lundi 13 octobre 2014

Luxembourg: Xavier Bettel à l'épreuve du budget de l'Etat 2015!


Xavier Bettel, Premier ministre du Luxembourg: Budget 2015, exercice pour homme d'Etat en devenir! 



13/10/2014-  A Luxembourg, ce mardi Xavier Bettel annoncera au parlement son budget de l'Etat 2015, la semaine s'annonce très politique, dans les états-majors des différents partis politiques, on sait déjà que l'exercice tient à un fil. Alors que le pays se doit trouver la meilleure issue possible pour devoir s' assurer un avenir d'autant plus serein, les différents arbitrages feront à coup sûr débat! Comme souvent en tel cas, un certain pré-carré annonce vouloir défendre les acquis, qu'ils soient responsables syndicaux, associatifs, responsables politiques, ou simples citoyens, la volonté de résister est de mise. Si le Luxembourg est reconnu pour la relative stabilité de son modèle, il est à présent confronté à une urgence, « Préserver notre modèle social pour privilégier l'intérêt général en refusant de sacrifier des transferts sociaux qui sont utiles au plus grand nombre. Un état qui porte la sélectivité sociale comme valeur cardinale doit agir avec des priorités, Luxembourg ne fait pas exception à la règle, l'établissement d'un budget est un exercice périlleux pour qui refuse le dialogue constructif. Il est à double étage, d'abord en interne ou chaque électeur de la coalition doit être respecté, puis à l'externe, comprendre que l'opposition peut encore dire certaines vérités. Il faut donc faire des choix, les assumer, c'est bien la définition de la politique, pas moins celle du devoir d'un homme d'Etat confronté à la dure réalité de sa mission. » croit savoir notre éminente source à Luxembourg.

Pression inutile...

Ce budget 2015 est sous haute surveillance, le gouvernement ayant opté pour une communication en service (re)commandé, une forme de pression assez inutile voir contre-productive s'est ajoutée à l'exercice pourtant réputé assez complexe. D'ailleurs les médias du pays ne s'y sont pas trompés, là ou la coalition annonçait vouloir avancer à vue dans une nouvelle forme de transparence, elle s'est plutôt réfugiée dans les conciliabules de certains palais nationaux comme le château de Senningen, forteresse s'il en est de certains services stratégiques de l'Etat qui sont là pour nous rappeler un scandale d'Etat qui lui, pour le moins, suggérait un changement de stratégie de communication. Une opération qui s'est soldée avec un pare-feu médiatique plutôt scabreux. En effet, alors que toute la sphère médiatique du pays attendait certains logiques éclairages sur ce budget, « Le gouvernement a préféré balancer sur les fameuses questions ''fourre-tout'' sociétales!», comprendre ici l'organisation de quatre référendums pour le moins assez éloignés de l'actualité budgétaire du moment. « Zéro pointé pour la communication donc, et double zéro pour l'initiateur de cette stratégie qui par son résultat, restera à jamais sans appel.»  pointe notre source à Luxembourg. Sévère, certains vont conclure, pas moins que les journalistes du pays qui se retrouvent ainsi privés d'un certain bol d'air pourtant « Largement promis par une coalition très critique sur l'organisation de ses prédécesseurs... » (...) « Ici, on est transparent quand on a des bonnes nouvelles, sinon, c'est, circulez, y a rien à voir! » instigue une autre source d'un (très) grand média du pays.

...Citron pressé!

Le budget 2015 serait donc un peu ce budget d'une version « Canada dry » de l'austérité? « Tout à fait, on vous explique vouloir sauver le bébé , la mère, et finalement la politique familiale est tout de go la première cible identifiable des arbitrages, pour s'en convaincre, lire les premières réactions et autres éditos qui fleurissent dans la presse! » Soyons sport, il serait injuste de conclure que la mère de famille luxembourgeoise sera cette unique variable d'ajustement budgétaire, mais elle doit penser quand même un peu à ce pauvre citron pressé qui parfois s'ignorait. D'ailleurs si elle ou son époux, souhaitent à présent rester à la maison pour s'occuper de sa très jeune progéniture, on lui explique qu'elle doit assumer son modèle d'éducation, comprendre que le modèle de certains états du Nord de l'Europe bien souvent érigé comme exemplaire par ce gouvernement ne l'est « que si l'Etat ne passe pas.... à la caisse! Une différence, certes, mais quelle différence. » (…) « Ici, on aime choisir et revendiquer ce modèle social, le succès de certains états du Nord de l'Europe expliquant ce point, mais on revisite au passage notre modèle social en version mode bobo, bourgeois Bohême à la Luxembourgeoise. Il y a ceux qui peuvent, et de plus en plus, les autres... » insiste notre source assez remontée. De bonne guerre, tout l'art de l'exercice politique confronté à la dure réalité d'une forme de vérité implacable, la fameuse Vox-populi. Le gouvernement le sait trop bien, d'ailleurs s'il l'avait oublié, l'exercice du budget de l'Etat ne laisse que trop peu de place aux bonnes intentions clientèlistes pour ne pas dire électoralistes.

Boulet rouge...

Justement, revenons à l'accord de coalition, sur ce point, il n'y a pas ''tromperie sur la marchandise'' devenu grand marchandage, car la promesse d'une réoriention est clairement acquise à la feuille de route « Gambienne », la fin du commerce électronique, le changement de paradigme à marche forcée par les autorités supranationales ne laissaient pas une marge de manoeuvre aussi grande que veut le prétendre aujourd'hui l'opposition. En effet le CSV qui tire à boulet rouge sur l'ancien allié socialiste du LSAP, avait lui même en son temps travaillé à l'édification d'une politique budgétaire de relative austérité. « Rendue d'autant plus nécessaire que pointaient déjà les conséquences de graves lacunes comme la politique ubuesque du logement, ou rien a été fait ou si peu, et ce alors que le pays disposait en son temps de tous les ressorts utiles à cette politique d'intérêt national. Aujourd'hui, on peut mesurer l'impact d'une forme d'indifférence d'une certaine classe sociale plus propice à recevoir la quittance du dernier loyer perçu, toujours à si bons comptes. » croit savoir notre source à Luxembourg. Car dans ce pays, la problématique du logement revêt une incidence particulière sur le compte des ménages, plus riches en patrimoine que nombreux autres européens, ils en sont d'autant plus endettés par têtes. Une situation qui impose une politique de relance du logement et donc de la construction, « Elle même visée par certains arbitrages comme l'augmentation de la TVA. » (…) « La Tunisie fait cette erreur, le Luxembourg va la faire, on croit rêver, ou comment se tirer une balle dans le pied! » commente une autre source qui dirige une société de construction en bâtiment, bien sûr, il s'évitera de préciser les très nombreux abus qui touchent certains recrutements sur certains chantiers. Une comparaison osée pour ce qui est de la référence à la Tunisie, mais en fait de contrainte, on s'oriente plus vers un lissage d'une TVA nettement inférieure aux autres Etats européens. La politique du logement qui butte à la capacité budgétaire de l'état et plus grave, « L'imbroglio de l'occupation des sols, à savoir la rétention organisée des terrains constructibles par des promoteurs ou propriétaires terriens aux dents toujours plus longues! » insiste notre source. Une vérité qui n'est pas sans nous rappeler un autre scandale à Luxembourg, l'affaire du Stade de Livange... On est surpris de voir qu'aujourd'hui, ce « Luxembourg bashing » s'opère de l'intérieur, preuve que peut être les langues se délient et que l'édification d'un budget de l'Etat est toujours le bon curseur entre bonnes intentions programmatiques et réalisations effectives.

La morale...


Pour l'heure, le premier ministre Xavier Bettel va annoncer son catalogue des mesures pour établir un budget de l'Etat 2015 "équilibré", austérité ou pas, selon avis, ce sont 500 postes d'économies à faire qui sont déjà clairement envisagés et deviendront actés. Car des économies, il est toujours possible d'en faire, mais de quelles économies? Le courage politique passe par l'exercice de la vérité, Xavier Bettel nous expliquera les siennes, elles sont nombreuses, le fera t-il en gardant à l'esprit que l'électorat du LSAP est aussi en droit d'exiger un certain équilibre, c'est peut-être oser conclure pas seulement sur le seul aspect budgétaire, mais bien à l'évidence celui de la morale. Car à Luxembourg, les frondeurs existent aussi, bien que plus réservés, ils attendent aussi leur heure. Le premier ministre, ministre d'Etat fera donc les annonces au nom de toute la coalition, qui plus que jamais devra faire bloc, entre esprit de communication et bien sûr, réelles bonnes intentions. Peut-être qu'il profitera de cette occasion pour répondre à tous ceux qui s'interrogent encore sur son refus de créer une imposition « transitoire » des plus riches, histoire de rassurer la classe moyenne qui elle, c'est acquis, chiffres à l'appui, deviendra bien la nouvelle variable d'ajustement de la politique gouvernementale prétendue comme logiquement durable. A suivre...



















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