mardi 26 avril 2011

FMI/G20: Réunion du Conseil des gouverneurs du Fonds Monétaire International.


          «C’est le début d’une ère nouvelle pour la surveillance multilatérale du FMI» pour D.Strauss Kahn.



 Dans son dernier opus, le "Le bulletin du FMI" nous dresse un compte-rendu  sur la séance plénière du Conseil des gouverneurs.  Cette réunion préfigure en général les principales grandes orientations de l'institution supranationale. Cette réunion de printemps  est doublement intéressante, en plus des orientations inhèrentes à l'institution, viennent s'ajouter  les récents objectifs portés par le G20.

C'est bien la promesse d'une refonte de l'institution qui semble acquise aux travaux du Conseil des Gouverneurs du Fonds. Il en ressort le rôle accentué d'un suivi "augmenté" de l'activité économique mondiale pour un FMI qui s'arme toujours plus "pour permettre aux nombreux pays d'anticiper les problèmes qui se profilent". Car il n'est pas certain que toutes les leçons de la récente crise soient de nature à éviter de nouveaux déboires pour les régions du monde toujours à la peine...  Pour s'éviter cette situation, le fonds passe à la vitesse supérieure, après le temps du débat, le temps de l'action! Le FMI va bien devenir ce nouvel acteur de la surveillance multilatèrale, devenir cette arme tant redoutée par  les  trops nombreux  gouvernements qui s'accordaient "certaines facilités" en contradiction avec la bienveillance "qui se devrait être portée aux services des peuples par une Economie responsable"... Inutile de faire ici l'inventaire des récents exemples de ces nombreuses dérives mises en focus par la crise.

C'est toute la communauté internationale qui "se doit d'agir avec cohérence!", la régulation financière, les nouvelles normes prudentielles, le rôle des nombreuses institutions qui de Banques Centrales, à Commissions Nationales du secteur financier et toutes autres institutions comme l'OCDEUnion Européenne... Etats, organisations qui se retrouvent renforcées par les orientations que précise  cette réunion de printemps du FMI et de la Banque Mondiale, deux principales organisations de tutelle pour ces objectifs rendus indispensables.  Finance Offshore vous propose le compte rendu  de cette réunion qui s'est tenue à Washington, travaux éminemments importants pour le devenir économique de la planète, du macro prudentiel au risque systémique, points essentiels de la nouvelle convergence sur les nombreuses missions  qui devront -aussi- traiter les difficultés liées sur la volatilité des changes, occasion de repenser la théorie économique après la crise, "et donc améliorer la surveillance multilatèrale!"   





RÉUNION DE PRINTEMPS
DU FMI ET DE LA BANQUE MONDIALE


Rôle accentué de suivi de l’activité économique mondiale pour le FMI

Bulletin du FMI en ligne

17 avril 2011

 Reprise mondiale encore fragile face à des risques connus ou naissants

 Le CMFI demande au FMI de renforcer la surveillance multilatérale pour « dresser un tableau complet»

 Déblocage possible d’une aide financière de 35 milliards de $ pour le Moyen-Orient
Alors que la reprise mondiale gagne du terrain, mais demeure fragile sur divers fronts, le FMI va renforcer le suivi de l’activité économique mondiale pour aider les pays à anticiper les problèmes qui se profilent et à agir sans tarder pour prévenir les futures crises.

«Ce qui est extrêmement important, c’est de dresser un tableau complet [des risques]», a déclaré M. Tharman Shanmugaratnam, Ministre des finances de Singapour, qui présidait une réunion cruciale de l’organe directeur du FMI, le Comité monétaire et financier international (CMFI).

«Si je devais résumer le thème central de ces réunions de printemps, je dirais que c’est le renforcement de la fonction de surveillance du FMI », a déclaré son Directeur général, M. Dominique Strauss-Kahn.
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Les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale à Washington rassemblent les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales du monde entier. Le constat qui y a été fait est que des risques persistants ou naissants pèsent sur l’économie mondiale, du fait de la hausse des cours des produits alimentaires et des carburants, du désastre au Japon, de l’agitation au Moyen-Orient, du chômage persistant dans divers parties du monde et de la surchauffe qui menace l’économie de certains pays émergents dynamiques.

Pour tenir à l’oeil les problèmes qui se dessinent, «nous devons être extrêmement vigilants», a déclaré aux journalistes M. Shanmugaratnam, qui est le premier asiatique à présider le CMFI. «Il nous faut aussi donner au FMI davantage de moyens pour prendre les devants, anticiper les 2 scénarios qui pourraient mal tourner et mettre en demeure les pays — surtout ceux qui ont une importance systémique — d’agir sans tarder pour prévenir une autre crise majeure.»

Des analyses d’un type nouveau

M. Strauss-Kahn a expliqué que le FMI assemblerait les différents volets de ses travaux pour produire un nouveau rapport global de surveillance multilatérale, qui comprendra une analyse des effets de « contagion » — la manière dont les problèmes affectant une partie du monde peuvent se propager ailleurs et la politique d’un pays peut avoir des retombées au-delà de ses frontières.
Pour dépister les effets de contagion, a déclaré M. Shanmugaratnam, il faudra que le FMI fasse preuve d’adresse et tire parti d’un ensemble plus vaste d’informations en prenant l’avis des experts.


«C’est le début d’une ère nouvelle pour la surveillance multilatérale du FMI», a déclaré M. Strauss-Kahn. Cette nouvelle approche repose sur des travaux dans trois domaines:

Repenser la théorie économique au lendemain de la crise mondiale

Repenser les orientations stratégiques, par exemple les recommandations en matière de contrôle des changes

Essayer d’améliorer le fonctionnement du multilatéralisme et de la coopération mondiale

Les avancées du G-20

Dans le droit fil de leur démarche de coopération, les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales du Groupe des Vingt (G-20) pays industrialisés et pays émergents ont franchi une nouvelle étape en adoptant une série de lignes directrices pour mesurer les déséquilibres qui pourraient déstabiliser l’économie mondiale.

Les lignes directrices sur lesquelles les ministres se sont entendus donnent une base concrète pour l’évaluation mutuelle des politiques économiques des pays du G-20, pour remédier aux déséquilibres majeurs et promouvoir les objectifs de croissance du G-20. Le processus s’appuie sur les analyses réalisées indépendamment par le Fonds monétaire international (FMI).

Aide financière au Moyen-Orient

M. Strauss-Kahn a indiqué que le FMI pourrait apporter une aide financière à des pays du Moyen-Orient, à concurrence de 35 milliards de dollars EU. «Nous sommes prêts à leur fournir une assistance technique, mais aussi un soutien financier», a-t-il déclaré.

À un séminaire sur le Moyen-Orient quelques jours avant, le Directeur général du FMI avait indiqué que le FMI avait tiré les enseignements de l’agitation dans la région et pris conscience de la nécessité de regarder au-delà des chiffres macroéconomiques traditionnels pour se faire une idée plus exacte des tendances sous-jacentes.

«Nous devons voir plus loin …prendre en compte la distribution du revenu, le chômage des jeunes, l’état de la société», toutes choses « qui ont leur importance pour que la croissance soit durable ».

Mais il a ajouté que les nouveaux gouvernements auraient besoin d’aide. «Pour que révolutions réussissent, il faut construire des institutions démocratiques…et leur garantir la stabilité macroéconomique. Sinon, il y aura une nouvelle vague d’agitation sociale. »



Gare au triomphalisme

M. Strauss-Kahn avait déclaré au début des réunions de printemps que la communauté internationale ne devait pas verser dans le triomphalisme au lendemain de la crise récente « et j’en suis encore plus convaincu maintenant », a-t-il déclaré.

Il a énuméré les domaines dans lesquels il importe de progresser encore :

-Continuer à réparer le secteur financier où la crise mondiale a pris naissance

-Faire davantage pour faire reculer le chômage. « La croissance ne suffira pas. Il nous faut une croissance …génératrice d’emplois. »

-Remédier à la dette et aux des déficits publics des pays avancés

-Prendre garde aux risques de surchauffe dans quelques pays émergents. Lors de conférences de presse, des représentants des services du FMI pour les régions Asie et Amérique latine ont évoqué des risques de croissance trop rapide et de surchauffe

-Faire face à la hausse des cours des matières premières et aux craintes d’inflation. Les ministres des finances africains ont expliqué que l’Afrique doit essayer d’élargir sa gamme d’activités économiques pour devenir moins tributaire des exportations de matières premières.

Mouvements de capitaux

Les ministres ont aussi abordé le problème de la volatilité et des effets potentiellement déstabilisateurs des flux de capitaux mondiaux. Le FMI a récemment adopté une approche plus pragmatique en matière de contrôle des changes, en disant qu’il peut être utilisé à l’occasion et en liaison avec d’autres mesures.

Aux termes du communiqué du CMFI, les travaux récents du FMI sur la gestion des flux de capitaux «sont une étape qui devrait déboucher sur une démarche globale et équilibrée.»
Les ministres précisent que cette démarche doit « tenir dûment compte de la situation propre à chaque pays ». Ils invitent le FMI à approfondir son analyse de la liquidité mondiale, des diverses expériences des pays membres en matière de gestion du compte de capital, de libéralisation des flux de capitaux transfrontaliers et de développement


Communiqué de la vingt-troisième réunion du Comité monétaire et financier international du Conseil des gouverneurs du Fonds monétaire international

16 avril 2011

Présidée par M. Tharman Shanmugaratnam, Ministre des finances de Singapour

Nous souhaitons la bienvenue à notre nouveau Président, M. Tharman Shanmugaratnam. Nous tenons à remercier M. Youssef Boutros-Ghali pour ses bons offices en tant que Président du CMFI en des temps difficiles.

Économie mondiale.
La reprise mondiale monte en régime, mais reste vulnérable. Nous avons examiné les risques considérables qui pèsent sur les perspectives et avons décidé de prendre les initiatives nécessaires pour conforter la reprise. Il convient de prendre des mesures crédibles pour accélérer les progrès sur le front de la stabilité financière et de la viabilité des dettes souveraines, et pour rééquilibrer les finances publiques en temps voulu dans les pays avancés, tout en veillant à éviter la surchauffe dans les pays émergents, et en faisant face aux risques résultant de la hausse des cours des matières premières. Nous soulignons aussi qu'il importe de créer des emplois pour assurer la viabilité à moyen terme. Dans ce contexte, il faut aussi suivre de près les retombées économiques immédiates des événements tragiques au Japon et des développements dans certains pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. Comme les politiques économiques peuvent avoir des effets considérables par-delà les frontières, nous nous engageons à continuer de conjuguer nos efforts pour lutter contre les effets de contagion et réaliser une croissance mondiale robuste et équilibrée.

Stabilité financière mondiale.

Nous sommes déterminés à redoubler d'efforts pour accroître la résilience du secteur financier et sa capacité à soutenir la reprise économique. Il importe de faire progresser les réformes visant à réfréner la prise de risques financiers excessifs et circonscrire l’aléa moral, ainsi qu’à renforcer le contrôle et la réglementation des places financières. Les récents accords internationaux sur le renforcement de la réglementation financière doivent maintenant être appliqués et s’accompagner de contrôles plus efficaces. Il faut renforcer la coopération et progresser plus rapidement face aux risques représentés par les établissements financiers d'importance systémique au niveau mondial, y compris à l’aide de normes prudentielles plus strictes, et pour ce qui est du règlement des faillites à l'échelle internationale. Nous saluons les contributions du FMI dans ces domaines et en ce qui concerne le cadre macroprudentiel, et nous attendons avec intérêt les rapports à venir du programme d'évaluation du secteur financier sur les pays dont le secteur financier a une importance systémique. Nous préconisons de renforcer, dans le secteur financier, la surveillance des risques liés aux activités bancaires virtuelles, et nous convenons de maintenir la pression sur les juridictions non coopératives. Nous prenons note avec intérêt des informations actualisées concernant l'initiative sur les insuffisances des données et nous escomptons des progrès concrets dans ce domaine.


Système monétaire international (SMI).

Nous prenons bonne note des travaux analytiques du FMI sur le fonctionnement du SMI.

Surveillance.

Nous attendons avec intérêt une évaluation exhaustive, dans le cadre de l'examen triennal de la surveillance, de l'efficacité, de l’équité et des effets d’entraînement de la surveillance du FMI, notamment une évaluation des lacunes éventuelles et des mises à niveau nécessaires. Il faut continuer de mettre l’accent sur l'amélioration de la surveillance bilatérale et multilatérale, ainsi que le renforcement des liens entre les dimensions financière et macroéconomique. Tirant les enseignements des rapports récents du BIE, nous demandons que des propositions concrètes soient formulées avant notre prochaine réunion pour renforcer la surveillance du FMI, y compris en ce qui concerne la détection des risques, la surveillance des pays posant les risques systémiques les plus élevés, ainsi que la cohérence et l'intégration des produits de la surveillance. Nous attendons avec intérêt de recevoir des rapports de contagion francs et exhaustifs sur les pays les plus importants pour le système, et d'examiner un rapport global sur la surveillance multilatérale lors de notre prochaine réunion.

Flux de capitaux.

Les travaux récents du FMI sur la gestion des flux de capitaux sont une étape qui devrait déboucher sur une démarche globale et équilibrée s’appuyant sur l’expérience des pays en la matière. Tenant dûment compte de la situation propre à chaque pays et des avantages de l’intégration financière, cette démarche doit inclure des recommandations concernant à la fois les politiques qui donnent lieu à des entrées de capitaux et la gestion des entrées de capitaux. Nous invitons le FMI à approfondir son analyse de la liquidité mondiale, des diverses expériences des pays membres en matière de gestion du compte de capital, de libéralisation des flux de capitaux transfrontaliers et de développement des marchés financiers intérieurs.

Liquidité.

Nous attendons avec intérêt d’examiner les dispositifs internationaux de sécurité financière pour faire face aux crises systémiques, y compris des mécanismes d’injection de liquidités, assortis de garde-fous adéquats. Nous saluons aussi la nette expansion des ressources des Nouveaux accords d’emprunt. Nous appelons le FMI à travailler avec les arrangements financiers régionaux pour mettre au point des principes généraux de coopération avec le FMI. Nous demandons que les travaux soient poursuivis pour établir une méthode fondée sur des critères qui permettrait d’inclure d’autres monnaies dans la composition du DTS.

Pays à faible revenu.

Grâce surtout aux volants de sécurité macroéconomiques solides constitués avant la crise, les pays à faible revenu ont montré plus de résilience lors de la crise mondiale que par le passé, et se sont bien redressés, mais la plupart restent vulnérables face à la récente flambée des cours des produits alimentaires et des carburants. Il est important d’amortir l’impact économique et social de ces chocs. Le FMI doit continuer à offrir des conseils et des financements pour aider les pays à faible revenu à surmonter leurs problèmes de balance des paiements. Nous demandons au FMI d’affiner ses instruments pour évaluer la vulnérabilité et la viabilité de la dette des pays à faible revenu et étudier les moyens de les aider à gérer plus efficacement la volatilité.

Gouvernance.

Nous nous réjouissons de la prise d’effet de la réforme des quotes-parts et de la représentation de 2008 et nous invitons instamment tous les pays membres à faire le nécessaire pour que la réforme des quotes-parts et de la gouvernance de 2010 prenne effet avant l’Assemblée annuelle de 2012. Nous aurons à tâche de rehausser le rôle du CMFI en en faisant un foyer essentiel de coopération économique et financière.

Tremblement de terre au Japon.
Nous exprimons notre sympathie et notre soutien au gouvernement et au peuple japonais, confrontés aux effets des récentes catastrophes naturelles.




Prochaine réunion du CMFI. Notre prochaine réunion se tiendra à Washington le 24 septembre 2011.
La liste des  participants figure à l’adresse :



Source: FMI/IMF    Washington    Tous Droits réservés
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