vendredi 1 août 2014

Argentine: Dernier tango pour la dette?


Le ministre argentin Alexis Kicillof, va devoir trouver des partenaires...

1/08/2014- Troisième économie d'Amérique Latine, avec 30% d'inflation et un important déficit , l'Argentine n'est pas parvenue à trouver un accord avec certains fonds spéculatifs américains sur le remboursement de sa dette. Qualifiés de «vautours », ces fonds l'ont acculée. L'agence Standard and Poor's vient d'abaisser la note de l'Argentine d'un cran, le pays est aujourd'hui considéré en « défaut spéculatif. » Cette annonce vient augmenter la pression. Bien que disposant de sérieux atouts pour sa résilience, le pays se trouve à présent directement à la merci de certains de ses créanciers. Aujourd'hui, l'Argentine explore une nouvelle situation hautement risquée. « Mais elle se doit être relativisée, des solutions existent, une issue par le haut devrait permettre de limiter l'impact d'une décision de justice assez ciblée... » croit savoir notre source à Paris.

Pas de panique!  

C'est la deuxième fois en 13 ans que le pays se trouve en défaut de paiement, l'Argentine devrait subir cette nouvelle crise avec moins de panique que le précèdent opus en 2001. Avec un accord global assez rapide, l'impact sur l'économie de l'Argentine restera limité. La santé économique du pays n'a rien à voir avec celle de 2001, au contraire, elle porterait « les bons signes d'une résilience acquise, il y a des ajustements et potentiels énormes, le tout étant de s'y atteler. » complète notre source. Sur le remboursement de ses emprunts, « L'argent est disponible » insistait Alexis Kicillof lors d'une conférence de presse, au passage, un ministre de l'économie ne déméritant pas de vouloir trouver la meilleure issue pour son pays...

Jugement...

Pour Thomas Griesa, le juge américain, la vison du dossier est bien différente! Sollicité par deux fonds, il n'a pas souhaité trancher à la faveur du plan proposé par les autorités du pays. Pour comprendre la situation actuelle, il nous faut revenir en 2001, à cette époque tourmentée, le pays contracte des emprunts afin de restructurer sa dette abyssale. Pour grande part, les créanciers de l'Argentine acceptent une « décote » de la dette (certaines sources évoquent jusqu'à 70%). 93% suivent cette « logique globale » de sauvetage, hors deux fonds qui représentent qu'une infime partie de la dette, préfèrent exiger un remboursement total de leurs titres. Détenteurs de moins de 1% de la dette concernée, ces fonds exigent un remboursement -total- de leurs titres, soit une somme de 1,3 milliards de dollars! (769 millions d'euros). Le juge américain n'a pas accédé aux demandes du gouvernement argentin, refusant le sursis à exécution du jugement qui lui aurait permis de payer sans s'exposer à de potentielles poursuites des autres créanciers. Le délai buttoir était jeudi, l'Argentine ayant contesté cette décision après un délai de 30 jours. Après le jugement de Thomas Griesa en charge du dossier depuis dix années, l'Argentine souhaite porter la question au niveau des instances judiciaires internationales pour y faire "valoir ses droits". « Si le juge est un agent des fonds spéculatifs, si le médiateur judiciaire est un agent à eux, de quelle justice parle-t-on ? Il y a dans cette affaire une responsabilité de l'Etat, des Etats-Unis, qui doivent garantir les conditions d'un respect sans restriction de la souveraineté des pays.» devait dénoncer Jorge  Capitanich, chef du gouvernement argentin suite à la décision du juge de New-York. L''agence de notation Standard and Poor's devait signifier une situation de « défaut sélectif », l'agence explique que sa notation signifie que "l'emprunteur n'a pas honoré une certaine partie de ses obligations ou une émission spécifique mais qu'il -continue de payer- ses autres types d'emprunts dans les temps". « Et ce bien sûr, même si ces fonds vautours concernés par la procédure ne représentant que 1% du total de la dette concernée! Chacun comprendra l'objectif que sous-tend une telle annonce... » complète notre source.

« Fonds Vautours »

Aurelius et NML Capital (d'un milliardaire républicain américain.) seraient considérés par certains observateurs comme deux fonds « vautours »... Selon des experts, les « fonds vautours » gagneraient de l'argent « ...avec une spécialisation d'achat de dette à très bas prix, misant plus sur la potentielle plus-value liée à cette opération financière. » croit savoir une autre source. Leur objectif est de réaliser une plus-value sur ce rachat, souvent à l'aide d'une action en justice. Du fait d'autres observateurs, cette expression de « Vautour » prenant ainsi tout son sens avec la décision du juge américain ayant abondé dans le sens très précis de la requête de ces mêmes fonds. D'ailleurs, le juge Thomas Griesa leur ayant donné raison en ordonnant à l'Argentine de régler les 1, 3 Milliards de Dollars! Axel Kicillof, le ministre de l'Economie argentin, estime que le pays n'est pas en défaut, « Ce n'est pas un défaut, un jugement controversé ne nous laisse pas payer nos créanciers comme nous l'avons toujours fait! » a-t-il estimé. Contrairement à l'épisode précédent de 2001 qui avait vu Buenos Aires faire défaut sur la totalité de sa dette, il ne s'agit cette fois-ci que d'un défaut « partiel » sur un montant relativement minime, 539 millions de dollars pour l'État qui voulait payer. Les discussions à New York ont rapidement tourné court. Les fonds "vautours" et le juge Thomas Griesa ont mis en avant que l'Argentine « devait respecter la loi des Etats-Unis et appliquer un jugement lui ordonnant de payer! ». L'Argentine instigue que si elle s'exécute, elle viole une clause figurant dans les contrats de la dette restructurée en 2005 et 2010 libellés à New York, spécifiant que tous les créanciers doivent bénéficier des mêmes conditions de remboursement. Au terme de l'échéance le juge a finalement exprimé vendredi d'autres exigences, bloquant ce paiement et ordonnant à l'Etat de payer d'abord les 1,3 milliards de dollars... aux deux fonts! « Le pays risque de voir s'éloigner des capacités d'investissements utiles à son développement, la perspective de voir l'Argentine se financer sur les marchés internationaux des capitaux, dont elle est exclue depuis sa faillite en 2001 en sera donc rendue encore un peu plus compliquée, l'effet de contrainte sera cependant moindre pour le pays. » (...) « Les investisseurs ne partagent pas tous la grille de lecture liée à la procédure en cours! » (...) « Il ne faut pas tout mélanger, les indicateurs économiques sont meilleurs et des potentiels sont encore présents, il faut activer cette mécanique, le signal de la conséquence de cette décision de justice est donc à relativiser.. » Instigue notre source. Du côté de Washington, on relativise cette décision, la directrice générale du FMI Christine Lagarde a pour sa part minimisé l'impact d'un défaut. « Même si un défaut est toujours regrettable, nous ne pensons pas qu'il aura des conséquences majeures en dehors. » du pays, a-t-elle estimé.

Espoir!

Selon différentes sources, des possibilités sont envisageables pour trouver une issue assez rapide. Un montage permettrait via différentes banques privées connexes d'Amérique Latine d'envisager d'aider l'Argentine, achetant dans un premier temps les créances des dettes du gouvernement aux deux fonts et s'arrangeant au passage avec l'état pour y formaliser et rembourser l'opération. Une telle issue pouvant permettre d'éviter une situation de précèdent et garderait à bonne distance les autres créanciers. Dans une missive adressée au Congrès, différents économistes américains ont estimé que "le jugement bloquant tout paiement de l'Argentine à 93% de ses créanciers pourrait causer des dégâts économiques inutiles au système financier international et aux intérêts des Etats-Unis, de l'Argentine"...  A suivre.
















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