mardi 5 août 2014

Banco Espirito Santo plombe son actionnaire français Crédit Agricole!

BES: "Banco Espirito Santo..." 
                                                  


5/08/2014- Après la déconfiture liée à la débâcle de sa filiale grecque Emporiki pour un montant total de -7,8 milliards d'euros- il y a à peine deux ans, la banque verte Crédit Agricole subit à nouveau de plein fouet la déconfiture d'une autre banque « du sud de l'Europe», cette fois-ci c'est Banco Espirito Santo (BES). Dans ce nouvel opus, l'actionnaire français voit ses bénéfices plonger à cause des sérieux déboires de la banque portugaise et ce malgré de bonnes performances opérationnelles.

708 Millions d'euros de pertes et dépréciation!

Crédit Agricole SA, entité cotée de la banque dégage un bénéfice net de 17 millions d'euros entre avril et juin contre 696 millions d'euros un an plus tôt. L'ensemble du groupe accuse une baisse de -49%  de son bénéfice, soit 705 millions d'euros avec l'apport des caisses régionales.

Le sauvetage de la faillite pour la BES passant par l'état portugais dans le cadre du nouveau mécanisme européen qui porte à conséquence directe -la perte totale- de l'investissement des actionnaires. Crédit Agricole à donc ramené la valeur de sa participation de 14,6% à zéro tout en assumant au passage une partie de la perte trimestrielle record de 3,57 milliards pour la BES. Selon la banque, hors éléments comptables et donc exceptionnels comme ceux liés à la BES, le Crédit Agricole aurait dégagé un bénéfice de 1,69 milliards d'euros et pour CASA un bénéfice de 1 milliard d'euros.

Au total, sur le plan purement comptable, l'impact de ces deux facteurs s'élève à 708 millions d'euros: 502 millions d'euros -au titre des pertes- et 206 millions d'euros au titre -de la dépréciation de la valeur de la participation-.


Structure de la BES.


Choix hasardeux?

La Banque du Portugal transforme la partie saine de BES en nouvelle banque qui se voit financée par l'état alors que les actifs toxiques sont laissés dans les mains de ses différents actionnaires. Aujourd'hui, la direction générale de CASA se pose de multiples questions sur la famille Espirito Santo, alors que des actionnaires s'interrogent sur la stratégie opérée par la banque dans cette relation d'affaires. L'aventure pour Crédit Agricole devait commencer dès le début des années 80, pour en avoir été un partenaire de la famille Espirito Santo et s'imposer directement en 1990 dans le capital de la banque « familiale », puis s'étant désengagé dès 2012 dans le cadre d'un recentrage de ses actifs. Fin 2013, après une première dépréciation de 267 millions d'euros, les parts de la banque verte dans la banque portugaise étaient valorisées à 816 millions d'euros. L'augmentation de capital de la BES au printemps a toutefois permis de limiter l'impact, entraînant une logique dilution de la participation de la banque française.


Boîte de pandore?

Du côté portugais comme du côté français, les différentes parties n'ont visiblement pas la même grille de lecture sur les origines de la déconfiture de l'empire bancaire BES. Pointe la possibilité d'une véritable boîte de Pandore. Différentes soupçons pèsent sur les multiples entités de la banque BES présentes au pays, mais aussi à l'étranger. A Luxembourg les entités sont elles mêmes visées par différentes procédures ou enquêtes en cours. Du côté de Crédit Agricole on semble ne pas exclure une issue judiciaire dès lors que les enquêtes actuelles porteront leurs premiers résultats. Le directeur général de CASA, Jean-Paul Chifflet, lors d'une conférence téléphonique, s'est voulu visiblement serein et rassurant sur l'impact de cette nouvelle déconfiture alors que des actionnaires réfléchissent à la possibilité de se constituer en comité de réflexion, un autre dossier sensible devant être tranché aux Etats-Unis. Il s'agit de l'implication de la banque française dans le non respect présumé de l'embargo de transferts en dollars avec certains états terroristes sous embargo. Comme pour la BNP, Les autorités américaines devraient se prononcer prochainement sur les modalités retenues pour sanctionner les différentes infractions relevées. Crédit Agricole considère ne pas devoir faire l'objet de sanctions aussi fortes que BNP Paribas, et semble au passage escompter une issue moins coûteuse. Le groupe a par ailleurs indiqué que son dossier concernant d'éventuelles infractions à la loi sur les paiements en dollars aux Etats-Unis avait été transmis aux autorités américaines, mais les dirigeants de CASA ont assuré que les risques encourus par leur établissement « ...étaient bien moindres. »

Trompés par une famille?

Le directeur général de CASA, Jean-Paul Chifflet, lors de sa conférence téléphonique a balayé tous les soupçons qui pèsent sur la stratégie de la banque dans sa relation avec la banque portugaise BES: « Il va de soi que nous soutenons l'action qui est aujourd'hui celle de la Banque du Portugal. Comme elle nous ne pouvons que déplorer d'avoir été trompés par une famille avec laquelle le Crédit Agricole avait essayé de créer un vrai partenariat pour construire la première banque privée du Portugal », tout en prévenant que son groupe resterait disponible à d'éventuelles poursuites: « Nous en tirerons toutes les conséquences, notamment dans le cadre des actions qui sont ou seront ouvertes par le nouveau management du BES, qui a fait savoir qu'il étudiait l'engagement de poursuites. Nous nous y associerons et prendrons les dispositions utiles à la défense de nos intérêts », a-t-il poursuivi.

Impact limité.

Le groupe n'exclut pas d'aller en justice quand les résultats des enquêtes en cours seront connus. Auparavant, M. Chifflet a notamment assuré que la situation de BES « n'avait pas d'impact sur le ratio de solvabilité de CASA et un impact limité à 7 points de base (0,07 point de pourcentage) sur le ratio du groupe. » CASA a effectivement renforcé son ratio de fonds propres durs, calculé selon les nouvelles normes de Bâle III, à 9,9% fin juin, tout comme le groupe dans son ensemble (12,3%). « Nous sommes sereins face aux exercices européens de revue de la qualité des actifs bancaires et des tests de résistance qui vont être menés auprès des principaux établissements », devait préciser M. ChiffletAu niveau opérationnel, l'activité a été soutenue notamment par la croissance de la banque de financement et d'investissement (BFI), de l'assurance et de la gestion d'actifs. « Nos résultats sont satisfaisants et en ligne avec notre plan moyen terme alors même que l'environnement est plus dégradé que ce que nous avions envisagé », a estimé le directeur général avant de conclure sur le risque du dossier américain concernant d'éventuelles sanctions à la loi sur les transferts en dollars. A suivre...



















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