dimanche 7 septembre 2014

BCE: L'indépendance de l'institution n'est plus un tabou!


Mario Draghi toujours garant de l'indépendance de la BCE!


7/09/2014- C'est un débat qui gagne en ampleur, l'interprétation faite de l'indépendance de la banque centrale européenne commence à irriter plus d'un exécutif, « Ce n'est pas tant l'indépendance qui gène, mais bien l'interprétation qui est faite du Traité qui l'encadre. » croit savoir notre éminente source. Alors que certaines voix s'élèvent pour contester le cadre de réflexion des orientations de la BCE, des experts considèrent qu'il est utile de rétablir un certain équilibre. Loin de s'apparenter à une fronde, cette problématique récurrente gagne en ampleur, la croissance n'étant pas au rendez-vous, plusieurs fronts se sont faits jour cette semaine. « Il ne faut plus se mentir, il y a de nombreux exécutifs européens qui considèrent que la BCE va devoir écouter un peu plus les analyses des différents gouvernements, le collège des gouverneurs est garant de cette indépendance, mais finalement le pouvoir de la BCE semble être orienté par les mêmes quidams, et question bilan, on peut mesurer la pertinence de certains arbitrages. » insiste notre source. Il est vrai que dans certains conciliabules comme celui des chefs d'états, « Il y a des tensions très palpables sur le sujet, certains commencent à considérer certaines suprématies comme assez peu concluantes, elles instiguent une pression pour maintenir un certain cap, mais celui-ci semble étouffer les initiatives nouvelles. Un certain tropisme est perçu, il faudra peut-être revoir cet aspect avec la nouvelle commission qui s'est fixée pour logique objectif le retour à la croissance. » croit savoir notre source.


Croissance nulle...

Il faut dire que la Zone euro enregistre une croissance nulle pour le deuxième trimestre devait préciser vendredi l'office européen des statistiques Eurostat. La BCE s'est démontrée plus offensive pour inciter les banques à octroyer plus de crédits un baissant son principal taux directeur jeudi. (0,15% à 0,05%.) Cette décision a donc déjoué les attentes de nombreux analystes qui n'imaginaient pas telle offensive de la part de la BCE, il y a une dizaine de jours, le président de l'institution Mario Draghi s'était publiquement inquiété d'une dégradation des attentes d'inflation à moyen et long terme en zone euro et s'était dit prêt à "ajuster davantage" la politique monétaire. Les observateurs avaient vu dans ces propos un signal pour le lancement de mesures dites "non conventionnelles", c'est à dire plus qu'une nouvelle baisse de taux. La BCE aura déjà baissé son taux directeur six fois depuis 2012, la dernière fois en juin, à 0,15%. Le taux marginal est abaissé de 0,40% à 0,30% et le taux de dépôt, passé pour la première fois en territoire négatif en juin, de -0,10% à -0,20%, a précisé le porte-parole de l'institution de Francfort.En août, les premières estimations d'inflation indiquent que la hausse des prix a encore ralenti, à 0,3%, soit son plus bas niveau depuis octobre 2009 et le onzième mois consécutif sous la barre du 1%. Ce chiffre, très éloigné de l'objectif de la BCE d'une inflation proche de 2% mais inférieure à moyen terme, « Constitue une nouvelle déconvenue! » L'inflation dans la zone euro était à 0,4% en juillet et atteignait encore 1,3% il y a un an.


Juncker et l'Euro trop fort...

S'il est attaché à l'indépendance de la BCE, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker n'est plus contre des consignes à la Banque centrale européenne. L'ancien patron de l'Eurogroupe garde certainement le souvenir de certaines passes d'armes entre certains exécutifs européens et l'institution de Francfort. « Bientôt à la tête de la commission de Bruxelles, (novembre) celui qui termine tant bien que mal le bouclage de son tour de table des futurs commissaires, sort d'une certaine réserve pour s'aménager une fenêtre de tir. » instigue notre source. Bien sûr pour en connaître l'importance, il ne remet nullement en cause l'indépendance de la Banque centrale européenne, il veut juste avoir son mot à dire en cas d'euro trop fort. Sa feuille de route est précise, la nouvelle commission va devoir repositionner la politique de la commission sur le projet alliant croissance et emploi. L'ancien président de l'Eurogroupe a refusé de dire s'il pouvait y avoir des recommandations sur la politique des taux d'intérêts, ne pouvant pas communiquer publiquement sur la politique monétaire. Toutefois comme de nombreux chefs d'états, il ne manque pas de rappeler que le Traité autorise la Commission à proposer aux ministres des Finances de la Zone euro une orientation générale. Il assure dans son entretien que la BCE doit faire (aussi) ce qu'écrivent les ministres des finances...


La presse allemande acerbe!

La presse allemande monte au créneau contre l'activisme présumé de Mario Draghi, les éditorialistes n'ont visiblement pas la même grille de lecture que celle de la BCE. Les annonces relatives à la baisse des taux et le lancement d'un programme de rachat d'actifs ne passe pas en Allemagne. Sont clairement visés les états qui comme la France ou l''Italie qui se retrouvent dans le viseur de nombreux éditorialistes. On y parle de pays qui n'ont toujours pas de projet fiable et ne font toujours pas ce qu'ils devraient pour l'emploi, comprendre des réformes salutaires comme pour certains amortisseurs sociaux jugés contre productifs ou réorientation de leur économie vers la croissance. Justement, l'absence de croissance en Zone euro serait pour les journaux allemands la démonstration d'une politique jugée inadaptée et même dangereuse comme pour celle des milliards de liquidités injectés sur les marchés, l'achat massif des titres des dettes qui pour certains, porteraient le risque d'une nouvelle bulle pro-spéculative: « La BCE s’est vue reprocher d’agir trop timidement. La critique devrait désormais appartenir au passé. Avec cette combinaison jamais vue d’un taux de dépôt négatif et d’un programme massif de rachats d’actifs financiers, la BCE n’a rien à envier à l’envie d’expérimenter d’autres banques centrales », précise Die Welt ou encore plus avec ce cri d'alarme: « Mario Draghi doit être désespéré. On ne pourra pas reprocher au président de la BCE que sa promesse de sauver l’euro n’a pas été suivie de toutes initiatives imaginables. Malgré tout, l’euro n’est pas ‘sauvé’. Cela repose en première ligne sur des pays comme la France et l’Italie, qui n’ont pas utilisé le temps qui leur était offert. A Paris et Rome, on a repoussé à un horizon lointain les ajustements nécessaires des systèmes sociaux et marchés du travail, en étant pleinement confiants de recevoir la prochaine fois une aide de la BCE ». Comme le souligne le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Tous sont en accord pour considérer que les orientations de Mario Draghi ne trouveront finalement que pour variable d'ajustement le contribuable européen, la politique monétaire européenne serait ainsi « Surchargée de promesses qu'elle ne peut plus tenir! » Pour les éditorialistes allemands la solution pour la croissance repose bien « Sur les gouvernements et non pas la BCE! », comprendre que rigueur budgétaire et maîtrise des dépenses publiques sont les meilleure réponses toujours au programme pour entrevoir le retour à la croissance. Cette levée de boucliers démontrent que l'indépendance de la BCE n'est plus un sujet tabou, entre inquiétudes et réelles interrogations, il faudra peut-être s'intéresser à la redéfinition du cadre de l'interprétation du Traité. A suivre...















Finance Offshore © Copyright 2014 Tous droits réservés - Images may be subject to copyright.


Finance Offshore, premier site sur la Finance Offshore de l'espace francophone international.


Finance Offshore © Copyright 2006 - 2017- Tous droits réservés- Images may be subject to copyright.