dimanche 4 janvier 2015

Europe: Risque de déflation et populisme, la BCE monte au créneau!


2015: Mario Draghi va devoir réorienter la politique de la BCE!


Le 04/01/2015.


L'institution de Francfort ne fait plus l'économie d'une critique, alors que pointe un risque de déflation en Zone euro, la banque centrale recadre à tout va. Mario Draghi s'en est ouvert dans le contexte particulier propice aux voeux, pour la BCE, le risque de voir la déflation s'installer dans la zone euro est bien présent même si celui-ci s'avère ''assez limité''.


Mario Draghi...


Le risque de déflation en Europe "n'est pas exclu mais il est limité", estime le président de BCE (Banque centrale européenne.) Mario Draghi dans une interview au quotidien économique allemand ''Handelsblatt'' de vendredi dernier. Il juge cependant que le risque de voir son institution ne pas parvenir "à remplir (son) mandat concernant la stabilité des prix est plus élevé qu'il y a six mois".

"Le risque (d'une déflation) n'est pas exclu mais il est limité", souligne M. Draghi qui affirme que la BCE se prépare à cette éventualité.

"Nous sommes en train de nous préparer techniquement pour modifier début 2015 l'ampleur, le rythme et le caractère des moyens à mettre en place s'il devenait nécessaire de réagir à une trop longue période d'inflation trop faible", a-t-il expliqué, ajoutant: "il y a là-dessus une unanimité au sein du directoire".

L'inflation pointait à 0,3% seulement en novembre et devrait passer rapidement en territoire négatif, avec la chute des cours du pétrole.

Concernant la situation économique de l'Europe, M. Draghi préfère parler "plutôt d'une longue période de faiblesse que d'une crise" et se dit "prudemment optimiste" quant à l'année à venir.

"Je pense que la combinaison de notre politique monétaire et des réformes d'Etat va ramener beaucoup de la confiance perdue", affirme-t-il, estimant que "l'économie dans tous les pays de la zone euro va connaître la croissance" l'an prochain.

M. Draghi appelle les pays européens à accentuer leurs efforts de réformes structurelles et à travailler à diminuer la pression fiscale.

"Je me lamente du trop plein de bureaucratie et d'impôts. Nous avons en Europe l'une des charges d'imposition les plus élevées au monde, c'est un lourd handicap compétitif", relève-t-il notamment.

"Les réformes structurelles importantes - flexibilité du marché du travail, moins de bureaucratie, des impôts plus faibles - avancent trop lentement", juge M. Draghi qui affirme que "tous" les pays de la zone euro sont concernés, y compris l'Allemagne, même s'il salue "l'annonce du gouvernement d'investissements supplémentaires dans les infrastructures".


Communication concertée...


La communication de l'institution de Francfort est plutôt bien huilée, un jour avant l'adresse du président Draghi, c'est le chef économiste Peter Praet qui s'est collé à l'exercice dans une interview au quotidien économique allemand ''Börsen-Zeitung.''. Pointant  le risque de la montée du populisme en Europe, "La montée du populisme devrait être un signal d'alarme. Les gouvernements doivent donner la priorité aux décisions politiques difficiles et mener à terme les réformes si nécessaires", a déclaré M. Praet. Cette assertion en pleine crise grecque n'est pas le fruit du hasard, la crise politique qui va devoir se trouver une issue par l'organisation de nouvelles élections anticipées est très certainement à l'origine de ces nouvelles prises de position, fruit d'une concertation du board de l'institution.


Populisme et déflation...



Le parti anti-austérité Syriza est donné grand favori du scrutin, de quoi inquiéter les différents créanciers du pays. Cette situation fait resurgir les craintes d'une sortie de la Grèce de la monnaie unique et pas moins le risque de voir prospérer le populisme en zone euro. Cette situation à haut risque peut renforcer le discours des partis populistes qui font prospérer leur idéologie sur les ratés de la construction européenne, bille en tête la gestion de la crise de 2009 dont les euro-sceptiques soulignent la faiblesse des résultats. Pour l'économiste en chef de la BCE, "Les partis populistes dans certains pays promettent des solutions rapides, mais ils n'offrent que des recettes désastreuses" et Peter Praet de poursuivre, "Tous les pays ont eu leur raison pour entrer dans la zone euro: le vieux système de dévaluation permanente ne fonctionnait pas. Ce qui est désormais requis, c'est de mener les ajustements structurels nécessaires. Une politique de dévaluation ne résout aucun problème structurel." Pour l'expert, il faut à présent résoudre les imperfections institutionnelles, "Nous devons aussi résoudre les imperfections institutionnelles au niveau de l'Union européenne. Nous avons une union monétaire avec une banque centrale très forte, mais les autres institutions se sont révélées faibles". Le banquier central enfonce le clou, pour lui les états doivent agir de concert, évoquant le risque de déflation, il suggère une réponse toujours plus globale, "Il faut une réponse globale maintenant: toutes les autorités doivent assumer leurs responsabilités, au niveau budgétaire, structurel et monétaire.", reposant son analyse sur des cas concrets comme les évolutions de certains états en la matière. Des exemples volontairement ciblés pour encourager une continuité dans les efforts entrepris, interrogé sur la France et l'Italie, l'expert souligne « un changement important », Peter Praet a constaté des évolutions notables, "En France, le gouvernement prend pour la première fois de vrais risques politiques pour améliorer le marché du travail. En Italie, il y a également des progrès significatifs, au moins dans les intentions. (...) Mais ce qui est important désormais, c'est la mise en oeuvre de ces réformes.'', a-t-il précisé.

Les options « QE »...



Les observateurs s'accordent sur la stratégie de la BCE, pour eux, l'institution s'oriente bien vers une logique d'assouplissement quantitatif dite QE. Un plan qui pour grande part s'intéresse aux rachats massifs d'obligations souveraines, lui même s'inspirant assez directement de celle de la Réserve fédérale américaine. La réponse globale qui passera aussi par une plus grande coordination des différentes autorités qui devront ''assumer leurs responsabilités au niveau budgétaire structurel et monétaire.'' Le risque de déflation est pour l'instant jugé encore assez limité, mais largement tributaire de l'évolution de la situation économique de la zone euro. L'institution achète d'ores et déjà des titres financiers et a mis à disposition des banques des prêts bons marchés très abondants pour relancer la dynamique des prix, jugée '' encore faible ces derniers mois.''

Le rôle des banques...


''Cette situation suggère un renforcement du rôle des agents économiques comme les banques qui devront faire montre d'une plus grande implication dans l'aide aux entreprises afin de leur permettre un accès aux prêts toujours plus efficient, (...) si les banques ne font pas cet effort, il faudra alors peut-être que certaines de ces mêmes règles soient entièrement revues. Le populisme prospère dans cette analyse, les banques se sont vues octroyer des prêts à taux particulièrement bas par la BCE, ce qui devait contribuer à sauver mécaniquement la plupart d'entre elles après la crise.(...) Force est de constater que rares sont celles qui font l'effort d'une contre-partie en capacité de soutenir l'activité économique ainsi toujours plus contrainte, (…)  Une situation que les états comprennent très bien et soulignent dans leur délicate gestion budgétaire avec l'apport des conséquences de cette même crise pour la réalisation de leurs budgets nationaux. Le temps d'imposer un cadre plus précis sur le rôle des banques paraît urgent, nombreux dirigeants politiques souhaitent leur imposer des nouvelles règles et que celles (les banques) qui ne feraient pas cet effort soient « enfin mises à l'index ou clairement à l'amende ». (…) Dans de nombreux pays de la zone euro, des parlements nationaux, des commissions (des finances) ou mêmes commissions d'enquêtes s'intéressent à évaluer -objectivement- l'implication des banques dans leur soutien aux entreprises, sur ce point, un certain plafond de verre est clairement atteint!'' croit savoir notre éminente source à Bruxelles. Une situation à mettre en perspective avec l'aveu de la BCE qui s'inquiète officiellement de la montée du populisme en Europe tout comme du risque de déflation, un environnement contraint qui se voit souligné par le constat de mesures clairement insuffisantes, ensemble des risques à présent clairement soulignés par le chef économiste de l'institution de Francfort.













Finance Offshore © Copyright 2015 Tous droits réservés - Images may be subject to copyright.
Finance Offshore, premier site sur la Finance Offshore de l'espace francophone international

Finance Offshore © Copyright 2006 - 2017- Tous droits réservés- Images may be subject to copyright.