mercredi 20 mars 2013

Zone euro /Chypre: L' Eurogroupe doit revoir sa copie!





Jeroen Dijsselbloem,  "Pas facile le job..."





L'idée de faire force d'une taxe exceptionnelle a été sèchement accueillie par le rejet massif du parlement chypriote (tous les députés et abstention de la majorité) , il faut dire que l'Eurogroupe vient de signer une nouvelle page dans l'histoire de la gestion de la crise de la dette. Dès les premières heures de la négociation, était palpable à Bruxelles ce week-end un certain... malaise! Les ministres des finances se sont visiblement plantés dans leur nouvelle approche, l'ancien président de l'Eurogroupe, le luxembourgeois Jean-Claude Juncker devait recadrer à Vienne et parlera même de lacunes sans précédent...
 
 
 
Chantage...
 
« Il faut dire que le dossier était bien mal engagé, pensez-donc, comment expliquer un tel chantage sous le prétexte fallacieux de remettre certaines pendules à l'heure! Viser Chypre, cet autre paradis fiscal qui s'accommode depuis certaines années des nombreux capitaux qui débarquent en masse de la Russie et consorts... Certes, il faut faire le tri, mais comment expliquer aux petits épargnants; les plus modestes, qu'ils allaient devoir faire majoritairement les frais d'une telle décision, finalement plus que punitive? Une décision qui vise avant tout le contentieux sur une évasion fiscale massive venant de Russie, maintes fois pointée et finalement bien contraire à l'esprit des récents efforts de l'Union européenne pour lutter contre le blanchiment.» Confirme notre source.

 
Crime...
 
Le Parlement chypriote vient de refuser le plan de sauvetage et ce lundi soir, « ...sonner la fin de si mauvaise partie! » Face au tollé général que devait provoquer la taxe sans précédent sur les dépôts bancaires, Yiannakis Omirou, son président devait qualifier le plan de sauvetage décidé à Bruxelles comme « unique chantage! » Le président chypriote en personne était « venu vendre la taxe aux téléspectateurs du pays, qui très rapidement, se sont rués vers leur banque pour tenter y vider leurs économies! » Nicos Anastasiades ne cachait pas que Chypre  avait « bataillé ferme avec ses pairs lors du sommet de l'Eurogroupe! » mais reconnaissant le « risque politique d'une telle décision » qui plaçait son état dans la plus grande incertitude. Il ne croyait pas si bien dire ce soir là à la télévision chypriote. Très rapidement le cas chypriote devait faire des vagues jusqu'à Moscou, qui parle d'un « véritable racket! », jugé d'autant plus injuste « qu'il touche les plus modestes épargnants du pays pour que l'Union européenne règle ses comptes en noyant honteusement le dossier des fonds russes dans la masse... » et ne semble pas vouloir se laisser faire dans ce que de nombreux élus politiques de Chypre considèrent comme un texte qui ne serait que « crime avec préméditation! » Donc pour certains parlementaires chypriotes, il s'agirait bien plus d'une opération pour instiguer à Chypre de couper ses relations avec Moscou et Pékin, un comble pour nombreux d'entre-eux qui seront chargés de voter un plan de privatisations sans précèdent et en partie exigé par la troïka et le F.MI; qui selon eux « vise à écarter les futurs acquéreurs Russes ou Chinois! ».



Jeroen Dijsselbloem...
 
Pour l'Eurogroupe, son président réitère sa proposition de ne pas pénaliser les plus petits épargants afin que Chypre puisse trouver une issue après le refus du parlement.
Un ministre des finances néerlandaiss et nouveau président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem qui s'est exprimé ce Mardi soir. Il a jugé « profondément regrettable le refus du Parlement chypriote » insistant pour réitérer "la proposition de l'Eurogroupe présentée lundi consistant à ne plus devoir taxer les dépôts inférieurs à 100000 euros... » , tout autant ferme en réaffirmant « ...que c'était à Nicosie de déterminer comment financer le reste." (...) "Les plus gros volumes de richesses à Chypre se trouvent dans les banques, et ce sont les banques qui ont des problèmes, il est donc inévitable que nous nous penchions dessus", devait conclure le chef de l'Eurogroupe.



"Dans la mesure où c'est une contribution à la stabilité financière de Chypre, il paraît équitable de demander une contribution à tous les déposants", avait cependant déjà commenté lors d'une précèdente conférence de presse le même président de l'Eurogroupe. Le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem y avait précisé que cette ponction représentait "environ 5,8 milliards d'euros...".
 


Courage...

Le ministre russe des Finances Anton Silouanov a regretté une décision prise « par les ministres des finances de l'eurogroupe et finalement sans concertation préalable par l'UE avec son pays » et menace de revenir sur « sa proposition d'assouplir les conditions du crédit de 2,5 milliards d'euros accordé à Nicosie en 2011. » « Ce que Dieu te donne d'une main, il te le reprend de l'autre! » aurait évoqué un haut diplomate européen en poste à Moscou et qui, visiblement très ulcéré à l'idée de cette taxe exceptionnelle... ses modalités d'applications sans concertation. Pour de nombreux observateurs, ce plan de sauvetage ne serait « qu'un scandale qui en dit long sur les compétences de ceux qui le vendaient à Bruxelles comme innovation! » Différentes de nos sources reconnaissent « une approche qui manquait d'un calibrage efficient et peut-être trop rapide face à l'urgence du cas chypriote, certains plaident déjà coupables! » Devait nous confier une source diplomatique proche du dossier. Il faut dire que les marchés financiers se sont élevés et ne se sont pas privés de faire payer si mauvais travail. « Franchement, là, ils déraillent, quel genre de signal escomptaient-ils donner avec si mauvaise décision, créer un précédent? » (…) « Je souhaite bien du courage à l'Eurogroupe pour remettre de l'ordre dans ce plan de sauvetage! Chypre a besoin en fait de quelques 17 milliards d'euros pour faire face à sa dette, et a demandé une aide européenne en juin. Il est le cinquième pays de la zone euro à bénéficier d'un programme d'aide internationale. Mais faut-il préciser ici, avec un montant très inférieur aux centaines de milliards déboursés pour la Grèce et aux dizaines de milliards versés au Portugal, à l'Irlande et pour renflouer le secteur bancaire espagnol! Sur quel fondement l'Eurogroupe et les autres contributeurs décident d'inaugurer une taxe exceptionnelle si punitive, sur quel fondement économique? » (…) « Ce plan de sauvetage est une honte absolue dès lors qu'il se veut contraire à l'équité que doit défendre et assurer l'Union européenne à chacun de ses partenaires... »


Toutes les vérités...

Le plus incompréhensible dans les décisions du plan de sauvetage international , est bien le traitement stratégique  du potentiel énergétique de l'île «qui vient de trouver des colossales ressources en hydrocarbures sous la mer au large de ses côtes. » L'Union européenne semble vouloir ainsi démontrer qu'elle souhaite garder la main sur ce potentiel et donne certaines réponses à une Russie qui ne manque pas de jouer un certain double-jeu pour de nombreux observateurs du secteur: « Une posture compréhensible en partie, mais venir flanquer le bon peuple de Chypre au milieu de cette partition est un bien mauvais calcul qui trouvera sa limite... » Nous y sommes déjà peut-être? « Pas loin, dès lors que la banque russe Gazprombank, (ndlr:la banque est détenue à 41% par le géant public gazier Gazprom), a déjà proposé à Chypre une aide financière en échange de futures licences de production de gaz naturel au large de l'île méditerranéenne! », comme quoi, l'Union européenne sait être aussi proche de toutes les vérités qui entourent les flots de l'île de Chype... A Suivre.












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