eurogroup decision regarding possible further debt measures and assistance for implementation after the completion of the extended Agreement and as part of the follow-up Contract.

With the above in mind, the Greek government expresses its determination to cooperate closely with the European Union's institutions and with the International Monetary Fund in order: (a) to attain fiscal and financial stability and (b) to enable the Greek government to introduce the substantive, far-reaching reforms that are needed to restore the living standards of millions of Greek citizens through sustainable economic growth, gainful employment and social cohesion.

Sincerely,
Yanis Varoufakis
Minister of Finance

Hellenic Republic

















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