dimanche 16 mars 2014

Zone euro, diminution notable des risques et absence de stratégie globale!

Crise de la dette en Zone euro, vers un épilogue?
 

L'agence de notation Moody's l'affirmait encore ces derniers jours, la crise de la dette de la Zone euro semble proche de son épilogue. Depuis quelques semaines, nombreux experts s'accordent sur une issue plus stable de la gestion de la crise, outre les performances affichées de certains états, est perçu un regain d'optimisme au sein de l'Union européenne. L'agence de notation américaine Moody's confirme le triple AAA de l'Union européenne garantissant la capacité d'emprunt à faible coût sur les marchés. La politique entreprise au forceps par la BCE (Banque centrale européenne) au plus fort de la crise semble porter ses fruits. « C'est un satisfecit en demi-teinte, en effet, pour élément de comparaison, la croissance américaine est plus notoire, elle se repose sur une politique d'investissements massifs certes à crédit, mais l'idée étant d'être clairement dépassé par le succès de la stratégie, et ce en rendant l'économie plus dynamique. En Europe, la donne est très différente, il y a une géométrie politiquement très variable et donc inégale, l'Union européenne manque d'une stratégie globale, les états qui sont les mieux placés agissent dans un parfait pré-carré, la solidarité entre états est très relative. Les Etats-Unis se réindustrialisent alors que l'Europe perd des pans entiers de son industrie, la raison, un problème de compétitivité qui ne trouve toujours pas de réponse à Bruxelles. »(...) « Souvent est évoqué le besoin urgent d'un véritable « plan Marshall » évalué à quelques 50 milliards d'euros par année sur 3 ans (2014-2017), certains experts s'accordent sur l'urgence d'un tel plan. Les principaux contributeurs de la Zone euro semblent toujours incapables de s'accorder sur une telle mesure ou plan de relance, (…) On note un saupoudrage de mesures plus ou moins efficientes, mais le bas blesse pour la définition d'une réelle stratégie globale, l'année des élections européennes n'étant pas le meilleur calendrier pour lancer un tel plan. Les 30 milliards annoncés un temps par la Commission en aménagements divers sont à la peine, les états sont empêtrés dans le respect strict de leurs budgets nationaux et donc la maîtrise et réduction drastique de leur dépense publique. C'est regrettable à deux titres, l'Europe devient toujours plus spectatrice qu'acteur affirmé de l'économie mondialisée, alors que toujours première zone économique mondiale, l'Europe semble toujours incapable de dépasser ses vieux démons. L'Europe doit se trouver une stratégie offensive et donc d'anticipation, l'amélioration de la solvabilité des états manque d'un accompagnement, certains états sont toujours incapables d'agir sur les ressorts de leur compétitivité, leur attractivité est clairement mise à mal, les investissements étrangers se font donc logiquement plus rares voir très compliqués pour certains états, une hérésie totale! A Bruxelles ou Strasbourg, quand les européens palabrent y compris sur les accords de libre échange avec les Etats-Unis, les américains ne manquent pas d'agir prioritairement sur leur économie et donc sa croissance!» Précisait Didier REMER (Finance Offshore) lors de la conférence annuelle.


Plans de sauvetage...


Au plus fort de la crise, l'Union européenne, le F.M.I (Fonds monétaire international) et la BCE (Banque centrale européenne) s'étaient unis au sein de la fameuse Troïka, « véritable Task Force du sauvetage pour accorder et donc organiser les plans de sauvetage des états en grandes difficultés », Grèce, Irlande, Portugal, Chypre, et le cas de l'Espagne qui devait se singulariser avec une option différente, état et cinquième puissance de la Zone euro, jugé comme « trop grand pour être sauvé », refusant catégoriquement que le FMI participe au plan d'aide pour ne pas devoir en subir le sort draconien d'un plan comme avait dû souscrire Athènes. « Il n'est pas possible d'avoir la réduction des déficits comme seul horizon. Se substituer à la classe politique et aux partenaires sociaux n'est pas à la portée de fonctionnaires fussent-ils internationaux. (…) C'est un problème de démocratie et de légitimité. » Devait s'insurger Evangelos Venizélos, vice-Premier ministre grec et ministre des Affaires étrangères alors que le ministre espagnol Luis de Guindos parlait de ces « hommes en noir », qui venaient éplucher les comptes d'un état visé par le plan de sauvetage et lui intimer des mesures d'austérité qui font l'objet d'un constat souvent amère par les peuples, pas moins certains experts comme ceux du parlement européen chargés de l'audit après les quatre années d'existence de ces plans. Les eurodéputés font un bilan très contrasté et font relativiser certaines actions qui semblent moins vertueuses que prétendues avec « si grande autorité et ton parfois si péremptoire des autorités de Bruxelles, Francfort ou Washington! » L'Espagne ayant démontrée que le plan de recapitalisation bancaire de 100 milliards d'euros via le Mécanisme européen de stabilité (MES entré en vigueur en 2012) « Celui qui visera l'unique secteur financier semble plus efficace que des mesures de privatisations de pans entiers de l'économie d'un état sous tutelle, sans compter les conséquences catastrophiques pour le quotidien de ces peuples mis à genoux qui ne comprennent pas ou si peu que les banques soient sauvées avant eux! »


Des solutions...


Même si l'apport d'un certain regain d'optimisme est constaté en Zone euro, il faut faire force de prudence, le chômage y est particulièrement handicapant « notamment pour un retour efficace au sein de la dynamique mondiale. » Les états principaux contributeurs des plans de sauvetages sont dans des situations économiques très différentes, « La France est jugée trop lente dans ses réformes, alors que l'Allemagne individualiste se refuse au discours des chantres de la « mondialisation participative », préfèrant s'amènager une sortie par le haut et toujours plus conquèrante à l'international... », le pays ayant la meilleure balance commerciale de la Zone euro, toujours tirée par une industrie de qualité et très performante, le triple AAA relevé de perspective négative à stable confirme la stratégie allemande. La France manque d'une stratégie efficiente, « Elle fait toujours cruellement défaut pour accompagner les entreprises ou investisseurs étrangers, ceux-ci disposent d'un éventail d'autres états (européens) qui font force de ne pas gréver leurs derniers atouts disponibles en matière de compétitivité » comme en refusant donc des prélèvements comme ceux pratiqués en France. Le président français semble toutefois prendre la mesure de l'ampleur de cette problématique,  « La récente mise en observation de l'état par Bruxelles lui impose une feuille de route  plus claire en la matière. » La récente définition d'un pacte stratégique pour les investisseurs étrangers et nationaux en France devrait donc pouvoir contribuer à inverser la tendance.


Croissance...



Les risques pesants sur la Zone euro ont diminué, pas moins la pression sur les actifs financiers détenus dans la région et donc logiquement sur la solvabilité de l'ensemble de l'Union européenne. Il est important que les états accordent leurs violons pour juguler les risques persistants menaçants les 28 états de l'Union, mais contrairement aux États-Unis qui agissent en bloc dans la course à la croissance, les européens paraissent toujours plus divisés sur les méthodes et objectifs à suivre ou entreprendre. Pour les experts, « Une nouvelle fragilisation des principaux états contributeurs serait fortement préjudiciable à l'ensemble de la Zone, les mesures de clarification budgétaire des états européens et la définition d'une politique d'investissements stratégiques sont toujours attendues... » Croit savoir notre source. A suivre.




























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