vendredi 4 juillet 2014

''Le Temps'', le grand journal suisse face à ses nombreux défis!


En Suisse comme à l'étranger, personne n'imagine un "Demi Temps"...


04/07/2014- Comme d'autres pays, la Suisse connaît des mutations dans son paysage médiatique, si un exemple doit retenir toute notre attention, c'est bien celui du journal « Le Temps ». La nouvelle structuration du capital de la société éditrice ER Publishing SA (ERP) par le groupe Ringier SA fait l'objet de multiples réserves de la part de la Société des rédacteurs et du personnel (SRP) . Comme souvent en tel cas, les inquiétudes de ceux qui font un journal de qualité sont clairement justifiées.


Position stratégique...

Le tour de table du nouvel actionnaire principal, le groupe Ringier SA pointe une nouvelle organisation pour laquelle le personnel refuse logiquement de devenir une future variable d'ajustement. « Le Temps a vu le jour en 1998, issu de la fusion des quotidiens le Journal de Genève et la Gazette de Lausanne avec Le Nouveau Quotidien. Paraissant du lundi au samedi en version papier, il informe ses 109 000 lectrices et lecteurs (MACH Basic 2014-1) sur toute l'actualité politique, financière et culturelle par des analyses et des contenus à forte valeur ajoutée. Le tirage de ce journal de qualité de la Suisse romande s'élève à 39 716 exemplaires (REMP 2013), et l'offre numérique payante du Temps atteint plus de 333 000 clients uniques par mois (NET-Metrix, mars 2014).  » précise le communiqué du groupe de presse Ringier Sa, qui par ailleurs devait obtenir une décision favorable de la COMCO (commission de la concurrence) pour la reprise complète de la société mère du Temps, ER Publishing Sa dont la stratégie sous tendait la validation du rachat des parts du groupe Tamedia. Avec ce journal de qualité à la longue tradition, Ringier souhaite renforcer sa position stratégique en Suisse romande et enrichir la voilure de certains titres francophones (L'Hebdo, L'illustré, TV8 et Edelweiss). Dans un récent communiqué, Ringier Sa explique l'objectif ainsi visé: « Lorsque le rachat pourra être effectif, elle se présentera comme suit: 92,4 % seront détenus par ER Publishing (dont l'ensemble du capital appartiendra à Ringier SA), 3,% par le banquier genevois Claude Demole, 2,4 % par la Société des Rédacteurs et du Personnel du Temps et 2,1 % par la Société éditrice du Monde (SAS). »  Le groupe Ringier SA précise par ailleurs « ...que [pour l'instant] l'actionnariat du quotidien n’intégrera pas, l'organisation privée Le Cercle des amis du Temps » cependant seraient toutefois conservés de précieux liens « ...avec les deux présidents du Cercle, sont cités Olivier Vodoz, ancien Conseiller d'État genevois, et Charles Kleiber, ancien Secrétaire d'État. » indique un récent communiqué du groupe.



Les défis du Temps...

Un actionnaire se doit calibrer au mieux sa stratégie, il lui faut donc en général faire des arbitrages, dans les médias, ils sont souvent l'occasion d'une fusion des rédactions de titres ou encore de personnels pour limiter les coûts. C'est tout l'art de l'actionnariat prétendu responsable, lui qui doit assurer l'avenir de l'entreprise et donc sa viabilité économique. La dématérialisation de la presse écrite, comprendre le passage indispensable du seul support papier aux différents supports électroniques instigue une refonte des forces en présence. Ne subsisteront que les groupes capables de préparer cette indispensable mutation. Si deux entités sont capables de co-exister, le choix est d'autant plus clair si les finances suivent. Bien souvent ce n'est pas ou plus vraiment le cas, là ou certains font de la diversification, finalement elle ne passe que si et seulement on serre les rangs. « Pour ''Le Temps'', c'est un pari sur l'avenir, en France, les médias sont largement soutenus par l'état qui abonde en aides diverses, c'est la garantie d'une pluralité de l'information et donc de l'opinion. » La Suisse fait figure d'une édifiante démonstration de cette problématique, comprendre trouver un point d'équilibre entre barrières linguistiques, culturelles et donc pas moins politiques. La gestion de la crise du « Temps » se devra le  bon curseur pour voir comment nos amis suisses défendent leur presse. Il faudra un projet entrepreneurial en capacité de lever tous les doutes actuels, ils sont très importants, on pensera ici à des journalistes qui craignent à juste titre la fin d'un modèle éditorial dont la réputation dépasse largement les frontières du pays. Le Cercle des Amis du temps a posé les bases d'une réflexion efficiente sur la stratégie d'ensemble pour préserver la valeur ajoutée d'un grand média francophone pour la Suisse.


Pas de ''Demi-Temps!"...

Convaincu de la pérennité d'un journal qui suppose des investissements à la hauteur des nombreux défis qui l'attendent, le Cercle devait pointer que l'urgence est bien réelle. Depuis quelques semaines, elle est d'autant plus palpable, nombreuses personnalités suisses ou étrangères s'inquiètent du devenir des négociations en cours. « Personne n'imagine un ''Demi-Temps! ''» insiste notre source à Genève. Pour Finance Offshore, antithèse bienveillante et donc pas moins auto assumée du journalisme professionnel qui sert souvent avec qualité sa réflexion, il est important de préserver les qualités émérites de ce fleuron de l'information. Pour en être incomprise, la fusion possible des rédactions de ''L'Hebdo'' avec celle du ''Temps'' soulève la question d'un élan scabreux de verticalité purement financière et même pour certains observateurs, une option qui semble encore bien risquée. « Cette possible fusion n'a même pas le mérite de répondre à une structuration capitalistique bien pensée. Loin de nous l'idée de contester toutes formes de synergies utiles, mais faut-il encore qu'elles soient en capacité de faire sens aux nombreux acquis d'un si grand journal. C'est donc pour ces très bonnes raisons, que nombreuses personnalités suivaient l'appel du Cercle des Amis du Temps.» complète notre source à Genève. Le Cercle avait mobilisé de nombreuses personnalités dans son appel: "En devenant l’actionnaire  quasi  exclusif  du  Temps,  le  groupe  zurichois  Ringier  a  pris la responsabilité d’un titre essentiel à la Suisse romande. Le Cercle des Amis du Temps et les signataires de son Appel, plus de 700 personnalités romandes issues des milieux politiques, économiques et académiques, attendent désormais de connaître le sort qui sera réservé à leur quotidien et  à son site.  Ils  expriment  également leur sympathie pour les journalistes et toutes les équipes du Temps qui ont vécu des mois difficiles depuis la mise en vente du titre par  Ringier  et Tamedia  le  8  octobre  dernier,  et  qui  vont  sans  doute  au  devant  de bouleversements majeurs."  devait pointer Le Cercle des amis du temps dans un récent communiqué.



Donner du temps au temps...

« L'homme a inventé la montre, mais Dieu a inventé le temps! »  Mes nombreux amis Romands me pardonneront ce trait d'humour qui semble  bien résumer l'état d'esprit qui devrait prévaloir à certains esprits présumés bien pensants. Mais la bonne nouvelle pour "Le Temps" est qu'après de longs mois d'incertitudes, le journal est toujours présent dans nos kiosques. La commission d'enquête en cours devra encore donner son dernier quitus  « Jusqu'à la fin de l'enquête menée par la Commission de la concurrence, aucune décision ne sera prise concernant une éventuelle réorganisation ou un possible déménagement de la rédaction du Temps.» devait rassurer l'actionnaire. En Octobre dernier, Ringier et Tamedia avaient mis en vente ''Le Temps'', désireux de trouver un acquéreur extérieur, en cas d'offre insuffisante ou peu convaincante, subsistait la solution du rachat de la participation d'un des partenaires par l'autre. Le choix de Ringier et non pas de Tamedia pour racheter ''Le Temps'' s'explique notamment par les difficultés qu'aurait rencontrées Tamedia auprès de cette même Commission de la concurrence (Comco) notamment s'il avait mis la main sur le quotidien, lui qui contrôle déjà d'autres titres comme ''Le Matin'', ''20 Minutes'' (Équivalent de l'Essentiel au Luxembourg du même groupe), la ''Tribune de Genève'' ou encore ''24 Heures''. Ces journaux sont construits sur un modèle ''en tronc commun'' avec une déclinaison purement locale, comprendre économies d'échelle. Pour l'heure, "Le Temps" se doit réorganisé, son modèle est d'un genre premium, ancré dans la Romandie, il devrait rester à Genève ou peut-être partir vers Lausanne, certains évoquent cette mutation comme toujours possible.(Mais jamais à Zurich!) Par ailleurs,  Ringier se veut rassurant, la fusion des deux rédactions, (avec L'Hebdo) ne serait pas pour autant décidée. Le quotidien Romand continuera d'être imprimé par Tamedia jusqu'à la fin de 2016. Souvent cité en exemple, "Le Temps" est une institution, équivalent du journal "Le Monde" en France, il s'est imposé comme une référence sur la scène internationale, très apprécié par les diplomates ou les acteurs de l'économie mondiale, son modèle et celui du CSp+ (comprendre cadres supérieurs et plus). Son passage aux supports numériques est convaincant, l'actionnaire devrait lui permettre de capitaliser sur cette indispensable étape, sont évoquées des synergies avec d'autres médias Romands. Cet exemple de rapprochement dans la presse écrite n'est pas isolé, de nombreux titres sont en phase de réorganisation. A suivre...



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