lundi 15 décembre 2014

Luxembourg: LuxLeaks, le lanceur d'alerte se met à table dans Libé!

Au Luxembourg, le brouillard se lève...


Luxembourg le 15/12/2014, Didier REMER:

Pour l'instant, il est l'auteur présumé de la fuite de nombreux documents stratégiques de son ex employeur, à savoir PWC Luxembourg. Agé de 28 ans, le français Antoine Deltour s'est expliqué dans les colonnes du journal « Libération », tout de go, l'intéressé démontre le modus opérandi de sa mission d'aviseur prétendue « improvisée ». Avec cette démarche, celui qui est formellement inculpé de vol et blanchiment par la justice luxembourgeoise se prépare-t-il sur le terrain judiciaire? Déplacer le dossier dans l'arène politique devrait lui assurer la bienveillance de certaines autorités ou mêmes Etats...

PWC...

D'un côté, un des plus grands Big Four présents au Luxembourg, PWC, qui bien fondé, nous explique que le Ruling Tax est donc une pratique légale, répandue, et bien sûr, pas aux seules frontières du Duché. De l'autre, son ex-employé, plutôt frêle dans le métier, lui qui prétend avoir voulu récupérer des fichiers informatiques relatifs à sa formation « en interne », histoire de valoriser son... cursus. 

L'auditeur a logiquement le sens du détail, alors en train de visiter la banque des données internes de PWC, celui-ci, serait donc tombé (plus ou moins?) « par hasard » sur des fichiers d'un genre plutôt édifiant. « La société PWC ne manque pourtant jamais de rappeler à ses nombreux clients ce besoin stratégique de sécuriser leur système informatique et donc d'accès à l'information, les jeunes sont souvent doués pour aller fouiner dans les bases de données, pas spécialement hackers dans l'âme! (...) Ils ont cependant des compétences assez éclairées pour ce genre de choses, leur logique curiosité fait souvent sauter certains verrous, c'est presque un jeu entre eux, souvent salutaire pour les sociétés qui découvrent le pot aux roses ou sont avisées en interne... » croit savoir une source spécialiste qui conseille des gouvernements en protection des données à Luxembourg.

Aviseur assumé?

Dans le cas de ce présumé « aviseur assumé », c'est bien l'ampleur des pratiques de son ex-employeur PWC qui devait donc ainsi le pousser à se libérer. Pour nous raconter sa version des faits, il accepte un entretien en forme de demi mea culpa auto proclamé au journal français « Libération ». A l'époque des faits présumés, celui-ci se serait déjà rapproché de certains journalistes pour transmettre certaines bases documentaires hautement stratégiques du Big Four. Ce travail avait contribué au succès de l'enquête du magazine « Cash Investigation » (France2, Groupe Public France Télévisions) et donc « Informations clairement confidentielles par rapport à la législation actuelle sur les données, pas moins accords fiscaux de rescrits entre Etat et sociétés « de mère à filiales » ou encore simple respect du Code du travail, certaines logiques clauses d'un contrat de travail, mission ou stage de ce genre de sociétés en attestent. » croit savoir une autre source à Paris.

Celui par qui le scandale LuxLeaks a donc pris ''en partie corps, pas moins sens'' va devoir s'expliquer en justice, il ne faut pas s'attendre à de nouvelles vagues, encore que la marée fait force d'un mouvement plutôt perpétuel. « Comprendre ici que si ce jeune homme a ce genre de données, il dispose peut-être d'une base documentaire plus large et donc en capacité de constituer une forme de garantie si PWC souhaite en faire un certain (contre) exemple... Les activités de PWC ne se limitent pas au seul rescrit fiscal! » insiste la source.

"Un mouvement général..."

L'auteur présumé de la fuite de documents d'accords fiscaux entre le Luxembourg et des multinationales ayant déclenché le scandale LuxLeaks estime ne pas être un lanceur d'alerte isolé, pour lui, le travail serait bien collectif:"Je suis juste l'élément d'un mouvement plus général", déclare Antoine Deltour, inculpé de vol et blanchiment par la justice luxembourgeoise, qui s'exprimait pour la première fois publiquement dans le journal français Libération de lundi. Ces premières révélations s'appuyaient sur 28.000 pages de documents obtenus par l'ICIJ le fameux Consortium international des journalistes d'investigation basé à Washington aux USA, par ailleurs bien connu après les salves sur le Luxembourg. Un travail de détricotage qui devait mettre en lumière le rôle de l'ex-employeur de M. Deltour, le cabinet PWC Luxembourg, largement impliqué dans la pratique légale de rescrit fiscal, une pratique bien connue de la Finance Offshore par laquelle une administration garantit à un contribuable, en l'espèce une multinationale, son taux d'imposition et ce de façon anticipée...

Capitaliser son expérience...

"La veille d'un départ, on cherche forcément à capitaliser son expérience professionnelle. J'ai copié des documents de formation, mais en explorant la base informatique de PWC, je suis aussi tombé sur les fameux tax rulings (rescrits fiscaux). Sans intention particulière ni projet précis, je les ai aussi copiés car j'étais consterné par leur contenu", a-t-il expliqué, précisant n'avoir "contourné aucune protection informatique". Si cette information peut s'avérer démontrée, « Il y a peut être un grave problème dans la sécurisation des données de PWC Luxembourg, de quoi inquiéter de nombreux clients, cependant les faits remontent à quelques années, depuis tout semble parfaitement en ordre sur l'aspect technique, pour l'humain, aucune garantie existe! » insiste notre source à Luxembourg. De son côté, PWC a accusé formellement M. Deltour d'avoir acquis frauduleusement ces documents lors de son départ de l'entreprise en 2010, ce que le Français « aviseur » dément. « A ce stade, si monsieur Deltour peut démontrer le modus opérandi, et que si une faiblesse se devait clairement démontrée, la partie s'annonce serrée sur le terrain judiciaire, au moins sur l'aspect sécurisation des données en interne pour PWC comme à l'époque précise des faits. » insiste notre source experte en la matière. Il faut dire que l'aviseur part plutôt gagnant, des éléments postérieurs à son départ se sont effectivement retrouvés dans la masse utilisée par le Consortium de journalistes. « Dans LuxLeaks 1 (Opus des pratiques dévoilées début novembre), sont mentionnés plusieurs documents internes postérieurs à mon départ de PWC. Je ne suis donc pas seul !», pour devoir insister, « Dans LuxLeaks 2 (Deuxième série de révélations début décembre.), il est question de dossiers pilotés par les autres membres du Big Four, Deloitte, KPMG, Ernst&Young. » ajoute-t-il, regrettant que toute l'attention se porte sur son unique cas au Luxembourg, place financière de l'optimisation fiscale aux dimensions internationales dont le focus ainsi porté par le « Scandale Luxleaks » et de conclure: « Il est injuste que le Luxembourg soit le seul pays cloué au pilori, qu'un seul cabinet d'audit soit pointé du doigt, car ces pratiques sont systémiques. (...) Il s'agit de planification fiscale agressive mise en place par certains Etats, de stratégies complexes pratiquées à échelle industrielle par certains cabinets. La régulation sera toujours en retard sur l'ingénierie financière.» démontrant une analyse à posteriori. M.Deltour ne semble pas oublier le terrain politique en visant directement le choix de certains états tout en affirmant ses encouragements pour leurs efforts en matière... de régularisation. A suivre.




Antoine Deltour s'explique sur France2...



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Comité de soutien à Antoine Deltour...



https://support-antoine.org/


Différentes ONG soutiennent le comité qui se veut plaider son cas: «Antoine Deltour a agi sans intention malicieuse et de manière totalement désintéressée. Il n'a jamais cherché à monnayer ses informations. Il a seulement souhaité favoriser le débat public sur des pratiques éthiquement condamnables.» précise le site qui permet à chacun de signer une pétition en ligne...









Notre dernier article en référence avec l'affaire LUXLEAKS...




 


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