mardi 16 septembre 2014

Zone Euro: Mobilisation sur tous les fronts!


Zone Euro: ''Maillon faible de l'économie mondiale!''

16/09/2014- La Zone euro suscite les plus vives inquiétudes, le FMI évoque de façon à peine voilée ''un maillon faible'' de l'économie mondiale pendant que l'OCDE révise à la baisse ses prévisions de croissance pour la zone tout en s'inquiétant de son ''décrochage.'' Alors que l'OCDE souligne la pertinence des récentes mesures de la BCE, son président Mario Draghi exhorte à son tour ''les politiques à se mettre en accord pour une politique concertée de l'offre et de la demande.'' C'est à présent tout l'édifice de la Zone euro qui suscite les plus vives inquiétudes dans un contexte géopolitique toujours plus contraint. C'est un appel aux politiques de la Zone euro pour que soit accéléré le train des réformes salutaires dont les contours manquent toujours de lisibilité. L'inquiétude est d'autant plus palpable avec les différents écueils qui touchent les deux principales économies de la zone, en France, la politique de François Hollande marque le pas alors que l'Allemagne et l'Italie se trouvent à présent clairement affectées par la faiblesse de la croissance générale de la Zone euro. La récente percée des frondeurs sur l'échiquier politique de nombreux états européens instigue une perte de confiance dans les exécutifs au pouvoir qui peinent à rassurer.



L'OCDE s'inquiète de la faiblesse de la Zone euro!


Risque de déflation...

La zone euro en particulier a besoin "d'un soutien monétaire plus vigoureux" pour échapper à un glissement dans la déflation, selon l'OCDE. "Les actions récentes de la BCE sont bienvenues mais des mesures additionnelles, dont un assouplissement quantitatif seront nécessaires", tout en rappelant que l'inflation dans la zone euro est ''au plus bas depuis cinq ans.'' L'organisation internationale révise à la baisse ses prévisions et s'inquiète de la croissance anémique et du risque de déflation en zone euro. Elle demande à la BCE de prendre de nouvelles mesures. Le rebond attendu n'est pas au rendez-vous, l'OCDE n'y croit plus et vient même d'abaisser ses principales prévisions de croissance par rapport à son estimation du printemps dernier. Désormais, l'organisation internationale table ''que la croissance européenne ne sera que de 0,8% cette année et que son redressement ne sera en rien spectaculaire.'' En effet, pour 2015 l'OCDE ne se berce pas d' illusions, les experts tablent désormais sur une croissance de seulement 1,1 %, c'est à dire bien insuffisante pour inverser la tendance. Cette faiblesse de la croissance européenne est l'aspect que l'OCDE met en avant dans son communiqué comme pour mieux nous en rappeler l'urgence. Sans surprise, la France n'est pas épargnée par le pessimisme grandissant des experts de l'OCDE même si ceux-ci ne font finalement que s'aligner sur les prévisions récemment annoncées par le gouvernement français: 0,4% de croissance cette année puis 1,0% l'an prochain. Mais l'Allemagne, principal moteur économique de la Zone euro, n'est guère plus épargnée. Avec une croissance allemande qui devrait encore progresser de 1,5 % cette année, aucune accélération de l'activité outre-Rhin n'est attendue en 2015, la première économie de la Zone euro commence à tutoyer le ralentissement général qui s'installe. La révision la plus nette en Zone euro est pour l'Italie: l'OCDE annonce une récession (-0,4%) pour cette année et seulement 0,1% de croissance l'an prochain, de quoi relativiser les annonces de l'exécutif italien qui semblait pourtant faire figure de chef de file de la fronde ''contre l'austérité et le besoin d'imagination''. Face à ce paysage très contrasté, l'OCDE reconnaît que les remèdes politiques divergent selon les zones, tout en jugeant que "la reprise mondiale a besoin d'une poursuite du soutien à la demande", nourrissant au passage le débat ouvert par Mario Draghi en Europe, exhortant les politiques à agir rapidement pour coordonner leurs efforts.

Barack Obama, l'économie US en résilience!


Reprise aux Etats-Unis...

Face à cette zone euro au ralenti, les autres grandes économies s'en sortent mieux, selon l'OCDE, même si elles n'échappent pas à un ralentissement. "Il y a un degré croissant de divergence (...). La reprise aux Etats-Unis est solide, la croissance est sur les rails au Japon et en Chine, tandis qu'elle se renforce en Inde après un récent accès de faiblesse. Par contraste, la croissance en zone euro semble condamnée à rester faible à court terme, et le Brésil ne devrait sortir que lentement de la récession", juge l'OCDE Pour les Etats-Unis, l'organisation a également corrigé ses prévisions à la baisse, mais la croissance prévue reste forte: 2,1% en 2014 (contre 2,6% espéré en mai), puis 3,1% en 2015 (contre 3,5%). Ce qui fait des Etats-Unis la zone démontrant la meilleure résilience. La Chine devrait croître de 7,4% cette année et 7,3% l'an prochain, des prévisions inchangées depuis mai. L'Inde devrait connaître une croissance de 5,7% cette année (0,8 point de mieux qu'en mai) et 5,9% en 2015 (inchangé). Parmi les émergents, le Brésil fait mauvaise figure: l'OCDE n'attend que 0,3% de croissance cette année (-1,5 point par rapport aux prévisions de mai) puis 1,4% en 2015 (-0,8 point par rapport à mai), le pays subit des complications politiques majeures susceptibles de tensions qui risquent d'aggraver cette contre-performance. L'organisation a aussi souligné les risques pesant sur la reprise mondiale inégale: les dangers géopolitiques liés à "l'intensification des conflits en Ukraine et au Proche-Orient ainsi que l'incertitude grandissante au sujet des résultats du référendum sur l'indépendance en Ecosse", ainsi que la vulnérabilité de certaines économies émergentes (comme le Brésil) face à la perspective d'un durcissement monétaire aux Etats-Unis, de quoi compliquer l'environnement international pour la Zone euro.


Bonnes politiques...

Pour le FMI, la croissance mondiale demeure effectivement trop lente et toujours trop faible. L'organisation de Washington n'est guère plus optimiste que l'OCDE. Dans ses dernières prévisions, le FMI avait légèrement revu à la baisse (un dixième de point) son pronostic par rapport à ses estimations de janvier. Dans son rapport sur les « Perspectives de l'économie mondiale », l'institution suggèrait déjà que la croissance mondiale s'établira à 3,6 % cette année avant de se raffermir à 3,9 % l'année prochaine contre 3 % en 2013. La Zone euro reste toujours et encore le maillon faible de la croissance mondiale! Le FMI avance une hausse du PIB de seulement 1,2 % cette année et 1,5 % en 2015. La France était créditée de 1 % (contre 0,9 % précédemment) et 1,5 % respectivement. Une performance peu rassurante par rapport aux 2,9 % et 2,5 % du Royaume-Uni. « La fragmentation financière, les conditions restrictives du crédit et le poids des dettes privées » continuent de peser sur la croissance, soulignent les économistes du Fonds, s'ajoutaient les logiques inquiétudes sur l'évolution de l'inflation. Si le FMI a souligné l'amélioration de la situation des pays riches avec en premier lieu celle des Etats-Unis où la croissance devrait atteindre 2,8 % cette année et 3 % en 2015, la situation de la Zone euro inquiète plus que jamais. Certes, en Allemagne, la bonne tenue du marché du travail, des conditions monétaires porteuses et l'amélioration de la confiance ont favorisé une hausse de la demande domestique principalement du côté de la consommation des ménages. Reste que, outre-Rhin, la hausse du produit intérieur brut sera limitée à 1,7 % cette année et 1,6 % l'an prochain., en somme un tassement qui est partagé par les experts de l'OCDE. Mais le FMI recommandait aussi à la BCE d'assouplir sa politique monétaire, Christine Lagarde s'en était émue en évoquant un risque de « basse-flation ». « Une période prolongée de basse inflation peut affaiblir la demande et la production - et affaiblir la croissance et l'emploi. » D'où son conseil, repris par les économistes du Fonds appelant la BCE à assouplir davantage sa politique monétaire. Que ce soit par une réduction des taux d'intérêt pour les amener en territoire négatif, un assouplissement quantitatif semblable à ceux opérés par la Réserve fédérale américaine ou encore par la titrisation. Après une série de mesures prises par la Banque centrale européenne (BCE), la balle est dans le camp des politiques pour faire repartir l'investissement, y compris l'investissement public, en zone euro, a déclaré jeudi le président de l'institution Mario Draghi. Depuis, la BCE elle-même a annoncé une série de mesures de politique monétaire pour apporter sa pierre à l'édifice: le loyer de l'argent est au plus bas en zone euro (0,05%), les banques vont êtres abreuvées de liquidités et l'institution va racheter des produits financiers dans une tentative de fluidifier le marché du crédit. Mais «aucune impulsion de politique monétaire, ni même aucune impulsion budgétaire ne peut être couronnée de succès si elle n'est pas accompagnée par les bonnes politiques structurelles, des mesures qui stimulent la croissance et insufflent la confiance», a averti M. Draghi. Ces réformes doivent se faire dans le respect des règles budgétaires européennes, a rappelé le banquier central, comme il ne manque pas une occasion de le faire. «Cela nécessite que tous les acteurs, au niveau national et européen, jouent leur rôle», a-t-il ajouté. En particulier, «il pourrait être utile d'avoir une discussion sur la ligne budgétaire globale de la zone euro, avec pour objectif d'augmenter l'investissement public là où il existe des marges budgétaires pour le faire», a exhorté l'Italien. À cet égard, les institutions européennes ont «un rôle complémentaire à jouer pour soutenir la reprise de l'investissement privé» (…) «Nous sommes face à une configuration - croissance faible, inflation faible, dette et chômage élevés - qui ne peut être résolue que par une action concertée sur la demande et sur l'offre», a expliqué M. Draghi dans un discours lors d'un forum financier à Milan en Italie et diffusé en avance par la BCE.


Jean-Claude Juncker: Le plan à 300 Milliards d'euros!


300 Milliards d'euros!

La Commission et la BEI doivent présenter un rapport le 14 octobre au Luxembourg, a précisé le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan. «Nous avons demandé à la Commission et à la BEI de préparer rapidement un premier rapport sur les mesures concrètes qui peuvent être suggérées, au niveau national et européen, pour préparer de bons projets d'investissements, qui peuvent être financés», a déclaré le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, à l'issue de deux jours de réunions à Milan avec ses homologues européens. Ce rapport devrait être présenté en décembre, a dit le ministre allemand Wolfgang Schäuble. La Commission et la BEI sont invitées à présenter un ''rapport intermédiaire préparatoire'' lors de la prochaine réunion des ministres des Finances des 28, le 14 octobre prochain au Luxembourg, a précisé M. Padoan, qui a souligné que le manque d'investissements en Europe était «à la fois la cause et la conséquence de la faible croissance». Les secteurs privilégiés doivent être «l'énergie, les transports et l'économie numérique», a précisé le ministre espagnol, Luis de Guindos. Le futur président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a promis dès son élection un plan d'investissements européen publics et privés de 300 milliards d'euros sur trois ans.


Investissements...

Paris et Berlin veulent renforcer le rôle de la BEI, banque européenne d'investissements considérée comme une belle endormie. Un plan devrait puiser notamment dans les fonds européens. M. Schäuble et son homologue français Michel Sapin ont présenté samedi à leurs collègues un document commun proposant ''des nouvelles pistes en matière d'investissements.'' Ils proposent notamment de faciliter l'accès des entreprises, et en particulier des PME, aux sources de financement, à travers le retour en grâce de la fameuse titrisation, celle qui permet aux banques de transformer des créances en titres vendus à des investisseurs. Une autre piste consiste à développer les project-bonds, des emprunts lancés en commun par plusieurs pays européens pour financer des projets d'infrastructures transnationaux.


L'offre et la demande...

Ils veulent aussi créer des effets de levier pour mieux utiliser les fonds de la BEI et des autres établissements de ce type. De manière plus générale, Paris et Berlin proposent de renforcer le rôle de la BEI et donc l'inciter à financer des projets plus risqués. ''Ce document franco-allemand a servi de référence aux discussions entre ministres samedi'', a souligné Michel Sapin au cours d'un point de presse, insistant sur le fait qu'investissements publics et privés ne s'opposent pas. «Ce n'est pas l'Allemagne qui ne voudrait que des investissements privés et la France qui ne souhaiterait que des investissements publics», a-t-il insisté. Le fait que M. Draghi appelle aussi de ses vœux un regain d'investissements publics ne devrait pas être du goût de l'Allemagne, qui veut se concentrer sur les moyens de stimuler l'investissement privé. C'est peut-être la Commission Juncker qui parviendra mettre en musique toutes ces divergences, car sur le fond, demeure l'urgence. La Zone euro est dans une situation qui suppose un véritable plan Marshall, le plan d'investissements de 300 milliards paraît bien court pour parvenir inverser durablement la tendance. Certes, par effet de levier on devrait pouvoir démultiplier son effet, mais il faudra une coordination plus forte entre les états et les partenaires privés attendus pour cette opération. La Zone euro ne peut plus être ce maillon faible de l'économie mondiale, il faut augmenter la cohésion entre ses différents exécutifs, l'Allemagne ne peut continuer à défendre bec et ongle sa vision sur la politique budgétaire globale de la Zone euro, la BCE démontrant les limites de l'exercice qui suppose plus que jamais une politique concertée sur l'offre et la demande. A suivre...

















Photographies:© (DR) Tous droits réservés pour tous pays.


Finance Offshore © Copyright 2014 Tous droits réservés - Images may be subject to copyright.
Finance Offshore, premier site sur la Finance Offshore de l'espace francophone international

Finance Offshore © Copyright 2006 - 2017- Tous droits réservés- Images may be subject to copyright.