samedi 18 octobre 2014

France: Un budget 2015 dans le viseur de Bruxelles!

La Commission de Bruxelles attend de pied ferme l'opus français du budget 2015!

18/10/2014- C'est le grand dossier du moment, comment Bruxelles va remercier la France pour ses efforts budgétaires? Deux écoles s'opposent, alors que certains imaginent encore un passage en force, d'autres sont convaincus que le Budget 2015 de la France fera au mieux l'objet d'une possible ''note pour incidence'', comprendre qu'au niveau comptable, le compte n'y étant pas, l'Etat devra revoir sa copie ''dans l'urgence'' sous peine d'une pénalité prétendue exemplaire... Pour les plus pessimistes, ils sont plus nombreux, on n'exclut pas de voir la Commission se prononcer officiellement et ''plutôt directement'' pour une amende en conséquence. Les textes sont formels, "En cas d'une telle issue, c'est à dire le non respect des engagements européens, Bruxelles peut toujours prononcer une sanction à l'encontre de Paris. Les contours de cette amende sont eux-mêmes identifiables, selon les textes en vigueur, l'amende peut en ''version light'' correspondre à 0,2 % du P.I.B, ce qui pour la deuxième puissance économique d'Europe représente 4,4 milliards d'euros, sans compter la part variable s'élevant elle à ''1/10 de la différence entre le déficit et la valeur de référence pondérée'', soit 2,86 milliards d'euros. Le Conseil peut aller plus loin, c'est à dire jusqu'à 0,5% du P.I.B dernier carat, c'est à dire une pénalité de 10,1 milliards d'euros!" croit savoir notre éminente source à Bruxelles. Autant dire que cette hypothèse n'a peu de chance de voir le jour, "En tous cas dans sa configuration la plus pessimiste, car les européens ne comprendraient pas que sous prétexte de porter une sanction prétendue « exemplaire », celle-ci viendrait aggraver la situation d'un Etat lui même très contraint." croit savoir notre source. Car comme le soulignent avec abondance les autorités françaises, il faudra faire une lecture intégrale du catalogue des réformes, "Jamais dans l'histoire budgétaire de la France, un budget portera autant d'efforts d'ampleur structurelle et ce sur différents niveaux dont certains assez nouveaux. Le problème de la France est bien identifié, il est à mi-parcours entre croissance très faible et absence de relance, le fameux décalage entre mesures efficientes et bénéfices acquis..." instigue une autre source à Paris. 


Promesse...

Le président François Hollande avait promis de revenir sous les fameux 3% de déficit public, hors cette promesse, telle la peau de chagrin, ne viendrait s'imposer à la dure réalité que pour l'exercice... 2017! Ce point est loin de faire l'unanimité tant à Paris qu'à Bruxelles. Si le déficit devrait tutoyer les 4,3% à la fin de l'année 2015, certains pensent déjà à l'impact de la situation conjoncturelle internationale, jugée à haut risque et toujours difficilement envisageable comme possiblement ''meilleure'' dans les deux années à venir. L'incidence de la dette ne plaide pas pour venir en soutien aux efforts de la dépense, en effet en dépassant 60% du PIB pour atteindre 97,5% en 2015, la maison France démontre un effort à 0,2% en lieu et place d'une promesse à 0,8%, c'est dire le profond décalage. Pourtant, tous ceux qui calculettes en main font force de tancer la France, devraient s'instiguer modération et quelques autres calculs supplétifs. En effet, si d'aventure la France, deuxième économie de la Zone euro venait à se voir infliger si cuisant affront, c'est très mécaniquement que les autres états viendraient à subir une fragilisation durable de toute la zone dont le premier opérateur, l'Allemagne qui accuse un certain tassement. En bon résumé, il ne serait pas très vertueux pour une leçon de morale si politique de commencer à couper si frêle branche, et la meilleure réponse nous vient peut-être de certaines organisations supranationales qui elles, disposent des ressorts utiles pour faire une lecture d'autant plus efficace du cas France. On pensera ici à l'OCDE, dernière en date qui annonce que ses modèles évoquent une possible augmentation du PIB de la France de 3,7% dans les dix années à venir sans compter donc que le FMI, considère de 0,4 cette année à 1% en 2015, pour la croissance française...


"New Deal"

On se rassure comme on peut, mais il ne faut pas faire l'économie d'une grille de lecture complète en tel cas. Les mesures d'économie annoncées sont « encourageantes », il est vrai que sur l'aspect fraude fiscale et consorts, la France tient là encore une réserve « de guerre » qui s'ignore peut-être, certains procès à venir devraient confirmer telle thèse. Pourtant la France serait-elle ce bonnet d'âne de la classe européenne? Pas vraiment, car si certains Etats comme la Grèce, l'Espagne ou l'Italie font mieux sur le déficit global, il faudra bien s'intéresser aux mesures effectives proposées pour accompagner la croissance de façon durable, sur ce point, certains prétendus équilibres peuvent devenir de nouvelles cibles en cas de problèmes d'une conjoncture ainsi aggravée. En fait si un Etat propose des alternatives sérieuses pour installer une croissance durable, "La France peut toujours l'être, avec des réformes sérieuses, et seulement si!" insiste notre source à Bruxelles. En assurant vouloir baisser ses dépenses publiques de 21 Milliards d'euros, le pays ne va peut-être pas assez loin pour Bruxelles, mais dans un même temps, la France met en place un train de réformes salutaires, qui elles, additionnées à un possible raffermissement de la croissance en Zone euro, pourraient produire une nouvelle dynamique. Sur ce point, qui peut encore en douter? A commencer si la Commission met effectivement en place son « New deal », plan promis aux européens par le futur président de la Commission, Jean-Claude Juncker qui annonce un paquet à 300 Milliards d'Euros dont l'effet de levier peut porter l'effort à 700 Milliards dès la deuxième année... Voilà, certains vont commencer peut-être à comprendre l'intérêt de ne pas spéculer que sur la thèse d'un Etat qui prend trop de liberté avec sa signature... Les agences de notation, elles ne manqueront pas de suivre le déroulé entre promesses et résolutions concrètes sur... le terrain! 


Signature...

Mais qui peut raisonnablement concevoir que la France et l'Europe sortiront la tête de l'eau si Bruxelles charge la barque? En fait, c'est bien à la France de défendre son plan budgétaire, expliquer la nécessite d'une grille de lecture complète par les instances de Bruxelles. Le chef de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem estime que la France n'avait pas (en l'état) à recevoir de passe droit, comprendre recevoir de nouveaux délais après avoir démontré que les deux premiers opus soient restés lettre morte pour le besoin d'engager des réformes suffisantes, résultats de l'économie française à l'appui... Bien sûr, à Paris , la grille de lecture du chef de l'Eurogroupe est incomplète et manquerait cruellement de réalisme par rapports aux nombreux efforts portés par tous les français. Michel Sapin estime que cette position tranchée ne peut devenir celle d'une commission contrainte à ouvrir le débat, le plan de 300 milliards d'euros pouvant conforte l'idée d'un « New Deal » qui complétera les prévisions de croissance de la France. Le Ministre français tient à préciser que les prévisions françaises sont en grande partie confirmées par le FMI, à savoir de 0,4% en 2014 à 1% en 2015. Michel Sapin évoque à qui veut l'entendre, des conditions exceptionnelles, toujours et encore. Les autres états apprécieront le caractère exceptionnel dont seule, la France serait donc ainsi visée, et ce peut-être au point de s'accorder certaines libertés avec sa signature... A Suivre...























 

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