vendredi 25 novembre 2011

Zone Euro: Les marchés ciblent l'Allemagne... infléxible!


        "Zone euro, et son Allemagne infléxible..."


Le mini-sommet de jeudi à Strasbourg sera bien conforme à l'esprit de ses nombreux rendez-vous... Vous savez ceux  qui n'apportent plus aucunes avancées notables sur la crise de la dette...

L'exercice se rompt toujours plus à une diplomatie qui  plombe toujours plus les opérateurs de ces mêmes marchés, "qui toujours plus nombreux, commencent  à trouver la ficelle un peu grosse". (...) "On nous annonce, à juste titre, la gravité croissante de la situation, l'urgence qu'elle suggère, tout un train de mesures, qui de réflexions en bonnes intentions, s'accommodent d'orientations, et finalement, pour devoir comprendre que tout ce beau monde campe sur ses positions et se quitte en se donnant... un nouveau rendez-vous!"

Nous l'évoquions sur "Finance Offshore", il ne fallait pas s'attendre à des évolutions sur l'épineuse question du rôle de la BCE (Banque centrale européenne), Angela Merkel s'est montrée conforme à l'explication de texte "...exposée stratégiquement, quelques 48 H avant la réunion de Strasbourg!", (...) "Une chancelière particulièrement inflexible sur la position allemande lors de sa prise de parole au Bundestag." (Le parlement allemand)... "L'idée de voir la BCE mandater dans le rachat  ou la mutualisation en masse de l'ensemble des dettes, ce n'est pas l'option actuelle des allemands", ils ne veulent pas ou plus payer "pour les autres", peut-on résumer la ligne de défense bien germanique... Le mot d'ordre est simple, l'indépendance de la BCE ne doit pas souffrir des problématiques actuelles de la crise de la dette "entrée dans une phase systémique". Comme si la Zone euro était un ensemble homogène, résultat d'un parfait équilibre, les allemands roulent toujours en solo...  "La balance commerciale de l'Allemagne permet de conforter une croissance qui laisse rêveur ses principaux partenaires." Mais il fallait un signal fort, celui de la fin "d'une certaine omerta sur le devenir de la contagion de la crise et son fameux effet domino", le tant redouté...

 En effet, la première salve vient de toucher l'Allemagne "au coeur du système", celui "d'un premier raté sur le très influent "Bund", la référence en Zone euro sur les émissions obligataires qui permettent de lever les fonds utiles au toujours précieux paiement de la dette d'un état. "Allemagne qui n'a réussi à lever mercredi que 60% de la somme qu'elle souhaitait emprunter à l'occasion d'une émission obligataire, placée qu'à hauteur de 3,6 milliards d'euros contre une offre initiale de 6 milliards d'euros, du jamais vu!" L'Allemagne vient d'essuyer un sérieux revers, certes encore loin de l'échec d'une adjudication sans effet, " ...mais de quoi réveiller ceux tous ceux qui pouvaient douter voir la suprématie allemande passer au travers d'un certain filet." A partir de cet incident, la posture allemande devra évoluer, "et plus la gravité gagnera en ampleur, les fondamentaux qui font camper Angela Merkel, risquent de voir plomber l'actuelle ligne directrice." (...) "Les allemands font leurs comptes, et rien ne peut encourager une perte de souveraineté de leur puissance acquise en Zone euro, jouer la montre leur permet d'obtenir un cadre précis qui les préservera, tout au moins le pensent-ils encore...(...) Ils sont toujours plus nombreux à s'élever sur l'inflexible  posture allemande, mais  jamais  en position pour tenir la dragée haute à madame Merkel!"

Salle d'attente
C'est bien toute la complication de cette véritable partie de poker, revoir les traités européens pour définir un nouveau cadre (le fameux livre vert de la Commission du président José Manuel Barroso)  "ce que les allemands aiment à penser comme l'oraison funèbre de leur suprématie!", le Fonds de stabilité qui, empêtré dans sa mise en forme, " ...est déjà  jugé inutile si d'aventure, un état comme l'Italie venait à flancher!"  Un fonds de stabilité bien insuffisant par rapport à l'ampleur des dégâts... Il est d'autant plus inefficace que son entrée en action est suspendue à une échéance début décembre... Ceux qui souhaitent une mutualisation des forces de la Zone pour répondre aux  nombreuses faiblesses maintes fois identifiées,  sont invités à prendre patience dans la salle d'attente d'une chancelière résolument décidée à prendre son temps. "Un jeu de dupes, à force de s'entêter, on perd un temps fou, et il n'est plus impossible de voir un éclatement de la Zone euro. On voit bien que les questions d'Eurobonds, d'une implication renforcée de la BCE pour déplacer le curseur de la souveraineté des états sont dans la ligne de mire". Il n'est pas anormal de voir Angela Merkel pointer les exigences de son pays "pour un calendrier qui lui donnera d'autant plus de garanties", mais à force de s'enfermer dans cette logique, l'Allemagne risque de se retrouver très rapidement en responsabilité face à ses pairs qui n'hésiteront pas à lui notifier son rôle dans un futur éclatement, car si la notion systémique gagne en ampleur, "ceux qui seront en capacité, exigeront des comptes aux maîtres d'un certain pilori de la Zone euro..." (...) Car ils sont nombreux à s'élever contre cette inflexibilité germanique, la Zone euro ne doit plus se résumer qu'au leadership du couple franco-allemand, 17 membres qui commencent à trouver la toute puissance comme un boulet aux effets toujours plus pervers!"

C'est dire l'ambiance pesante, la tentation de voir fléchir les allemands est d'autant plus grande que la crise se fait systémique, l'effet domino, on y est, et certains vous diront qu'il est encore temps de sauver "ce qui peut l'être!"... Les marchés sont nerveux, certains imaginent que l'émission d'euro obligations ou monétisation mutualisée  des dettes est une issue encore possible, se rassurent-ils ainsi. En face,  alors que d'autres s'inquiètent de voir la BCE comme une nouvelle usine à gaz qui toujours plus enchaînée au diktat allemand implosera sous la force des chaînes "resserrées comme jamais!". (...) "On s'inquiète de cette main mise, une Angela Merkel qui semble oublier un peu vite qui sont ses principaux clients et donc partenaires de la Zone euro!" "Les marchés semblent se mettre en accord sur le besoin de voir les allemands accepter déplacer certaines digues, s'ils ne le font pas, nous pourrions par certaines vagues y parvenir..." Le raté du Bund est très certainement un des premiers effets sur la "suprématie bornée" allemande, les marchés sont dans une réelle lassitude, et n'excluent plus de s'attaquer ouvertement à l'édifice matriciel de la Zone euro. Depuis le 21 juillet, (sommet européen de sauvetage de la Grèce dit "de la dernière chance")  la crise de la dette et les premiers résultats de certains efforts accomplis par des états enferrés dans cette même crise, suggèrent une hauteur de vue pour l'ensemble de la Zone euro, "...C'est à dire au delà du seul périmètre du couple franco-allemand, clairement attaqué, car clairement moins vertueux que semblaient s'en convaincre les deux dirigeants  érigés en task force du sauvetage de la Zone euro!". (...) La France de Nicolas Sarkozy et son triple A, "Perspective stable..." précisera t-il lors de la conférence de presse de Strasbourg, et puis Angela Merkel et le Bund qui vient de subir sa première salve..."  En France, un ancien conseiller de François Mitterand, ancien patron de la BERD, l'économiste "Jacques Attali, un brin trop fataliste?" annonce une nouvelle foi l'éclatement de la Zone euro et la fin de l'euro, toujours plus possible si...  Pour certains il serait "bien trop pessimiste", pour d'autres, "clairement excessif" mais relevant trois impératifs qui font un large consensus sur la fronde qui pèse contre "l'entêtement du camp allemand". Pour l'économiste, il faut impérativement: "Permettre «en urgence à la Banque centrale européenne (BCE) de racheter des obligations d'État»", que "chaque pays européen accepte de «perdre de la souveraineté au bénéfice des autres et pas des marchés» et «mettre en place une réforme des traités (…) pour permettre à l'Europe d'avoir dès à présent des recettes fiscales»". recommandations de Jacques Attali pour "permettre à l'Europe de sortir la tête de l'eau!". Souhaitons juste que la chancelière Angela Merkel puisse aller puiser si bons conseils dans le dernier livre de ce même Jacques Attali...   A Suivre.










Pour compléter votre analyse:  Finance Offshore vous recommande un article trés intéressant: "Is this really the end?" de "The Economist" (Tous droits réservés.)
(Article disponible en langue anglaise, traduction possible avec outil de traduction Google).




   Lire ici (lien actif) de l'article en référence...





(Tous droits réservés:  Une de "The Economist")







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