mercredi 24 octobre 2012

Zone euro: Nomination luxembourgeoise compliquée à la BCE!



                                     M.Mersh,  future victime des féministes?
          
   
Le luxembourgeois Yves Mersh cristallise à lui tout seul le débat sur le fonctionnement des institutions européennes et la place légitime revendiquée par les femmes... C'est très certainement un feuilleton digne de la saga des « Feux de l'amour! ».



Donnant, donnant...

L'actuel président de l'Eurogroupe et premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker croyait bien faire en présentant le gouverneur émérite de la Banque Centrale du Luxembourg à la nomination au sein du directoire de la Banque Centrale Européenne, "reposant très certainement son analyse sur les compétences acquises de son poulain..."  Pourtant, s'était sans compter sur l'entremise d'une fronde de féministes qui jugent intolérable que cette place soit réservée à un homme... et seulement. « Le calendrier de l'institution est formel, si d'aventure monsieur Mersh s'impose, plus aucune femme à la direction au cours des six prochaines années! » C'est dire le peu de cas qui est fait à la cause des féministes qui clament haut et fort le besoin d'équité dans la représentation d'une telle institution, jugée comme une des plus importantes de l'Union européenne: « Renoncer à ce devoir d'équité, s'est envoyer à coup sûr un mauvais signal à celles et ceux qui se battent sans relâche pour que le processus des nominations tienne compte de l'équité qui est censée être respectée au sein de nos institutions. Il ne s'agit pas de remettre en cause les qualités de la candidature luxembourgeoise, mais de concevoir que notre cause est toute aussi valable que le résultat d'une négociation passée lors du prolongement du mandat de l'actuel président de l'Eurogroupe... » (AmbianceI)

Il faut dire que l'actuel président de l'Eurogroupe avait conseillé cette éventualité lors des négociations sur une prolongation de son mandat, une idée jugée intéressante du fait des qualités de l'actuel gouverneur de la Banque Centrale du Luxembourg. Depuis quelques semaines, une fronde s'est organisée en mêlant la cause noble des féministes aux nombreuses réticences qui pointent pour revenir sur la méthode et le bien fondé de ce que certains observateurs ironisent déjà comme « ...possible nouveau scandale d'un certain chantage d'un donnant donnant qui se voulait tant gagnant gagnant! »
 
 
A charge!
 
 Pour l'heure, l'actuel gouverneur de la Banque Centrale de Luxembourg ne devrait pas subir de nouvelles altérations à si bonnes volontés. Il faut dire que l'homme s'est particulièrement bien défendu lors de son audition devant la commission « à charge » des affaires économiques du Parlement Européen, « Une opération finalement peu glorieuse pour les féministes et leurs défenseurs,  tant les arguments de ces derniers s'étiolaient lors de l'audition du luxembourgeois, jugé comme sincère sur la question! » (AmbianceII)  En effet M.Mersh s'est montré diplomate et serein face aux critiques, comme pour rappeler que le sexisme est à double sens... M.Mersch a assuré avoir respecté toutes les procédures du processus de nomination, "...qui relèvent du Conseil européen et des Etats membres" Pour devoir mieux affirmer « Se sentir lié au principe d'égalité entre les sexes.... » mais, a-t-il ajouté, « Il faut essayer de régler ces problèmes au sein de toutes les institutions et dans le temps ». Invitant son auditoire à la modération en précisant que « les effectifs de la BCE comprenaient "actuellement 43% de femmes, y compris à des postes de direction... ».


 
Avis négatif...



Lundi soir la commission des affaires économiques du Parlement européen a finalement émis un avis négatif sur sa nomination, au motif « qu'elle priverait l'exécutif de la BCE de femmes jusqu'en 2018. Les euro députés voteront jeudi en séance plénière sur la nomination de M. Mersch! » Cet avis n'étant que consultatif, il faut y mettre à présent dans la balance la prise de position du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, qui devait mardi, appeler « les euro députés à mettre fin au blocage », estimant qu'il était « urgent de pourvoir ce poste vacant de la BCE! » laissant sur sa fin la commission des affaires économiques du Parlement Européen et sa résolution sur le fait que « le directoire de la BCE a toujours compté une femme en son sein depuis la création" de la banque centrale. »
 

 
...Avis définitif!
 

Le Parlement n'ayant, au final, jamais le dernier mot en termes de nomination, ce pouvoir revient aux dirigeants des États-membres. Les parlementaires devraient ainsi rendre leur avis définitif jeudi.
Le Conseil des gouverneurs de la BCE, principal organe de décision de la banque centrale, est composé de 23 membres: les six membres du directoire et les 17 gouverneurs des banques centrales nationales.

La dernière femme à y avoir siégé en tant que membre du directoire était l'Autrichienne Gertrude Tumpel-Gugerell entre 1998 et 2011. Elle a été remplacée par le Belge Peter Praet, qui avait été préféré à la Slovaque Elena Kohutikova... A suivre.







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