vendredi 3 octobre 2014

Tunisie: La résilience économique passera par la jeunesse!

Le risque politique est toujours élevé en Tunisie, les autorités doivent sérieusement accompagner la jeunesse...


Le 3/10/2014- Quelques frêles années après la révolution du Jasmin de 2011, la Tunisie continue sa mue. Loin d'un résultat parfait, l'échiquier politique s'avère comme le révélateur de tous les antagonismes d'un état qui se doit bâtir son avenir. Ici ou là, pointent encore des excès d'une police pas toujours consciente de la fin d'un certain régime. « Ici la difficulté est grande, les autorités doivent garantir l'ordre public dans un climat particulièrement contraint, les jeunes sont sous pression, leurs attentes sont immenses et d'autant plus légitimes pour ceux qui devaient fonder tant d'espoirs dans la révolution. Ils sont à l'origine de la fin du Clan Ben Ali et consorts, souvent déçus par la lenteur du pouvoir, ils paraissent parfois complètement résignés. La crise de l'emploi est souvent le vecteur d'un climat si peu propice à préserver du lien, au contraire, les jeunes exclus socialement sont parfois encore attirés par les sirènes d'un radicalisme toujours plus prégnant. Bien trop souvent, les idéologues qui prônent les thèses fallacieuses d'un certain intégrisme sont toujours en embuscade pour attirer les plus vulnérables d'entre-eux.... » (...) « Nous avons un devoir moral, la digue est si ténue que les parents s'inquiètent à leur tour de la confusion qui gagne certains de leurs jeunes. Remettre la jeunesse au centre des priorités est une nécessité absolue, en Tunisie, nombreux sont qualifiés et font force à l'expression de talents multiples. La culture est un rempart qui s'avère comme une digue des plus solides, les jeunes souhaitent se rapproprier les différents canaux de l'expression, de culturelle à l'implication politique en mode résistance constructive, (…) mais finalement leur plus grand souhait est bien celui d'un état capable de leur assurer une juste place pour un avenir d'autant plus serein. » croit savoir notre éminente source à Tunis.


Salutaire résilience...

En fait, le tableau est loin d'être aussi sombre, une fois les écueils encore liés aux excès d'une police pas toujours débarrassée de certains vieux démons, on remarque que les jeunes ont compris que le combat passera avant tout par les idées, l'imagination y est particulièrement féconde, sur le plan économique les jeunes tunisiens n'ont rien à envier à la qualité de formation de leurs collègues des universités européennes. «Pour comprendre notre pays, il faut s'approprier sa culture, ici nous allons devoir passer du stade de la carte postale à l'édification d'un modèle économique qui portera le développement en salutaire résilience. Nos jeunes sont disponibles, ils veulent relever cet important défi, les initiatives sont nombreuses, une solidarité gagne en ampleur, les jeunes se fédèrent, ils ont compris qu'au delà du seul débat politique, qu'il leur faudra bâtir leur Tunisie!» instigue un jeune dirigeant du pays. Il est vrai qu'en Tunisie coexistent différentes communautés, l'histoire du pays pouvant expliquer cet aspect. Encore pénalisé par l'actualité du conflit ouvert sur le Moyen- Orient, le pays à l'accueil si proverbial doit encore rassurer pour maintenir son activité touristique et recharger son logique potentiel, pour l'industrie et les services, de nombreux groupes européens se sont timidement implantés, «Certes nous sommes loin d'un certain idéal, mais il y a un regain de confiance, la France tient bonne place au rang des investisseurs historiques, (…) les liens sont solides, il faut juste réactiver les réseaux qui depuis la révolution se devaient logiquement évoluer. » complète notre source qui ne manquera pas de nous préciser que les monopoles ne sont plus de mise, la France ayant des exigences pour se préserver des erreurs d'un certain passé. Aujourd'hui, la Tunisie veut continuer à développer ses infrastructures, plutôt en avance par rapport à certains voisins, le pays offre une qualité de services assez opérationnelle. Du fait d'un rodage toujours enferré dans les crises politiques successives, certains déséquilibres économiques persistent et comme le relève le F.M.I ou certaines agences de notation, la tendance s'est accrue depuis trois années. Dernièrement, on note que la suppression de certaines subventions sur certains matériaux de construction couplée avec une dépendance aux importations d'énergie portera une augmentation nominale des prix de l'immobilier résidentiel de 7 à 9% en termes réels et ce pour un endettement souverain à 52,2% en fin d'année 2014. Standard and Poor’s a donc logiquement relevé dans son rapport que les prix de l'immobilier résidentiel ont augmenté de manière substantielle, le déficit du compte courant s'est creusé fortement, et le recours à la dette extérieure a lui même augmenté... C'est dire que le pays va devoir miser sur de nouvelles niches, sont souvent citées les énergies renouvelables, nouvelles niches stratégiques qui devraient pouvoir contribuer à lisser certains effets liés à la transition d'après crise. A l'image du Royaume du Maroc, le pays se doit miser sur une politique plus compétitive pour relancer son économie, comme bien souvent en tel cas, la Tunisie dispose aussi d'un réservoir de capacités à explorer et donc à développer...


Risque politique...

Le risque politique de la Tunisie reste très élevé, pointe Standard & Poor’s dans ce récent rapport qui nous démontre que le pays en ayant une économie relativement diversifiée que le niveau de richesse de l’économie tunisienne y reste cependant encore faible, notamment avec un PIB par habitant estimé à 4,349 dollars en 2014:« Bien que la transition politique depuis la révolution du Jasmin de 2011 continue à progresser, nous pensons que le pays reste vulnérable à l'instabilité politique et aux troubles sociaux », indique le rapport. Par ailleurs, S&P juge positivement les efforts des acteurs politiques pour parvenir à un consensus autour de la transition, suggérant un esprit de concorde à renforcer... « Les élections législatives et présidentielles sont prévues en fin d'année 2014, mais leur impact sur l'avenir de la stabilité politique de la Tunisie et de sa performance économique est encore incertain » relève le rapport. En revanche, Standard & Poor’s prévoit une stabilisation progressive du pays ''après les élections'', de quoi inviter le pouvoir à mettre en oeuvre une politique offrant les ressorts utiles aux différents acteurs de l'économie. 

Au rang de meilleur espoir pour accompagner la résilience économique de la Tunisie figure toujours sa jeunesse. Les jeunes étant plutôt bien qualifiés et faisant montre d'un réel esprit d'initiative jugé plutôt encourageant dans un environnement assez contraint, elle devra aussi disposer d'une capacité inclusive plus dense. Les autorités devront logiquement miser sur ce bon point en faisant force de toujours plus de discernement sur les questions de sécurité publique et de l'usage de celle-ci!  A suivre...


DSK toujours confiant en la Tunisie...

Pour mieux comprendre la situation économique de la Tunisie, ''Finance Offshore'' vous recommande de lire la rubrique Economie du "HuffPost Maghreb", la synthèse de l'information économique de cette région y est complète, sans compter des articles qui traitent de la situation spécifique à chaque état du Maghreb. On pouvait y lire il y a quelques jours la synthèse intéressante de l'ancien président du F.M.I, un Dominique Strauss Khan invité à l'Institut des hautes études de Tunis (IHET). Dans l'ensemble, Dominique Strauss-Khan semble assez confiant sur l'avenir du pays, pour lui, les réformes doivent s'inscrire dans un cadre politique propice, c'est à dire celui d'une transition dépassionnée. L'ancien président du Fonds monétaire international devait rappeler le besoin urgent d'accompagner la jeunesse du pays, sans compter l'urgence de combattre toutes les situations qui divisent un pays qui se doit retrouver son unité pour relever ses nombreux défis, instiguant au pays de faire tous les possibles pour réactiver un modèle plus stable en transformant les situations de risques en véritables occasions d'opportunités...


L'ex-patron du FMI (Fonds Monétaire International), le français Dominique Strauss-Kahn, était en visite en Tunisie il y a une semaine pour participer à une conférence économique internationale intitulée "la place de la Tunisie dans un monde en pleine mutations économiques", organisée par l'Institut des Hautes Etudes de Tunis (IHET) et l'Association Tunisienne de Gouvernance, et intitulée.

En visite en Tunisie, Dominique Strauss-Kahn a déclaré mardi que "l'incertitude politique pesait lourdement sur l'activité économique en Tunisie".

"Si le processus de la transition politique doit avancer rapidement et dans le calme, il est indispensable de lancer en parallèle des réformes économiques audacieuses", a-t-il soutenu.

Homme politique français et ex-patron du FMI, M. Strauss-Kahn participait à Tunis à une conférence internationale sur "La place de la Tunisie dans un monde en pleines mutations économiques".

Lors de son intervention, il a affirmé que le pays était confronté à un problème central lié au manque de confiance, d'où "l'impératif de rétablir la confiance aussi bien avec les hommes d'affaires nationaux qu'avec les bailleurs de fonds, les institutions internationales et les investisseurs étrangers, et ce, en parachevant le processus de la transition politique avec la mise en place d'un gouvernement stable".

Il a par ailleurs appelé les décideurs économiques à transformer les risques du pays en opportunités à saisir.

"La Tunisie est actuellement à la croisée des chemins et doit trouver de grands alliés financiers, capables de la soutenir durant cette phase critique. En contrepartie, ces alliés seront les premiers à profiter, des nouvelles opportunités d'investissement et d'affaires, en cas de réussite du nouveau modèle économique tunisien", a-t-il dit.

Pour Dominique Strauss-Kahn, '' la Tunisie a également intérêt à développer ses relations économiques avec les pays du Maghreb.''

Il a recommandé, en outre, de tirer profit de l'ampleur de l'économie informelle en Tunisie, en œuvrant à réintégrer cette économie progressivement dans la sphère formelle. ''Cela permettrait de gagner des points supplémentaires de croissance et améliorer l'image du pays à l'étranger.''

Evoquant le FMI, il a assuré que le Fonds international jouait le rôle d'un "docteur" qui n'intervient qu'à la demande du patient.

"Ce docteur essaye de diagnostiquer les symptômes pour parvenir à trouver les traitements adéquats, et c'est au patient de se conformer ou non à ses prescriptions", a affirmé l'ancien directeur du FMI. 




(*Source: Article conférence Tunis 23/09/2014  Huffpost Magrheb. Tous droits réservés pour tous pays.)
















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