mardi 31 décembre 2013

Fiscalité: Gardons le Luxembourg au sein de l'Union européenne!


      Gardons le Luxembourg au sein de l'Union européenne! 
Jean-Claude Juncker

                                               
Un titre volontairement choc, Luxembourg fait encore l'actualité du site Mediapart qui lutte contre une injustice fiscale, et plus important, souhaite voir la presse électronique française disposer d'une T.V.A équivalente à la presse écrite. Sur ce point, « Finance Offshore » comprend les inquiétudes de l'équipe du journal. «Mediapart est le site d'information indépendant lancé en mars 2008 autour d'Edwy Plenel avec une équipe éditoriale de plus de 25 journalistes. Le site Mediapart est ouvert aux contributions de ses abonnés. » Peut-on lire sur la page d'accueil du site d'information qui nous invite à venir signer la pétition de soutien en ligne du journal d'Edwy Plenel, patron qui nous y explique les raisons de la colère: « L’administration fiscale a décidé de s’attaquer à la presse en ligne en lui appliquant un taux de TVA de 19,6 %, alors que la presse imprimée bénéficie d’un taux de 2,1 %. Cette mesure viole le principe d’égalité et de neutralité des supports constamment affirmé par les pouvoirs publics depuis 2009 et confirmé par un arrêt de novembre 2011 de la Cour de justice de l’Union européenne. » Justement, la Cour de justice de l'Union européenne est toujours bien présente au Luxembourg, pays qu'un certain « parti pris » journalistique souhaite nous voir discuter de la possible exclusion de ce pays membre fondateur de L'UE « devenu une plate forme financière offshore » et d'ajouter « ...est un impératif . Médiapart lance ce débat avec une enquête en trois volets. » Il est vrai que l'exaspération des journalistes du site ''Médiapart'' reste compréhensible dans une Europe ou le dumping fiscal et celui pas moins social érodent toujours plus l'équilibre de notre société. Le site va donc nous présenter ''à coup sûr'' le « Luxembourg offshore », nous ne doutons pas que l'enquête puisse se fonder sur les différents marqueurs qui font que cet état devra aussi faire encore de nombreux efforts pour le changement de paradigme.


Trou noir...

Réduire Luxembourg comme unique « trou noir de la finance internationale » n'est pas faire grand cas des nombreux travailleurs frontaliers qui trouvent l'emploi que notre Lorraine ne pourra plus jamais leur donner. C'est bien triste, car il serait intéressant de voir comment ces nombreux travailleurs frontaliers perçoivent cette réalité d'un certain quotidien. Ils sont d'ailleurs plus de 80 000 en 2013 à passer la frontière! Le salaire minimum est de 1900 Euros net d'impôt, (le pays, lui prélève à la source), et c'est dire qu'un employé avec de l'ancienneté peut rapidement escompter une retraite avec un indice supérieur de 4,7 à 9 points par rapport à la France! Excusez du peu...  « Sans être faussement chauvin, la France à les défauts de sa grandeur, les défis y sont certes plus importants, mais croyez le, je ne connais que trop peu d'amis lorrains mécontents de pouvoir vivre grâce à cette réalité transfrontalière qui intéresse si peu Paris surtout quand le Luxembourg devient le focus de cette Europe à géométrie si variable.» Précise un cadre français, travailleur frontalier à Luxembourg.

Fiscalité "Go fast..."

Ne croyez pas que ce pays ne connaît pas le chômage, il y est particulièrement très important chez les jeunes, et si peu éloigné du triste record français, combien de parisiens connaissent cette autre réalité comme celle d'un logement au Grand-Duché aussi coûteux que dans la capitale française? Peu de gens en fait, car tous, ou presque, s'imaginent un pays qui serait un parfait paradis, lieu commun de riches rentiers plongés dans la luxure et l'opulence et autres démesures. Comprendre Luxembourg, c'est faire le distingo entre son bon peuple à l'amitié si proverbiale et le contingent de quelques rares étrangers qui profitent encore un temps, de l'optimisation fiscale version « Go fast » dont il faudra bien relativiser l'origine dans le détail et la réelle ampleur. Au début du siècle, le pays était un pays si peu différent de la région Lorraine voisine, mélange parfait entre monde paysan besogneux si traditionnel et courageux ouvriers de la métallurgie. Arrivera la création de la C.E.C.A ou Communauté économique du charbon et de l'acier, c'est à dire la matrice de notre actuelle Europe, d'ailleurs, « Robert Schuman, ce Lorrain né à Luxembourg est la très bonne synthèse de l'édifice qui fait que nos liens seront toujours plus forts que vos divergences.» Croit savoir notre source à Luxembourg.  Il est vrai que les grands états voisins se sont rapidement intéressés à ce pays pour contribuer directement au développement rapide de son industrie et logiquement plus tard, de sa place financière en partie très liée à cette industrie si performante. Place financière qui devait rapidement offrir l'avantage de mettre « un peu tout le monde d'accord », c'est à dire l'occasion de se ménager un espace commun.


Spirale...

Une volonté affichée par l'Union  pour que les grands états voisins du petit Grand-Duché se ménagent un espace efficace pour lancer l'ambition d'une Europe économiquement apte à rivaliser d'imagination, « Il le fallait face aux deux autres grands blocs de l'époque!» Insiste notre source à Luxembourg.  En fait un pragmatisme qui n'a jamais cessé de croître, « La finance elle même, ne s'est-elle pas retrouvée dans la spirale d'une économie si mondialisée, et dont chacun doit pouvoir comprendre que le rythme s'est perdu en fonction des étapes de la construction européenne?»  Il est bien question de cette intégration qui fait que nous sommes passés de 6 états à 28 aujourd'hui! C'est à dire sans guerre et avec une paix renforcée à jamais, objectif si commun. Aujourd'hui, la réalité est toute autre, depuis les crises financières, « Ce pays qui était une des locomotives de la construction européenne se retrouve flanqué de tous les maux. En fait, on pourra se convaincre que tant que le Luxembourg était une solution, peu de monde venait y chercher le bon diable, vous savez, celui qui se cache dans certains détails!» Complète avec humour notre source, directeur de banque à Luxembourg.  Pourtant des économistes s'étaient largement intéressés à la question, celui d'une dérive généralisée avec la course à la croissance érigée bien plus comme principe que réelle politique efficiente d'un modèle équitable pour assurer dans l'édifice une chance à chaque peuple. «Ce n'est en rien original, mais faire l'amère constat que les banques trouvent in fine plus de crédit et donc solutions que les peuples dans cette Europe, est une explication suffisante pour commencer un exercice plutôt serein de compréhension. Viser le Luxembourg, c'est miser sur les déséquilibres de notre construction européenne enferrée dans la mondialisation.» Précise un analyste de la place. Il est vrai que les boîtes aux lettres se vendaient bien dans le pays, d'ailleurs ce n'est pas l'affaire très ''franco française'' Karachi de ''l'autre France'' qui nous démontrera le contraire... 


Cadeau...

Luxembourg c'est aussi une porte d'entrée pour l'Union Européenne qui se doit financer son économie, disposer des outils pour accompagner sa compétitivité, certes, « Loin de mon esprit que de vouloir cautionner les dérives du commerce électronique ou du dumping social avec les sièges fantômes de grands groupes, ceux qui peu ou prou, viendront clôturer si mauvais chapitre avec une fin programmée en 2015 pour le e-commerce et possiblement dans deux à trois ans, selon la tendance actuelle. Bien, pas bien? La réponse trouve son sens dans l'incapacité d'un cadre réglementaire européen adapté, ce n'était jamais le simple fruit d'une relecture du droit positif européen, mais bien sa plus simple mise en application, et que ceux qui condamnent haut et fort en soit remerciés, surtout s'ils ne font pas l'économie de regarder d'ou viennent en général ces grands groupes qui s'adonnent à telles pratiques...» Croit savoir un éminent avocat fiscaliste de Luxembourg.  D'ailleurs, le Luxembourg sait trop bien que son pays ne sera plus aussi dépendant de sa place financière, il mise sur d'autres secteurs, alors certains s'empresseront de dire que ce pays traîne le pas pour faire acte de contrition, mais peut-être qu'il mesure comme membre fondateur de l'Union européenne qu'il serait regrettable que cette dernière face un cadeau à la place financière helvétique ou plus grave, de Singapour, car de cela on ne vous parlera jamais! Luxembourg est un état qui aura signé de nombreux accords d'échanges, oui, trois fois oui, on peut toujours mieux faire. L'O.C.D.E ne manque pas de souligner cet effort à consolider, d'ailleurs le board n'est autre que l'ensemble des pairs du pays. « Mais c'est un état qui s'intéresse à une réflexion attentive sur les questions éthiques, notamment le tout nouveau gouvernement, n'en déplaise aux plus sceptiques. Car ses experts n'ont rien à envier aux autres, ils souhaitent juste un débat plus constructif que passionné. Mais ne l'oublions jamais, cet objectif doit être une chance équitable et réelle pour tous ses partenaires européens, et non pas la simple caricature d'une volonté creuse.» Complète le fiscaliste. 


Rédemption...

On le voit,   le Luxembourg bashing à certes de beaux jours devant lui, mais quand bien même si de grandes vérités restent audibles, méfions nous de certains bruits parasites. Dire ou instiguer que cet état serait voyou, et donc à sortir de l'Europe, c'est faire peu de cas de la récente prise de conscience dont il fait preuve. Nous parlons bien d'un pays qui suite à une affaire d'état et par la démocratie des élections anticipées, souhaite plus que jamais faire force à l'état de droit. Monsieur Jean-Claude Juncker, ancien premier ministre et ancien président de l'Eurogroupe, aujourd'hui bouté au simple rang de député de l'opposition, incarne à lui seul cette évolution en démonstration. Réduire son action serait pas moins vertueux, l'homme peut encore capitaliser sur son expérience, comme pour les questions européennes et internationales, sa rédemption étant acquise et n'invite pas à trop simple purgatoire... Ses nombreuses qualités peuvent s'avérer encore très utiles.


Grand défi...

Le  Luxembourg, pour l'heure, est ce petit état membre fondateur de l'Union Européenne qui  sans relâche, tisse des liens économiques avec l'égale ambition de ses grands voisins! Je pense à la dernière "quinzaine chinoise'' de monsieur le Vice-premier ministre, Etienne Schneider, Ministre de l'économie, qui montre que l'on peut savoir aussi convaincre les plus grands! En effet le pays vient de signer différents accords  fructueux avec la Chine.



Pour ce qui est d'un Luxembourg  éthique, je ne doute pas que le gouvernement de coalition  puisse faire mentir dans un avenir très prochain tous ceux qui l'imaginent comme incapable de relever si grand défi! Luxembourg ne sera pas qu'une simple boîte aux lettres qu'il n'a jamais été. Il y aussi dans ce pays, un peuple qui plus souverain que jamais, veut reprendre son destin en main. Il s'est doté d'un nouveau gouvernement, Xavier Bettel, est le sympathique premier ministre chargé de la mission, épaulé par une nouvelle assemblée, parfaite synthèse des vérités du passé comme celles du futur...




*Article de Mediapart en référence.








Comprendre le Luxembourg financier:









Pourquoi le Luxembourg?


La place financière de Luxembourg est le deuxième centre mondial de fonds d’investissement après les États-Unis, le plus grand centre européen pour les captives de réassurance et le premier centre de banque privée dans la zone euro. Ainsi, le secteur financier est aujourd’hui le pilier principal de l’économie luxembourgeoise.
Spécialisée à l'origine dans les activités liées à l'euromarché, la place financière s’est ensuite tournée vers la gestion privée et, à partir des années 1980, vers la domiciliation et l'administration de fonds d’investissement. Son succès se fonde avant tout sur une grande stabilité politique et sociale et sur un cadre légal et réglementaire moderne constamment adapté aux évolutions des marchés grâce à un dialogue permanent entre le gouvernement, le législateur et le secteur privé. C’est ainsi qu’au cours des dernières années, des cadres réglementaires spécifiques ont été créés pour les fonds alternatifs, les véhicules d’investissement en capital à risque, les fonds de pension internationaux, les fonds d’investissement spécialisés, les véhicules de titrisation, les captives de réassurance, les banques d'émission de lettres de gage et les sociétés de gestion de patrimoine familial (SPF).

Ce cadre législatif et réglementaire moderne et l’ouverture sur le monde du Luxembourg ont attiré des banques, des compagnies d’assurance, des promoteurs de fonds d’investissement et des prestataires de services spécialisés du monde entier.
Contrôlée par des autorités de tutelle compétentes et proactives, la place a développé une forte culture de protection de l’investisseur et applique des règles strictes en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux. Ses équipes de spécialistes multiculturelles et plurilingues ont une grande expertise financière et une connaissance approfondie des besoins d’une clientèle internationale.

N'hésitez pas à consulter -ici- le site de l'agence gouvernementale en charge de l'information sur la place financière, de multiples rubriques sont disponibles pour parfaire votre connaissance...









Quand Médiapart parle de Luxembourg...


Vous pouvez lire aussi -l'excellent article- du journaliste chroniqueur politique Thierry  Labro, du journal luxembourgeois "Wort", version francophone. Il nous invite à relativiser la démarche de Médiapart.










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