mercredi 9 juillet 2014

UE: Jean-Claude Juncker donne des gages avant le grand oral!



Jean-Claude Juncker, futur président de la Commission et bâtisseur de ponts pour réunir l'Europe...



Bruxelles le 9/07/2014- Le futur président de la Commission de Bruxelles n'en finit pas de donner des gages à tous ceux qui souhaitent le voir comme le chef d'un exécutif de la réforme. « Jean-Claude Juncker n'esquive aucun sujet! Y compris ceux qui pourraient tenter l'embarrasser...», vous lui parlez évasion fiscale, il vous répond que sa commission prendra la juste mesure du dossier, y compris pour les pays qui devront amplifier leurs efforts « pour se mettre à la page! », message subliminal pour le Luxembourg actuellement visé par cette même commission « pour rétention d'informations sur le statut des aides fiscales au bénéfice de multinationales installées au Grand-duché...» précise notre éminente source à Bruxelles, on pensera peut être ici à ce dossier encombrant d'Amazon.com qui tient siège à Luxembourg.


Emploi, croissance...

«Vous évoquez le besoin d'équilibre entre les différentes forces politiques dans la future commission, il vous rétorque aussitôt vouloir laisser une place de commissaire à l'économie à un candidat issu des rangs socialistes ! », occasion d'intégrer la feuille de route des socialistes européens qui « souhaitent une commission qui travaille pour l'emploi, la croissance, et '' lâche'' du lest sur les questions épineuses de l'austérité», sur ce point Jean-Claude Juncker précise que la gestion de la crise a manqué « d'un volet social pour accompagner les peuples », comprendre que l'urgence s'est imposée comme un certain focus « assez autistique. » Même détermination et ouverture d'esprit sur la parité, il veut que les états « lui proposent des femmes à la fonction. » Vous pensez qu'il est trop fédéraliste, comme nous l'a répété ou plutôt martelé un David Cameron, il vous répondra que certes, bien plus jeune, « avant même la naissance de David Cameron premier ministre britannique...» qu'il croyait en « cette Europe d'un modèle fédéral », et ce comme « beaucoup  de gens comme très progressistes de sa génération. »


Président du changement!

Jean-Claude Juncker tente faire mentir tout un pan de contestataires, lui même se revendique comme le futur « président du changement » , qui s'en plaindra? Peu de gens souhaitent un président de la Commission qui puisse refléter les seules thèses programmatiques de l'aile conservatrice du parlement européen, «C'est un président qui devra maîtriser le compromis, sa feuille de route est bien celle d'un grand chantier de la réforme. Les institutions se doivent écouter le désamour grandissant qui gagne tous les peuples. L'idée d'un pouvoir centralisateur en vase clos est derrière nous, aujourd'hui, il faut jouer collectif! Jean-Claude Juncker est reconnu pour son entremise diplomatique, vérifiée à maintes reprises lors des différents franco-allemands. (…) Il faudrait une Commission qui se débarrasse des lobbyismes de tous poils, en tous cas dans leur configuration actuelle. En partie déjà réglementée, cette pratique fait force d'immixtions parfois très controversées. Nous devons protéger nos institutions, l'actuel scandale lié au président sortant soulève de logiques interrogations sur les porosités du système actuel. Pour l'Eurogroupe une présidence fixe avec moyens renforcés est clairement souhaitée, mais il faudra faire plus encore sur des dossiers comme la justice, l'énergie, et la politique des aides de l'Union européenne. (…) Nous autres parlementaires remarquons certains écarts qui ne trouvent plus aucune justification rationnelle, la péréquation a du plomb dans l'aile.(...) Subsistera au calendrier du futur président de la commission, le risque d'une sortie de nos amis britanniques, ils comprennent bien que la pression joue actuellement en leur faveur, mais ils ne doivent pas croire que nous allons donner un blanc seing à toutes leurs requêtes, l'objectif visé de L'UE est un partage entre deux écoles, l'intégration en mode pur player et la capacité à des états de co-exister sur des voies parallèles dans un calendrier avec un rythme différencié. Londres met en avant ses exceptions pour ne pas devoir participer à toutes les politiques communautaires, mais à ce jeu, le signal envoyé serait clairement catastrophique, le noyau dur franco-allemand serait à l'origine de cette amplification des préoccupations de la Grand-Bretagne, seul un traitement équitable des institutions devrait pouvoir encore éviter l'écueil d'une sortie des britanniques, ils ont un rôle spécifique, mais ils sont en droit de penser que les allemands manquent parfois de renvoyer la balle à leurs alliés qui rament aussi pour la croissance et l'emploi... » nous précise un parlementaire européen sous couvert de l'anonymat. C'est un assez bon résumé de tout ce qui attend la future commission du luxembourgeois Jean-Claude Juncker, visiblement disponible à de multiples concessions. 


Flex sécurité...

D'ailleurs ce n'est pas connaître Jean-Claude Juncker pour l'imaginer dans l'image assez tronquée des seuls britanniques ou se compte la plus grande masse contestataire. Le futur président a reconnu les manques sur la gestion sociale de la crise financière internationale et donc au sein de l'UE, « Il faudra vérifier et évaluer toutes les conséquences sociales sur un programme comme celui trop court pour les aspects sociaux. » répondant à des parlementaires d'états du Sud de l'Europe. Mettant son analyse sur le compte d'une gestion de l'urgence (à ce niveau) « ...sans précèdent dans l'histoire de l'Union européenne. » pour évoquer l'image « du sauvetage d'un avion en flamme avant l'écrasement » ou possible crash à éviter. C'est un peu la grande leçon que souhaite conserver à l'esprit le futur président de la commission, il n'imagine plus une politique sans « flex sécurité », comprendre l'accompagnement indispensable des peuples confrontés à la crise ou ses plus proches conséquences... L'idée étant bien d'axer un programme vers la croissance, « une action sur ses différents ressorts tout en activant une politique plus progressiste sur l'initiative économique. » Jean-Claude Juncker devra maîtriser les griefs de nombreux états, il faut cependant pour l'ancien patron assez vertueux de l'Eurogroupe, « conserver la bonne maîtrise des dépenses publiques », c'est à dire les efforts que font les états « pour assainir leur dépense publique et dégager les ressorts utiles à la croissance» Certains souhaitent des délais, cette hypothèse réfutée par les allemands n'a pas de sens si «l'Union européenne n'offre pas une contrepartie efficace aux peuples. » Il faut s'atteler à la définition « d'un accompagnement des peuples, et d'une plus juste et donc efficiente capacité de rebond offerte à tous les états. » Mais n'oublions pas que la commission n'est que « le reflet des états », il faudra que Jean-Claude Juncker s'impose comme « une force de propositions » et non pas comme simple « chambre de compensation » de ces mêmes états. Pour l'heure, le luxembourgeois semble bien préparé à cette mission qui lui confère un tout premier rôle dans le devenir de l'Union européenne... plus ou moins fédérale!


Réactions des groupes politiques...








Communiqué du Parlement Européen

M. Juncker défend sa candidature à la tête de la Commission devant les députés

Communiqué de presse - Institutions − 10-07-2014 - 11:16






Les groupes politiques du Parlement européen ont questionné le candidat à la présidence de la Commission, Jean-Claude Juncker, mardi et mercredi en perspective du vote sur sa nomination prévu en plénière le 15 juillet. M. Juncker a demandé plusieurs réunions avec les députés afin de tenter de gagner le soutien du Parlement pour son élection et de rassembler une majorité en faveur de son programme.

Les députés tiendront un débat en plénière, le 15 juillet à Strasbourg, en présence de M. Juncker, avant le vote sur sa nomination au poste de Président de la Commission européenne. M. Juncker aura besoin d'une majorité d'au moins 376 députés pour être élu.

M. Juncker a rencontré les groupes S&D, ECR et ADLE mardi, ainsi que les Verts et les groupes GUE/NGL, PPE, EFDD mercredi.



Réactions des groupes politiques


Le président du groupe PPE, Manfred Weber, a affirmé: "Il est important que l'Europe se remette au travail sur base de réforme solide. Jean-Claude Juncker a clairement fait savoir aujourd'hui que, sous son leadership, la Commission européenne se montrerait ambitieuse et aurait un programme clair. Nous sommes certains qu'une large majorité se dégagera en faveur de M. Juncker la semaine prochaine au Parlement européen. L'élection du nouveau Président de la Commission représentera un tournant pour l'Europe. Elle apportera davantage de transparence et de démocratie sur la scène politique européenne. L'élection de Jean-Claude Juncker représente le premier succès du PPE pour les cinq prochaines années. La prochaine étape consistera à poursuivre les réformes".

Faisant part de ses commentaires sur l'audition, le président du S&D, Gianni Pittella, a déclaré: "Ce fut une réunion positive et utile mais pas entièrement satisfaisante. (...) Nous sommes heureux de savoir que le prochain commissaire en charge des affaires économiques et monétaires sera un membre de la famille socialiste et démocrate. Il s'agit d'une bonne nouvelle. Cependant, nous demandons davantage de clarté et de détails sur une "meilleure utilisation" des instruments de flexibilité énoncés dans le Pacte de stabilité et de croissance". "Les négociations viennent de débuter. Nous n'allons pas nous arrêter ici. La décision finale du groupe S&D sur son éventuel soutien à M. Juncker n'a pas encore été prise. Nous poursuivrons notre débat la semaine prochaine à Strasbourg, avant le vote final de mardi".

Après la réunion, le président de l'ECR, a affirmé: "Le groupe a mené un bon débat avec M. Juncker et nous pensons qu'il existe de nombreux domaines sur lesquels nous pourrons travailler avec lui s'il est élu". "Cependant, nous ne pouvons pas cautionner le processus qui a amené M. Juncker à ce stade. Nous estimons qu'il s'agit d'un glissement de pouvoir des États membres vers le Parlement (...). Nous espérons avoir tort, mais en se basant sur le processus et cet échange de vues, nous ne pourrons pas soutenir M. Juncker la semaine prochaine".

Le groupe ADLE a fait une déclaration publique après l'audition avec M. Juncker: "Le groupe ADLE a décidé de participer à une majorité pro-européenne au Parlement. Cette majorité est essentielle pour soutenir un leadership européen solide, afin de promouvoir un programme pro-européen et progressif, au vu des groupes populistes et anti-européens qui existent désormais au sein du Parlement. Cependant, notre soutien pour M. Juncker ne sera pas simplement déterminé par ses excellentes qualifications pro-européennes. Notre soutien dépendra également du contenu de son programme et de la représentation plus ou moins importante de notre famille politique au sein de l'exécutif de l'UE, et ce afin que nous ayons la capacité de mettre en œuvre nos priorités".

La présidente du groupe GUE/NGL, Gabi Zimmer, a affirmé: "Les priorités de M. Juncker ne répondent pas à notre vision de l'avenir de l'UE. Alors qu'il semblait critiquer certaines des politiques sévères menées ces dernières années par les dirigeants européens - comme la nature non démocratique de la Troïka -, il n'a pas voulu les abandonner ni proposer de réel changement par rapport à ces échecs. Ce n'est tout simplement pas suffisant, alors que la lutte contre l'austérité et ses conséquences dévastatrices sur des millions de citoyens représente sans aucun doute le principal défi de notre époque. Nous avons également souhaité des garanties sur l'accord commercial TTIP qui est actuellement en cours de négociation, mais nous avons été déçus par les réponses reçues".

Après l'audition avec le groupe des Verts/ALE, les co-présidents Rebecca Harms et Philippe Lamberts ont affirmé: "M. Juncker a dit vouloir construire une coalition pro-européenne aussi large que possible, et cette déclaration a été bien accueillie. Il est clair que nous venons de milieux politiques différents, et toutes ses réponses n'ont pas reflété notre de vision de l'UE, mais nous avons également des points communs. Les députés de notre groupe doivent désormais décider comment les projets de M. Juncker concordent avec nos priorités pour les cinq prochaines années".

Le co-président du groupe EFDD, Nigel Farage, a déclaré: "Nous saluons le fait que M. Juncker ait décidé de se présenter devant le groupe le plus euro-critique du Parlement européen et de débattre avec nous. M. Juncker a montré qu'il était totalement coupé de la réalité en affirmant que les flux migratoires dans l'UE représentaient une "question marginale". Par ces propos, il ne fera que pousser le Royaume-Uni vers une sortie de l'UE. Il nous a également choqués et essaye clairement de séduire les sceptiques au Parlement en niant l'existence d'un peuple européen. Cela va à l'encontre de tout ce que j'ai entendu ici après avoir été député ces 15 dernières années".



REF. : 20140709IPR51970


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Auteur Article: Didier REMER
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