jeudi 6 octobre 2011

Zone Euro Dexia: Crise des liquidités: "Il faut recapitaliser les banques!"

  La Zone euro passe de la crise de la dette à celle de son secteur bancaire...


Le futur possible démantèlement de la banque franco-belge (et luxembourgeoise) inaugure une série de crises dans le secteur bancaire européen. Alors que le Fonds Monétaire International "recommandait une recapitalisation urgente du secteur bancaire de la Zone Euro", les dernières évolutions de la crise de la dette "mettent à terre" cette première victime.

Un plan d'urgence entre 100 et 200 milliards d'euros

Rassurons immédiatement les clients sur les garanties d'une banque qui serait en situation proche de la faillite, qui, jusqu'à 100 000 euros, seront "payés" par le fonds de garantie de  l'état , au delà il s'agira bien "...d'une simple créance", c'est à dire "sans obligation légale et donc contractuelle envers le client... " Bien que Dexia soit clairement- à des années lumières d'un tel scénario catastrophe, en Belgique, hier, "quelques 300 millions" d'euros de dépôts sont -déjà- "retournés dans la poche de leurs propriétaires". La confusion étant de mise, ils sont nombreux, à s'inquiéter de la suite qui sera donnée à cette énième crise du secteur bancaire européen. "Celui  qui du coup  fragilise l'ensemble des institutions présentent en Zone euro".  Point de catastrophisme de notre part, tout juste une interrogation sur le fonctionnement de la Zone euro qui s'enlise dans cette crise de la dette. On peut raisonnablement s'étonner sur le peu de cas que les membres de la Zone euro semblent faire aux recommandations du Fonds Monétaire International "en temps et en heure..." Le Fonds monétaire international a concrètement suggéré ce mercredi "d'injecter entre 100 et 200 milliards d'euros dans les plus grandes banques européennes pour stabiliser le secteur".  D'ailleurs, de nombreux économistes s'étaient largement avancés sur la question de la recapitalisation du secteur bancaire: "Un besoin urgent, bien plus grave que le seul dossier des états qui frôlent le défaut de paiement"(...)" Une stratégie collective de l'ensemble des états de la Zone Euro doit s'imposer, la prochaine crise bancaire sera bien cette difficulté croissante pour se fournir des liquidités, néanmoins on peut déjà imaginer des structures de défaisance "mises rapidement en place pour extirper les produits "toxiques" des autres... , leur action sera essentielle pour préserver les banques en difficulté "et tous les véhicules financiers encore seins de l'activité primaire.".

Déconfiture

Car le cas Dexia trouve en partie son origine dans la relative défiance des marchés sur la capacité de réponse du secteur bancaire européen enferré dans le plan de sauvetage bis pour la Grèce, "Celui qui met le focus sur les difficultés chroniques du secteur bancaire européen qui manque cruellement d'une stratégie coordonnée des responsables politiques de l'Union européenne pour renflouer des établissements exposés."(...)" Dexia est la banque des collectivités en France et en Belgique, ses prêts et leur nomenclature spécifique ne pouvait que contribuer à une telle déconfiture, il est urgent d'associer cette dernière branche à des établissements plus solides et préserver les banques de réseaux qui sont en ligne directe avec les économies locales, des macros comme au Luxembourg ou en Belgique.."(...) Cet épisode Dexia sera un électrochoc qui deviendra vite salutaire pour l'ensemble des acteurs du secteur bancaire européen!"

Urgence

Pour l'heure, c'est la crainte d'un scénario comme celui de la crise du secteur bancaire comme celle qui devait s'installer à partir de la faillite de la banque Lehman Brothers aux États-Unis en 2008. Le risque est présent dans tous les esprits, "Il y a une urgence!". "C'est justifié, s'il y a un constat commun que les banques ne sont pas assez capitalisées, que l'on y procède, compte tenu de la situation actuelle sur les marchés financiers!" précisera la chancelière allemande Angel Merkel qui a exhorté les européens à accélérer les initiatives pour recapitaliser le secteur dans le contexte particulier ou le F.M.I s'inquiète toujours plus officiellement de la lenteur des européens,   le responsable du FMI pour l'Europe, Antonio Borges, a jugé dans ce contexte à Bruxelles qu'il était "plus que temps" que la zone euro trouve une solution à la crise de la dette, parlant "d'une risque de récession en 2012." 

Dans cet esprit, des informations du Financial Times évoquent que  les ministres européens des Finances "ont demandé au régulateur bancaire européen (EBA) de plancher activement" sur les éventuels besoins en recapitalisation des banques européennes  "dans l'hypothèse d'une importante décote de leurs titres grecs." Angel Merkel souhaite "voir ses partenaires établir des critères communs". "Pour les marchés, il est important qu'on aboutisse à des résultats"(...) "le temps presse et donc il faudrait que cela se fasse vite".

"Agir Vite"

Pour la chancelière, l'Allemagne est disposée à montrer la voie. "Le gouvernement allemand est prêt, si nécessaire, à réaliser une recapitalisation" des banques du pays a rassuré la chancelière, "en n'excluant pas que la question soit abordée au plus haut niveau, lors du prochain sommet européen à Bruxelles, les 17 et 18 octobre." Elle se dit déterminée pour convaincre le président français afin "d'agir vite" pour soutenir les banques lors de leur rencontre prévue ce dimanche à Berlin. Olli Rehn, commissaire aux Affaires économiques a prôné "une approche concertée, coordonnée en Europe"(...). "Le capital des banques européennes doit être renforcé afin de leur donner une marge de sécurité et ainsi de réduire l'incertitude sur les marchés."

Le deuxième plan de sauvetage  acté en juillet pour la Grèce n'est pas étranger à cette énième crise en Zone Euro. Ce sont donc les 109 milliards d'euros de prêts, auxquels s'ajoutera la contribution des banques créancières. Aujourd'hui elle touche le secteur bancaire  dont "il était prévu que les banques concernées  acceptent une dépréciation de leurs créances de 21% en moyenne." Mais Mme Merkel a de nouveau insisté ce mercredi que l'effort pourrait être "ajusté à la hausse" en raison de la dégradation de la situation économique du pays. De quoi amplifier certaines inquiétudes relatives au forum de l'Eurogroupe de Luxembourg, qui mardi, s'était soldé par un énième report de décision sur ce même plan grec pour "obtenir le bilan d'étape des experts de la troïka (FMI/BCE/UE), élément indispensable pour juger des efforts du gouvernement grec...".(...)  Il faut dire que les discussions se portèrent sur la crise de la banque Dexia, dont l'annonce des difficultés devait déplacer le centre de gravité de la crise de la dette et donc du plan grec sur la question des liquidités des banques européennes et l'urgence d'une recapitalisation concertée du secteur au plus haut niveau..."(...) L'urgence était palpable dans les différents conciliabules de ce forum de l'Eurogroupe, tout y est passé comme l'abaissement de la note de l'Italie qui devient une cible alors que Dexia étant privée de liquidité pour son fonctionnement s'oriente vers un démantèlement que soutiennent la France et la Belgique." Nous souligne un haut diplomate. On s'oriente vers une vente "à la découpe", dont la création -indispensable- d'une structure de défaisance et donc de fait  l'écartement des produits jugés "toxiques". Des objectifs pour  la préservation des banques de réseaux en Belgique et au Luxembourg "qui pourraient se voir adosser à d'autres banques locales d'états ou par des groupes privés "intéressés"... A suivre.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a confirmé jeudi qu’il proposait « une action coordonnée » en Europe pour recapitaliser les banques, afin de les débarrasser de leurs actifs toxiques.« Nous proposons désormais aux Etats membres de mener une action coordonnée pour recapitaliser les banques, et se débarrasser des actifs toxiques qu’elles peuvent détenir », a-t-il déclaré dans un entretien à Euronews.

Photographie: Tous droits réservés

Finance Offshore © Copyright 2006 - 2017- Tous droits réservés- Images may be subject to copyright.