jeudi 28 novembre 2013

Luxembourg: Accord Cargolux HCNA, du plomb dans l'aile?



Cargolux, ...vers de belles noces?



Mère Prudence semble se rappeler au bon souvenir du conseil d'administration de la société luxembourgeoise Cargolux, la société de fret aérien ne croyait pas trop ou si peu au septième ciel pour ce qui est du fameux mariage. Le dossier est sensible et logiquement pris très au sérieux par la future majorité gouvernementale qui devra trancher en s'évitant un échec cuisant. Sur le papier, la mariée peinait à rassurer, « Trop d'incertitudes font relativiser si bonnes intentions... (...) Il y a dans cette affaire le souvenir de la sortie tonitruante de l'ancien actionnaire, Qatar Airways, dont chacun peut comprendre que tous les griefs ne reposaient pas que sur des frêles chimères.»  Il faut dire que le climat qui entourait  les négociations avait tout d'un véritable parcours du combattant, les chargés de mission d'un côté, optimisme et envolées lyriques de l'autre, « L'avenir d'une société qui se doit rester l'étendard de la politique d'un état qui se doit rayonnant pour son ambition en matière de logistique et donc transport de fret aérien, l'image doit être préservée, mieux, consolidée! » Croit savoir notre source. Il est important de souligner ici que cette société doit pouvoir capitaliser sur son personnel, son professionnalisme, faire de ce groupe l'hybride de la sous traitance du marché d'une région jugée économiquement instable en Chine est plus proche du coup de poker.



Muraille de Chine...


Depuis quelques jours à Luxembourg, les langues se délient, pour cause, « Il ne faut pas se planter, éviter un krach sur le tarmac, chacun doit pouvoir comprendre que l'hypothèse HCNA peut séduire par certains aspects, mais s'avérer comme un certain pacte avec le « bon diable » chinois! » insiste une autre source non sans humour à Luxembourg. Le groupe HCNA met en avant la « locomotive » de la région industrielle ou siège « la mariée », mais le problème, on note ses derniers temps, « un certain coup de mou », et de là imaginer que si belles prétentions s'avèrent rapidement creuses, il n'y a qu'un pas. Il y a aussi l'aspect du « legal », et chacun peut comprendre le risque d'un « enfermement » dans un tel deal, les fameux interlignes d'un contrat entre deux parties qui naviguent sur un flot de réglementations juridiques très différentes. Alors comme souvent dans ce genre de dossier, il faut blinder, assurer ses arrières et garder à l'esprit les conséquences sur l'image et plus important, le fameux modèle économique. Cargolux doit pouvoir se faire une bonne place dans un milieu qui certes s'avère très concurrentiel, quitte à se le rappeler, il y a un personnel de qualité et un professionnalisme qui n'a pas à rougir dans le délicat passage que vit le groupe. La position géographique de la compagnie et ses nombreuses antennes offrent un ensemble plutôt « premium » au sens très pragmatique de la profession, et de là imaginer que le volume peut accompagner la politique efficiente du gouvernement en matière de logistique, banco! Mais alors qui, et comment? Ne devrait-on pas se tourner vers des sociétés plus proches du modèle luxembourgeois, se donner encore cette chance en lorgnant sur des entités qui à l'image d'un prétendant, seraient bien moins clinquantes.

Cohérence...


A Luxembourg les discussions vont bon train, justement, en ligne de mire, Etienne Schneider qui s'avère comme le « commercial grand comptes » du pays. Ce n'est pas faire injure que de souligner que le ministre de l'économie est un ardent promoteur du pays, dynamisant avec efficience les réseaux économiques et donc potentiels, et sur ce point à Luxembourg, tout le monde y va de son commentaire: « Pour moi, c'est clair, Etienne devrait allez voir en Turquie, il a de bonnes connexions, et puis on travaille déjà avec ce potentiel, certes moins important, mais au combien plus rassurant! » instigue un important dirigeant. Pour une autre personne « Ce n'est pas évident, il y avait, et il y a toujours, une forme de pression sur la compagnie, et chacun peut comprendre que ce genre de climat n'est pas l'idéal, remettre tout à plat serait une attitude plus sereine et donc forcément plus constructive! » instigue un consultant qui ne fait pas l'économie de souligner « Je n'ai pas d'apriori sur les chinois d'HCNA, au contraire, juste le besoin d'une réelle lisibilité, celle que le Conseil d'administration ne semble pas vraiment disposer, à ceux qui penseront qu'il faut une juste dose d'audace, qu'ils se rassurent, je suis d'accord, mais quitte à en avoir, autant savoir ou miser, il faut une cohérence avec les options que vise notre état. Ne dit-on pas demi mesure, demi résultat? » Fermer le ban. 



Rouleaux de printemps?

Pour ce qui est d'Etienne Schneider, nous ne doutons pas de sa volonté de trouver une bonne issue au dossier. Il le faudra, car le pays doit conserver les atouts de cette nouvelle politique économique en devenir qu'il défendra avec Xavier Bettel. La future coalition peut faire cet effort, c'est d'ailleurs ce que souhaitent les nombreux salariés du groupe. Pour l'heure, ce n'est pas un hasard, quand un grand cabinet d'avocats « prend la température », le thermomètre commence à vaciller sur certains points, et pas des moindres... Sans paraphraser un dirigeant local, pour l'instant, c'est plutôt «la muraille de Chine!». Soyons sport, le dossier est éminemment délicat pour ne pas dire « casse gueule » en langage politique. Le cabinet américain Shearman&Sterling est très réservé, il serait bien dommage de ne pas relire dans le détail les nombreuses réserves du cabinet. La mariée chinoise met en avant « la dot » de 32800 Dollars pour chaque vol de Cargolux vers Zhengzou, un projet de contrat commercial qui vient accompagner le développement de la plate forme aéroportuaire de Zhengzou, « Celui que la compagnie marquerait ainsi dans le marbre par une somme d'obligations que d'aucun relativisera par son étendue. » De bonne guerre, mais il est important de souligner que les comptes du Groupe Cargolux doivent démontrer cette volonté de sortir par... le haut! La compagnie doit renouer avec une logique d'équilibre, point positif, la tendance est haussière et devrait même permettre de revoir à la baisse une mise de fonds moins importante qu'initialement prévue. On table « raisonnablement plus sur 125 millions de Dollars que 175. » comme quoi, il y a peut-être matière à réfléchir « ...à deux fois sur le mariage avec HCNA! » L'augmentation de capital serait donc logiquement moins importante que prévu et possiblement reporté vers le printemps. Avec ou sans rouleaux? La question reste posée à la nouvelle majorité gouvernementale, pour l'heure du côté de Cargolux, on prend les devants, la compagnie vient de replacer au Comité de direction Henning Zur Hausen et la banque conseil UBS et le cabinet d'avocats Clifford Chance, le bien nommé, histoire de remanier l'accord commercial et passer au scanner les nombreux doutes qui persistent... Un épilogue est attendu courant mi-décembre. A suivre.



 
 
 
 
 
 
 
 
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