dimanche 21 septembre 2014

G20 Cairns: De l'évitement fiscal à la Zone euro, beaucoup de préoccupations!

Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE, Joe Hokeys Ministre du Trésor et des finances Australie.


Cairns le 21/09/2014- Croissance, tel est le leitmotiv de cet opus du G20, tous les ministres présents dans la sympathique station balnéaire de Cairns plus connue pour ses fonds marins n'ont qu'un objectif, faire remonter à la surface l'économie mondiale. Comme souvent dans tel cas, les délégations en profitent pour se mettre en accord sur la stratégie à trouver, plus propice à la détente qu'un rendez-vous de Davos avec le non moins célèbre Forum économique mondial, l'instance du G20 s'est fixée certains objectifs. « Bien sûr, tout ne sera pas décidé ou réglé d'un coup de baguette magique, de nombreux gouvernements sont enferrés dans des situations de réelle contrainte. Mais il n'est pas impossible qu'un certain consensus puisse encore se dégager. Il y a des urgences, et tout le monde est finalement assez d'accord pour avancer... » croit savoir notre éminente source qui nous cache pas que les discussions « ...font sens aux récentes recommandations de l'OCDE ou encore du FMI. », sur ce point, il est à préciser que Christine Lagarde est logiquement présente tout en ne manquant pas de dresser aux ministres des finances du G20 un panorama plutôt sombre et assez critique de la situation mondiale.



Christine Lagarde, Joe Hokeys.


Zone euro...

Les grands argentiers de la planète comprennent l'urgence, mieux et c'est assez rare pour le préciser, depuis le dernier sommet en Russie, certains faits sont venus confirmer un bon nombre d'inquiétudes. Est clairement visée la Zone euro « qui peine à se sortir d'une croissance jugée toujours plus anémique! », il faut dire que les européens ne sont pas vraiment à la fête, derrière les accolades et autres sourires de circonstance, une certaine tension est palpable dans les rangs de la délégation des ministres européens. Petite consolation, la victoire du non au référendum de l'Ecosse donnera un certain regain d'optimisme aux représentants européens « C'est vrai, ils ont eu chaud, le oui aurait ouvert une brèche assez dangereuse dans l'édifice européen, la délégation britannique est assez réduite, le chancelier de l'Echiquier et le gouverneur qui préside la banque d'Angleterre ont fait un passage éclair à Cairns, arrivés en milieu de semaine, ils sont vite repartis à Londres pour les résultats de ce référendum, on les comprend... » (…) « Encore heureux que le non soit acquis, sans quoi, il ne manquait plus que cela... » précise notre source.



Réunion de travail du G20 Australie, Ministres des finances.


Objectif fameux devenu fumeux...

Michel Sapin, qui repartira ce soir en France, n'est pas vraiment à la fête, le ministre français des finances sait que son pays vient de revoir ses prévisions à la baisse et profite de l'occasion pour raccrocher le wagon au train des mauvaises nouvelles de ce G20. Prenant fait et cause des annonces de l'OCDE qui vient d'abaisser à son tour les prévisions de croissance suite à la conjoncture européenne. Il précisera tout de go: « Ce G20 est dans une forme de contradiction depuis l’année dernière où nous avions fait l’inventaire des outils à notre disposition pour accroître le Produit Intérieur Brut (PIB) mondial de 2% supplémentaire d’ici à 5 ans (NDLR : Le ''fameux devenu fumeux'' objectif 2018). Notre réunion d’aujourd’hui intervient alors que la quasi-totalité des perspectives de croissance a été revue à la baisse ». Pour comprendre, c'est à Sydney, en février dernier, que le G20 s'était engagé à augmenter de 2% la croissance mondiale d'ici à 2018, par rapport à la tendance, on escomptait 0,5% de croissance en plus par an pendant quatre ans ou encore 2000 milliards de dollars de PIB en plus. Aujourd'hui, on est loin du compte, et les récentes nouvelles viennent plutôt casser le rêve. De L'OCDE en passant par le FMI, voir la BCE et la Fed aux Etats-unis, mis bout à bout, tous les indicateurs pointent que sans une politique globale d'investissements massifs, la spirale deviendra vite virale pour l'économie mondiale.


Relance...

D 'ailleurs, le ministre australien ne manque pas à sa réputation de pragmatique, pour lui, seuls les Etats-Unis ou l'Inde sortent la tête de l'eau, «Dans les autres pays du G20, tous les instruments visant à doper la croissance sont épuisés», constate le ministre libéral Joe Hockey: «Il faut être réaliste: les gouvernements n'ont plus d'argent pour faire de la relance budgétaire, et la politique monétaire a atteint ses limites au Japon et en Europe», pointe-t-il alors que d'autres s'inquiètent de certains premiers signes de contraction en Chine. Les 7,5 % de croissance ne seront peut-être pas atteints, mais le pays a des capacités de rebond en jouant la carte d'un plan de relance monétaire voir budgétaire. La Chine devrait bientôt annoncer un possible plan de relance d'envergure. L'Australie, qui a adopté en mai l'un des budgets les plus rigoureux de son histoire souhaite voir ses pairs prendre le train de la réforme, suggérant à ces derniers de s'attaquer aux problématiques du marché du travail pour libérer les énergies, toujours plus de concurrence sur les biens et services, une plus grande libéralisation du commerce, et bien sûr, des privatisations. Elle encourage à lancer des plans d'investissement massifs dans les infrastructures, «pour ne pas pénaliser les comptes publics, un plan d'investissements massifs financés par le secteur privé et non par l'argent public. » Car en Australie, les privatisations soutiennent l'activité et permet à l'état de renouveler ses différentes infrastructures, communication, rail, route et pas moins l'énergie avec les centrales, « Plus modernes, plus performantes. » Pour lui, au niveau mondial, on est loin du compte. « C'est un objectif ambitieux, compte tenu du ralentissement mondial, plus fort que prévu, et d'une perte de confiance généralisée», reconnaît M. Hockey. « Mais nous devons aller chercher cette croissance nous-mêmes, c'est notre priorité!», a lancé le ministre australien à ses collègues, qui devront présenter des plans de croissance détaillés et crédibles pour le G20 des chefs d'État, les 15 et 16 novembre prochain à Brisbane. De quoi donner un peu de baume au coeur de la délégation française, qui veut continuer son combat pour que l'Union européenne place la croissance et l'emploi « Aux devant de toutes les autres priorités. » Seul bémol, les délégations étrangères à l'Union européenne présentes trouvent le plan annoncé de 300 milliards proposé par le nouveau président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker « Plutôt court face à l'ampleur, on ne peut pas parler d'un véritable plan Marshall, mais il devrait permettre certains progrès... » croit savoir notre éminente source. La vérité, c'est que l'Allemagne est regardée d'un mauvais oeil, « Il ne faut plus se mentir, les européens vont devoir revoir leur copie, les allemands doivent faire plus d'efforts pour lâcher un certain lest, il faut remobiliser l'investissement privé en Europe. D'ailleurs les allemands eux-mêmes comprennent qu'ils sont proches d'un certain plafond de verre. Gérer les dépenses publiques, oui, mais ne pas encourager l'investissement privé, non! » croit savoir notre éminente source. Car il est remarqué que ce G20 peut mesurer assez facilement les efforts des pays excédentaires pour soutenir l'économie, Allemagne serait en retard de l'avis même du FMI qui pointe ainsi l'urgence de réformer en Zone euro. Pour récupérer de la croissance, il ne nous resterait donc plus qu'une chose à bien faire: « Des réformes structurelles et la libéralisation du commerce international», insiste M. Hokeys, ministre du gouvernement libéral conservateur australien de Tony Abbott, en place depuis à peine depuis un an.

BEPS...

Le mot d'ordre de l'Australie pour le G20 est simple: «Moins d'impôts, moins de régulation, plus d'entreprises et plus d'innovation.» En somme, un programme ultra-libéral classique qui contraste avec certains retards identifiés de la Zone euro pour relancer son économie, est-il besoin de préciser que la politique monétaire y atteint ses limites... Au regard de toutes les mesures présentées par les 20 pays membres du forum, il apparaît, comme le soulignent le Fonds Monétaire International et l’OCDE, que le PIB mondial pourra être accru de 1,5 point, voire 1,8 dans les prochaines années. D’autres mesures sont donc nécessaires pour atteindre les 2% escomptés. Un contraste assez flagrant avec un certain libéralisme débridé que l'OCDE souhaite voir plus encadré en s'attaquant au BEPS., Ces pratiques de l'évitement fiscal version ''Go fast'' de l'optimisation fiscale des sociétés qui déplacent leur bénéfice dans des états complaisants avec leur fiscalité ainsi adaptée sont dans le viseur du G20, l'OCDE propose des mesures pour combattre ces pratiques qui pénalisent l'impôt de l'état d'origine de ses sociétés et donc le privant des ressources utiles à son rebond. Angel Gurria, secrétaire général de l'OCDE a communiqué son rapport qui démontre les montages hybrides de ses sociétés et l'ampleur des pratiques de ces états qui organisent cet évitement fiscal à grande échelle. Des annonces précises sont attendues lors de ce G20 Australie...  





Pour comprendre BEPS...

Consultez notre récent article sur les dérives de l'optimisation fiscale et découvrez le plan de l'OCDE présenté au G20...














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