mercredi 11 juin 2014

France: Laurence Boone, nouvelle conseillère affaires économiques et financières de l'Élysée.


 Laurence Boone rejoint la task force de François Hollande!




11/05/2014- Le président Hollande, "président du changement" semble vouloir faire mentir tout un pan de l'establishment parisien. Après un constat amère sur le manque de lisibilité de sa politique économique, François Hollande veut réarmer la stratégie de son action, pas moins celle de son gouvernement. Après différents échecs électoraux et un récent remaniement gouvernemental, le président français recompose son équipe de conseillers pour mieux la transformer « en véritable task force. » Pour cette salutaire mission, il s'est adjoint les services d'un nouveau conseiller aux affaires économiques et financières, son choix s'est porté sur Mme Laurence Boone, 45 ans, ex-directrice des études économiques pour l'Europe de Bank of America Merrill Lynch et ce depuis 2011. Siégeant au conseil d'administration de Kering, (François-Henri Pinault), Mme Boone enseigne à Sciences Po et collabore régulièrement au Conseil d'analyse économique (CAE), l'instance qui conseille également le Premier ministre.


Pragmatisme...

Diplômée d'un DEA « Modélisation et Analyse Quantitative » de l'université de Paris X Nanterre complété d'un doctorat d'économétrie appliquée de la London Business School, Mme Boone vient remplacer à l'Elysée M. Emmanuel Macron issu de l'Ena, par ailleurs ancien banquier d'affaires de la banque Rotschild. Le profil de Mme Boone semble plus axé sur l'analyse économique « objective », orientation qui suggère que la nouvelle conseillère du président devrait faire montre d'un certain pragmatisme, qualité remarquée par un certain franc parler dans différentes tribunes médiatiques. « De quoi plaire aux milieux économiques, ceux qui attendent une politique française plus offensive dans le concert de la mondialisation! » croit savoir notre éminente source. Cette nomination intervient dans un calendrier ou la France veut imposer une réorientation à la politique économique européenne, désireuse de faire sens au retour à la croissance.

Dès la nomination de la nouvelle conseillère de l'Elysée,  était évoqué dans certains médias français le côté particulièrement frondeur de cette économiste qui vient de la finance internationale tout en capitalisant sur des missions intéressantes au sein du département des affaires économiques de l'OCDE tout comme pour le CEPII (Centre d'études prospectives et d'informations internationales).



Un certain sursaut...

Jugée par ses pairs comme très pragmatique, Mme Boone ne croit pas au relâchement de la discipline budgétaire, mais prône un investissement plus efficient. Elle affirmait sur le plan d'économies du premier ministre Valls, (par ailleurs actuellement fortement contesté dans ses propres rangs), qu'il fallait y voir «Un énième coup de rabot synonyme de non-choix». Selon elle, il serait grand temps d'arrêter le massacre, "Paris s'illustrait par une absence totale de politique économique » pour conclure que « sans présentation d’une stratégie économique crédible (...) la France dans trois ans, c’est 3 millions de chômeurs, 3-4% de déficit, une dette à 100% du Produit intérieur brut (PIB), des jeunes très diplômés qui continuent de s’installer à l'étranger".

Même si devait pointer une forme de provocation avec le titre de sa tribune: "Arrêtons le massacre!" (lire ci-dessous.), au delà de la polémique, la nouvelle conseillère aura le mérite d'un certain sursaut au plus haut niveau de l'état. « C'est rassurant, notre président comprend qu'il est urgent d'ouvrir le débat après la critique de l'absence de choix clair de politique économique du gouvernement. (…) Comprendre que madame Boone est dans le juste en évoquant la déclaration de politique de manuel Vals qui ne se résume finalement qu'au seul plan d'économies de 50 milliards d'euros, c'est un peu léger comme programme. Comme le dit Mme Boone, mais pas moins le FMI, L'OCDE, ou encore la Commission de Bruxelles. Il faut soutenir la demande à court terme, élever le potentiel de croissance à long terme, utiliser tous les ressorts.» croit savoir notre source.


Bonne image...

Le choix de cette brillante économiste n'est pas un hasard, le président Hollande souhaite réorganiser son cabinet et travaille à la refonte d'une équipe plus en cohérence avec l'urgence. Sont évoquées par certaines sources concordantes des possibles aménagements dans la communication opérationnelle de l'Élysée, le succès incontesté de l'anniversaire du D-Day ayant contribué à dynamiser l'image de la France sur la scène internationale, le président souhaitant logiquement capitaliser sur cette bonne image, pas moins pour les questions économiques. A suivre...







Mieux connaître Laurence Boone...

Voici une excellente contribution avec différents scénarios sur l'impact de la crise et le besoin de croissance: Quelle France dans dix ans?  (Format PDF).







Cliquer sur le lien ou l'image pour lire la contribution de Laurence Boone. (PDF)




Carnet de route... 



Fonctions actuelles

Conseiller affaires économiques et financières. Présidence de la République France.
Managing Director et chef économiste Europe de BofA Merrill Lynch Global Research
Membre du Conseil d’administration du Groupe Kering
Membre correspondant du Conseil d’analyse économique auprès du 1er Ministre
Professeur associé à Sciences Po

Fonctions antérieures

Directrice des études économiques pour l'Europe de Bank of America Merrill Lynch 
Chef économiste de Barclays Capital France
Economiste au département affaires économiques de l’OECD
Chercheuse au Centre d’Etudes Prospectives et d’Informations Internationales (CEPII)
Professeur à l’Ecole Polytechnique
Professeur à l’ENSAE et l’Ecole Normale Supérieure de Cachan


Formation

PhD d’Econométrie Appliquée de la London Business School

D.E.A. d’Analyse Quantitative et de Modélisation et d’un Master d’Economie de Paris X Nanterre

Master d’Econométrie de Reading University



Principales publications

« Coordination des politiques économiques européennes à l’épreuve de la crise », Revue Economique et Financière, dans Revue d’Economie Financière, N°103, 3-2011.
« The European financial crisis : causes, implications and policy directions », Journal of Asian Economic Policy, August 2009
« Les expériences de flat tax », in. Les instruments fiscaux en débat Ed. Cahiers FrançaisChapitre du N° 343 des Cahiers Français, Avril 2008
« Wealth effects on money demand in the euro area », avec P. van den Noord , Empirical Economics, March 2007
« Une évaluation du rôle stabilisateur des revenues de remplacement en France », avec C. Gilles Document de Travail et Dossiers Solidarité et Santé, Oct-Dec 2006
« Exchange rate regime and supply shocks asymmetry : the case of the accession countries », avec J. Babetski et M. Maurel, Journal for Comparative Economics, vol.32, issue 2, 2004
« Wealth effect on money demand in EMU : econometric evidence », avec F. Mikol et P. van den Noord,OECD working paper, No. 411, 2004
« Les Taux d’Intérêts », avec A. Benassy-Quéré et V. Coudert, Ed. La Découverte, Collection Repères, 2003, re-édité en Septembre 2003
« How Well Do Alternative Time-Varying Parameter Models of the NAIRU Forecast Unemployment and Inflation in the OECD Countries ? », avec M. Juillard, D. Lacton et P. N’Diaye, IMF working paper, 2003
« The Stock Market, the Housing Market and Consumption Behaviour », avec N. Girouard, OECD Economic Studies No. 35, 2002/2.


Principaux domaines d’expertise

Macro-économie ; politiques européennes ; finances publiques

(*D'après le cercle des économistes.)





"Arrêtons le massacre!"

Par Laurence Boone.

(Publié le lundi 26 mai dans L'Opinion.)
Un bilan économique désastreux. Voilà cinq ans que la crise financière, puis la crise des dettes souveraines a eu lieu. Et où en est-on aujourd’hui ? Le PIB a à peine retrouvé son niveau de 2007 et la croissance est aux abonnés absents. Le taux de chômage est enlisé à 10,4 %. Le pouvoir d’achat, malgré une inflation ultra-basse, stagne. La dette est au niveau record de 92 %, tout comme les prélèvements obligatoires à près de 45% du PIB, alors que les dépenses restent à plus 57 %. Dans le même temps, l’ensemble de la zone euro progresse légèrement, même les pays du Sud récupèrent, quittant un à un la férule du FMI. Le problème ? L’absence totale de politique économique, qui va conduire la France dans 3 ans à mettre droite et gauche classiques au 3e rang derrière le FN.
Les choix de politique économique sont quasiment inexistants. La déclaration de politique générale de Manuel Valls l’annonçait : c’est un programme qui ne vise ni à soutenir la demande à court terme, ni à élever le potentiel de croissance de long terme. Sur le court terme, les marges de manœuvre sont certes limitées : il n’est pas question d’une relance budgétaire. Mais il ne faut pas croire non plus qu’une politique plus expansionniste de la Banque centrale européenne est la clé de la reprise. La politique monétaire peut faire deux choses : stimuler le crédit avec des taux plus bas, espérer que cela fasse baisser un peu l’euro. Les taux sont déjà extrêmement bas en France. Le problème est que ni les ménages, plombés par les perspectives d’emploi, ni les entreprises, anxieuses du manque de consommation, n’ont envie d’emprunter, que ce soit pour financer un logement ou des investissements.
Quant aux choix pour le long terme : ils sont absents du discours de politique économique, comme le reflète le plan d’économies du gouvernement. Les réductions de dépenses sont un nième coup de rabot synonyme de non choix : coup de rabot sur les dépenses, gel des points d’indice des fonctionnaires et gel des prestations. Jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que salariés de la fonction publique et bénéficiaires des prestations sociales se révoltent et descendent dans la rue ? Et là, on desserrera la corde, comme vient de le faire le gouvernement sous la pression des députés, pour resserrer deux boulons ailleurs. Mais les projets de réforme de la formation professionnelle abandonnés, les projets de modernisation du système social absents, les perspectives industrielles se résument a des combats d’arrière-garde pour empêcher la réorganisation de certaines entreprises. Quant aux reformes des deux premières années... Celle de l’éducation s’est arrêtée net (mais qui essaie d’orienter efficacement les élèves quel que soit leur niveau ?), celle du logement sera inversée, tellement ses effets ont été spectaculaires : effondrement des demande de permis et des mises en chantier.
Sans changement de politique économique, sans présentation d’une stratégie économique crédible, parce que détaillée, argumentée, avec des objectifs chiffrés réalistes, la France dans trois ans, c’est 3 millions de chômeurs, 3-4% de déficit, une dette à 100% du PIB, des jeunes très diplômés qui continuent de s’installer à l’étranger...
Laurence Boone est membre du Cercle des économistes et directrice des études économiques pour l’Europe à Bank of America Merrill Lynch.

















Photographie: Tous droits réservés pour tous pays. 




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