lundi 25 mars 2013

Zone euro/Chypre: Bruxelles sonne la fin de l'économie casino!



 
Zone euro: Chypre doit revoir son économie casino!
 
Bruxelles le 25/03/2013
 
Nicos Anastasiades, président depuis à peine un mois sait que la partie est loin d'être jouée, celui qui entend les critiques les plus vertes sur l'économie de son pays, devra se défendre « bec et ongle ! » Dès le départ de ce marathon de la dernière chance à Bruxelles, pointe le risque de voir la Banque Centrale Européenne venir siffler la fin de si mauvaise partie.

Ultimatum...

En effet, la BCE confirme un ultimatum de ne plus soutenir les banques du pays à partir de ce Lundi 25 Mars, et instigue une certaine hauteur de vue de l'ensemble des partenaires contributeurs du plan de sauvetage international, les conciliabules sont nombreux, parfois très tendus, pour cause... La BCE est très pragmatique sur la question et le risque de mauvais signal donné en cas d'échec des négociations.

Pour certains observateurs, il y a des sérieuses réserves sur la méthode utilisée la semaine dernière par l'Eurogroupe: « Il faut reconnaître que l'idée de taxer exceptionnellement les épargnants et déposants sans faire le distinguo entre les grosses fortunes et les déposants populaires s'apparente à une gabegie dont il nous faudra sortir...(...) Les fondamentaux de l'économie chypriote sont sans commune mesure avec tout ce qui existe en Zone euro, un petit confetti qui se voyait dans le futur l'égal d'un Luxembourg ou Genève! » On ne peut pas rester insensible à ce road show du ministre des finances chypriote, un Mikael Sarris désemparé et finalement contraint d'assurer seul, le service après vente à Moscou. « Une posture qui pour certains, tentait même croire devoir un temps venir faire si belle leçon de morale, hélas pour lui, bien vite avortée par les Russes! » (…) « Bien qu'il nous faudra aussi comprendre pour quelles raisons Chypre s'est donnée cette autre ultime chance, les principaux déposants du haut du panier trouvent leur origine en Russie! » (Ndlr: 20milliards d'euros selon certaines sources du plan d'aide international).

Quasi-banqueroute...
 
 Le nouveau président Nicos Anastasiades ne cachait pas avant son départ pour Bruxelles « ...d'avoir hérité d'un état en quasi-banqueroute. » mais s'étant résigné à faire de son mieux pour sortir son pays des conséquences inhérentes à une possible faillite généralisée. Il est arrivé ce dimanche soir à Bruxelles avec des gages, ceux de son gouvernement et des premières lois votées qui creusent un parfait sillon vers la doctrine que souhaitent voir aboutir les allemands et les français, qui escomptent défendre ses efforts plus que les erreurs d'appréciations de Chypre, le ministre français de l'économie ne s'est pas caché sur le besoin de penser au peuple, et donc le besoin de voir Chypre quitter enfin le mirage de son « économie casino... ». Car la problématique chypriote est celle d'une équation simple à comprendre, un état qui s'est bercé d'illusions de façon collective avec un peuple qui croyait être bien éloigné d'une situation de la Grèce voisine ou d'un Portugal, un temps seulement, car les premiers effets de cette illusion collective pointaient avec l'effet domino des banques du pays toujours plus gourmandes... « Celles qui sont allées  jouer en Grèce, celles qui se sont lancées en masse dans les placements dit de complaisances, s'était pour certains de bonne guerre, pour d'autres, une illusion collective en rien vertueuse... » Chypre comme l'Irlande, l'Espagne voir l'Islande, s'est enferrée dans la logique « ...de la faible taxation, une régulation très hypothétique et un contexte organisé par l''absences de contrôles efficients sur les fondamentaux de son modèle économique, ses différents acteurs! ». Aujourd'hui, cette légèreté montre sa limite, « on ne sort pas de tels rêves utopistes de grandeur financière avec un modèle économique qui se fonde sur un certain n'importe quoi! » Les réveils sont souvent très délicats, mais il semble que ce pays peut relever ce défi, « Il faudra un effort d'explications pour que le changement de paradigme...  soit acquis à l'avenir du pays, il y a des espoirs, il faut comprendre que si la BCE ne se fait pas si tendre, c'est que l'institution semble finalement disposée à quelques efforts, « dès lors que le message d'une logique puisse enfin tenir compte des remarques pertinentes sur le secteur bancaire de l'île, qui visiblement devra être adapté à la gravité de l'urgence de  la situation. »


Bad bank?

On ne doit pas donner un mauvais signal, les banques sont dans des situations très contraintes, il y a 9 milliards d'euros dus à la BCE, et sur ce pont, le FMI partage l'exigence d'une solution pour liquider les banques contraintes et le besoin d'intervenir sur le contrôle des changes. Réorganiser le secteur est une priorité absolue de bon sens, « Faut-il encore le faire vite et bien, la réouverture des banques suppose un contrôle vigilant, ce n'est pas celui d'un racket, mais d'une explication sur les enjeux de la refonte totale du secteur financier Chypriote.» Raisonnablement c'est possible, les premières lois votées au parlement sont la démonstration d'une perspective encore constructive, bien que très contrainte. Une loi organisera le contrôle des changes lors de la réouverture des établissements, une indispensable pour l'organisation de la liquidation de ces dernières, l'autre pour mettre en défaut la deuxième banque du pays, Laiki Banque ou Cyprus Popular Bank... En fait on s'orienterait pour certains,  vers un modèle de "bad bank" et le reste, plus conforme à l'esprit du plan d'aide international, récupérant au passage les autres actifs, ceux qui sont bons. Reste à savoir comment cette réunion va proposer de compléter le volet « taxe exceptionnelle et les fameux 5,8 milliards d'euros qui manquent encore à l'appel pour boucler le tour de table. » Il faudra que Chypre revoit sa copie de « Paradis fiscal » et s'instigue une sérieuse réflexion sur son avenir immédiat, en effet sur 98 milliards de dépôts, on croit savoir que quelques 38 milliards d'euros représentent des placements supérieurs à 100 000 euros, peut-être que le FMI et la BCE tout comme l'Eurogroupe, sont déjà bien plus en accord sur telle équation... Une taxe de 20% sur certains placements supérieurs à 100 000 euros était largement évoquée par Chypre.

Ce Lundi, la BCE ne pourra et devrait plus alimenter en liquidités l'île de Chypre, l'urgence est réelle, une vérité, toujours plus palpable dans les conciliabules de Bruxelles. A suivre...


Le focus des dix derniers jours de la crise:
 
16 mars Nicosie acceptait un programme d'assistance européen. 17 mars véritable tollé international soulevé par la taxation des dépôts bancaires. Nicosie tentera une négociation parallèle avec Moscou, avortée! 18 mars La fermeture des banques prolongée, le peuple monte au créneau! 19 mars Le Parlement rejette le plan, la taxation exceptionnelle de tous les déposants ne passe pas! 20 mars Recherche d'un « plan B ». 21 mars La BCE donne finalement jusqu'au 25 mars à Chypre pour s'accorder avec les bailleurs de fonds sous peine de la priver de liquidités. Moscou de nouveau contacté, refuse toujours encore son aide! 22 mars La Zone euro prévient Chypre de ne « pas abuser de la patience » de la zone euro. Le Parlement vote en urgence une restructuration du système bancaire. 23 mars Progrès des discussions avec la troïka, l'Allemagne veut des résultats! 24 mars La négociation reprend à Bruxelles, nous y sommes, les français tempèrent dans les conciliabules jugés délicats! Et puis...
 
 

Chypre: Enfin, l'accord trouvé!
 
 


 
COMMUNIQUE DE L'ACCORD DU 25 MARS 2013 EUROGROUPE BRUXELLES. 
 
 
25 March 2013



 
Eurogroup Statement on Cyprus


 


The Eurogroup has reached an agreement with the Cypriot authorities on the key elements necessary for a future macroeconomic adjustment programme.

This agreement is supported by euro area Member States as well as the three institutions.

The Eurogroup fully supports the Cypriot people in these difficult circumstances.
 


The programme will address the exceptional challenges that Cyprus is facing and restore the viability of the financial sector, with the view of restoring sustainable growth and sound public finances over the coming years.
The Eurogroup welcomes the plans for restructuring the financial sector as specified in the annex.
These measures will form the basis for restoring the viability of the financial sector. In particular, they safeguard all deposits below EUR 100.000 in accordance with EU principles.

The programme will contain a decisive approach to addressing financial sector imbalances.

There will be an appropriate downsizing of the financial sector, with the domestic banking sector reaching the EU average by 2018. In addition, the Cypriot authorities have reaffirmed their commitment to step up efforts in the areas of fiscal consolidation, structural reforms and privatisation.
The Eurogroup welcomes the Terms of Reference for an independent evaluation of the implementation of the anti-money laundering framework in Cypriot financial institutions, involving Moneyval alongside a private international audit firm, and is reassured that the launch of the audit is imminent. In the event of problems in the implementation of the framework, problems will be corrected as part of the programme conditionality.
The Eurogroup further welcomes the Cypriot authorities' commitment to take further measures.
These measures include the increase of the withholding tax on capital income and of the statutory corporate income tax rate. The Eurogroup looks forward to an agreement between Cyprus and the Russian Federation on a financial contribution.
The Eurogroup urges the immediate implementation of the agreement between Cyprus and Greece on the Greek branches of the Cypriot banks, which protects the stability of both the Greek and Cypriot banking systems.
 
The Eurogroup requests the Cypriot authorities and the Commission, in liaison with the ECB, and the IMF to finalise the MoU at staff level in early April.
The Eurogroup notes the intention of the Cypriot authorities to compensate potential individual victims of fraudulent practices, in line with established legal and judicial procedures, outside the programme.
 
The Eurogroup takes note of the authorities' decision to introduce administrative measures, appropriate in view of the present unique and exceptional situation of Cyprus' financial sector and toallow for a swift reopening of the banks.
 The Eurogroup stresses that these administrative measures will be temporary, proportionate and non-discriminatory, and subject to strict monitoring in terms of scope and duration in line with the Treaty.
 
Against this background, the Eurogroup reconfirms, as stated already on 16 March, that – in principle,
 
- financial assistance to Cyprus is warranted to safeguard financial stability in Cyprus and the euro area as a whole by providing financial assistance for an amount of up to EUR 10bn.
 
The Eurogroup would welcome a contribution by the IMF to the financing of the programme. Together with the decisions taken by Cyprus, this results in a fully financed programme which will allow Cyprus’ public debt to remain on a sustainable path.
The Eurogroup expects that the ESM Board of Governors will be in a position to formally approve the proposal for a financial assistance facility agreement by the third week of April 2013 subject to the completion of national procedures.
 
Annex

Following the presentation by the Cyprus authorities of their policy plans, which were broadly welcomed by the Eurogroup, the following was agreed:

1. Laiki will be resolved immediately - with full contribution of equity shareholders, bond holders and uninsured depositors - based on a decision by the Central Bank of Cyprus, using the newly adopted Bank Resolution Framework.
2. Laiki will be split into a good bank and a bad bank. The bad bank will be run down over time.
3. The good bank will be folded into Bank of Cyprus (BoC), using the Bank Resolution Framework, after having heard the Boards of Directors of BoC and Laiki. It will take 9 bn Euros of ELA with it. Only uninsured deposits in BoC will remain frozen until recapitalisation has been effected, and may subsequently be subject to appropriate conditions.
4. The Governing Council of the ECB will provide liquidity to the BoC in line with applicable rules.
5. BoC will be recapitalised through a deposit/equity conversion of uninsured deposits with full contribution of equity shareholders and bond holders.
6. The conversion will be such that a capital ratio of 9 % is secured by the end of the programme.
7. All insured depositors in all banks will be fully protected in accordance with the relevant EU legislation.
8. The programme money (up to 10bn Euros) will not be used to recapitalise Laiki and Bank of Cyprus.
The Eurogroup is convinced that this solution is the best way forward for ensuring the overall viability and stability of the Cyprus financial system and its capability to finance the Cyprus economy




 
 
 
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