mardi 14 octobre 2014

France: Emmanuel Macron ou l'art de communiquer!


M. Emmanuel Macron, Ministre Français de l'Economie. (Photo:DR)

14/10/2014- C'est dans un contexte particulier que le nouveau ministre français de l'économie doit faire face à une levée de bouclier pour le moins délicate. Alors que la France va devoir annoncer ses différents arbitrages pour un budget 2015 jugé tendu, le ministre de l'économie s'est de nouveau essayé à quelques vérités sur la situation de son pays. Pour Emmanuel Macron, pointe la difficulté de l'assurance chômage, problématique qui n'a rien d'un secret d'Etat, le déficit de 4 milliards d'euros étant déjà dans tous les esprits, à commencer par les services de Bercy, pas moins ceux de l'Elysée. Ministère de l'Economie qui très conscient du calendrier des négociations avec les partenaires sociaux, ne semble pas devoir oublier le rendez-vous ainsi fixé en 2016. Dans cet esprit, le ministre a tenté monter au créneau pour avancer des solutions. « En fait Emmanuel Macron dit tout haut ce que les conseillers de l'Elysée se répètent à longueur de journée, une croissance en berne, des défis structurels à relever, et la promesse d'une année 2015 plutôt tendue. Autant de points qui suggèrent l'entame d'une réforme plus prononcée sur certaines questions comme celle de l'assurance chômage et donc l'indemnisation de ses ayants-droits. » croit savoir notre éminente source à Paris. Ce dimanche, le ministre s'est donc lancé dans l'arène médiatique, dans un entretien au JDD (Journal du Dimanche.) et ce pour y évoquer assez directement sa vision de la problématique de la France qui au passage, veut s'éviter le camouflet d'un cuisant retoquage par Bruxelles de son budget 2015, dans l'entretien, une réponse sur le chômage fuse: "Il ne doit pas y avoir de tabou ni de posture. L'assurance chômage est en déficit de 4 milliards d'euros ; quel responsable politique peut s'en satisfaire ? Il y a eu une réforme, elle est insuffisante. On ne pourra pas en rester là. C'est aux partenaires sociaux qu'il appartient de faire avancer les choses", a déclaré le ministre au Journal du dimanche. Il n'en fallait pas moins pour que l'Elysée recadre l'élan du jeune ministre jugé un brin "trop pragmatique sur cette épineuse question""S'agissant de l'assurance chômage, il y a bien un problème de déficit, mais la négociation sur le sujet viendra le moment venu, pas immédiatement", a-t-on déclaré de même source, estimant que cette "question relève de la responsabilité des partenaires sociaux en lien avec l'État". "Une convention a été signée en 2014 et une date a été fixée par les partenaires sociaux pour un nouveau rendez-vous en 2016", rappelle l'Élysée, qui relève que d'ici là "il y a beaucoup de sujets de négociations à l'agenda des partenaires sociaux, notamment la négociation en cours sur la modernisation du dialogue social" autant dire, fermer le ban sur cet énième dossier qui méritait peut-être pas de ressortir la semaine ou la France doit défendre son budget 2015 à Bruxelles.

« Bien faire... »

Renforçant le débat lancé par le premier ministre Emmanuel Vals, le ministre de l'économie pensait « bien faire », mais s'était sans compter sur la réaction du chef de l'Etat qui semble ne pas avoir apprécié cet énième sortie d'une communication jugée un brin trop flottante. « Bien sûr, Emmanuel Macron croyait bien faire, mais attention, les agences de notation pèsent chaque parole du ministre de la deuxième puissance européenne dans la semaine budgétaire, (…) Et comme le président l'a bien compris, il faut d'avantage et sans relâche souligner les efforts actuels pour les réformes utiles à l'emploi. On manque peut-être encore d'une ligne directrice question communication à Bercy. » croit savoir notre éminente source. Le calendrier est donc assez chargé, le président de la République François Hollande veut croire à cette stratégie ''conjointe avec les Allemands'', à savoir un plan de relance de 300 milliards d'Euros qui sera défendu par le président de la Commission, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker « Celui dont l'ancien ministre Français de l'économie Pierre Moscovici, fraîchement élu Commissaire aux affaires économiques semble avoir fait sienne si bonne cause! Et ce bien avant un certain Emmanuel Macron... » précise notre source. (Ambiance)  C'est donc aussi à présent le cas d'Emmanuel Macron qui d'avantage prolixe sur la question d'un « plan Marshall » pour relancer l'économie et peut-être devoir imaginer à juste titre, que sans moyens, aucunes réformes structurelles seraient effectivement en capacité d'inverser la tendance actuelle. Un dilemme assez cornélien, pour s'en convaincre, le plan européen pour favoriser l'emploi des jeunes en Europe, « Qui après 9 mois de service, ne mobilise qu'à peine 1% de ses capacités financières, (1,6 Milliards d'Euros.) Et ce faute d'une mise en application de politiques adaptées aux enjeux, en France, elles-aussi toujours insuffisantes!  Plan qui finalement, ne bénéficiant pas toujours d'un cadre propice aux relais capables de favoriser son déploiement opérationnel! » précise une autre source à Bruxelles.

New deal!

En fait de communication, de nombreux experts soulignent bien plus le fait de certains communicants "qui par tous les moyens, veulent blinder la com du ministre en lui suggérant la bonne vieille méthode des ''ballons d'essais'' ", un exercice qui trouvera vite sa limite avec le recadrage tout présidentiel... Emmanuel Macron avait donc placé la question de l'assurance chômage comme l'inévitable besoin de réformer et donc négocier « toujours et encore » dans le contexte d'un budget délicat, c'est à dire encore trop éloigné des critères qui sont censés faire respecter la signature de la France. « Logiquement avec beaucoup de chômage, et ce mécaniquement, on a un déficit de l'assurance chômage qui se creuse. Mais le problème du marché actuel du travail français est souvent un véritable problème de compétences adaptées aux emplois proposés. » instigue notre source. De quoi conforter l'analyse du ministre français de l'Economie qui place donc ses espoirs dans le « New deal » à l'européenne. ''L'Europe a besoin d'un New Deal", a affirmé le ministre dans l'entretien publié après les critiques du président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, estimant que la France ne devrait "-pas bénéficier d'un nouveau délai pour atteindre la limite européenne de 3 % de déficit-"."La France s'engage à poursuivre et même à intensifier ses réformes ; l'Union annonce un grand plan de relance par l'investissement de 300 milliards d'euros", a détaillé Emmanuel Macron, qui considère que ce "New Deal" permettrait à la France d'obtenir 10 milliards d'investissements supplémentaires chaque année. "Tout le monde y gagnera, alors qu'aujourd'hui tout le monde est perdant - le ralentissement de l'économie allemande en est une nouvelle preuve", a souligné le ministre, qui considère que la France "doit faire le travail". "Nous avons six mois pour créer une nouvelle donne en France et en Europe", a-t-il ajouté. Selon lui, "la solution est avant tout chez nous. Pas en accusant Bruxelles, Berlin, ou l'étranger. La solution est dans notre capacité à bouger, moderniser le pays, le débloquer, libérer l'économie, donner la possibilité à ceux qui veulent travailler, créer, produire, de le faire beaucoup plus simplement", a-t-il affirmé. Emmanuel Macron annonce, par ailleurs, une ''loi pour l'activité'' qu'il présentera en conseil des ministres "avant la fin de l'année" et qui sera "votée au plus vite en 2015", et dont il détaillera le contenu dans les "prochaines semaines"...


Bonnes vérités...

Sur la position du patron de l'Eurogroupe, on ne semble pas faire grand cas de la pertinence des propos de Jeroen Dijsselbloem qui se dit opposé à un nouveau délai pour la France, « Il ferait mieux de concilier les efforts en cours que de systématiquement jouer au père fouettard, d'ailleurs si ce monsieur était en capacité de démontrer le bien fondé de ces remarques pour la seconde puissance européenne, nous aurions peut-être l'avantage à lui donner un plein quitus. La France se bat dans le concert des grandes nations européennes, certes, il y a encore des décalages entre efforts et résultats, mais pour ce qui est de l'histoire du pays, jamais un président s'est attaqué à un tel plan de réformes. C'est une insulte aux nombreux efforts consentis par tous les Français, (…) On connaît la capacité à la reconnaissance de ce monsieur, elle même vérifiée par un certain Jean-Claude Juncker, ancien président de l'Eurogroupe et nouveau président de la Commission... » croit savoir une source proche du dossier. En fait, monsieur Jeroen Dijsselbloem avait largement contribué à vouloir tenter discréditer le candidat Juncker et ce au plus fort de la campagne pour les primaires pour la présidence de la Commission européenne. Comme quoi, question communication, nombreux sont ceux qui devraient méditer sur leur capacité, point dont un Emmanuel Macron devrait pouvoir trouver à se consoler, tant lui, nous dit à coup sûr, encore certaines bonnes vérités. A suivre... 







Lire ici l'entretien du Ministre Français Emmanuel Macron au JDD: 






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