vendredi 11 mars 2011

CLEARSTREAM/NYSE EURONEXT: Le congrés américain inquiet sur les fonds iraniens.

     A Luxembourg, on sait depuis longtemps que les fonds iraniens présentent un risque pour la fusion...


C'est au restaurant que le sujet refait surface, mes amis de la place financière de Luxembourg ne cachent plus leur réelle inquiétude sur la tournure des évènements...

"Aux States, c'est le bordel, le congrès américain est secoué par une fronde en règle des républicains, on ne sait pas ou l'on va, mais on y va, c'est certain!"

En effet dans le cadre de ce qui est considéré comme la plus importante fusion réalisée à ce jour dans le secteur financier, de nombreuses voix s'élèvent pour que l'administration Obama s'intéresse sur les possibles futures relations commerciales de la Bourse de New-York. Les républicains et même certains  démocrates -dans la coulisse- ne veulent pas de liens avec le régime iranien et ses différentes entités...

Pour certains proches de l'affaire: "Inconcevable de pouvoir tenir une posture sur la scène internationale vis à vis de l'Iran est devenir un de ses prestataires financiers dans le même temps! De toutes les façons, celà serait contraire à nos lois et porterait atteinte à notre sécurité nationale, son esprit, ses objectifs... Notre Constitution!" Clament des membres du congrès qui sont très remontés contre l'administration Obama.

Car sur le papier, l'opération est  intéressante, créer la première bourse au monde en fusionnant Deutch Borse et Nyse Euronext ... dont l'efficacité n'est plus à démontrer.

M. Geithner est conscient de cette problématique, mais à l'évidence très embarrassé, préférant ne prendre aucun risque, il assure tout juste que le gouvernement serait à juste titre "très vigilant pour protéger les intérêts de la sécurité nationale" américaine dans cette fusion.

Mais il semble que la question soit plus complexe, selon la lecture faite par certains observateurs de la constitution américaine, certains experts juridiques n'excluent pas de voir le projet clairement capoter!

De quoi compliquer la tache de l'administration américaine Obama qui est une des premières a solliciter le conseil de sécurité des Nations Unies pour pouvoir intervenir directement sur les avoirs douteux des différents dictateurs en délicatesse du printemps arabe. Comment accepter de voir un jour "la bourse de New-York rattachée au Iraniens ,  ce que des juristes considèrent déjà comme une potentielle relation avec une entreprise terroriste?" Un paradoxe qui ne pourra pas être oublié dans les négociations en cours, les républicains n'excluent pas de profiter de cette brèche ainsi ouverte.

Un député républicain a posé un certain nombre de questions précises au représentant de l'administration Obama :


« N'êtes-vous pas inquiets de la perspective que la Bourse de New York soit détenue par une société censée entretenir des relations commerciales avec l'Iran ?


Il y a quelques controverses avec Clearstream quant au fait qu'elle fournirait des services financiers considérables à l'Etat iranien et donc à des entreprises iraniennes. De plus, au moins deux milliards de dollars de fonds iraniens détenus par Clearstream ont été gelés dans le cadre des efforts des familles de nos soldats, les Marines tués ou blessés dans l'attentat terroriste contre leur caserne à Beyrouth en 1983, pour obtenir réparation. » a dit M. Austria.

Le Wall Street Journal avait dès décembre 2009 mentionné qu'un tribunal de New York avait un an et demi plus tôt et ce dans le plus grand secret -déjà- gelé plus de  2  milliards de dollars. Les fonds  détenus par Clearstream , chambre de compensation qui intervenait pour  le compte de différentes entités rattachées au régime iranien,  dont des comptes de la banque américaine Citigroup.

Car pour Clearstream, opérateur de référence dans l'opération, la difficulté est double, en plus de devoir porter des garanties aux autorités américaines, elle va devoir selon certains observateurs "respecter ses contrats avec les Iraniens" et s'expose en cas de complications "potentiellement   de fait et inexorablement à un conflit d'intérêts juridiques que les juristes vont devoir parer, démêler...  La fusion est encore soumise à l'approbation des différentes autorités de la concurrence américaines et européennes". Ce qui devrait être fait sans grandes difficultés dès lors le quitus de bonne volonté affiché acquis, "...les intérêts de l'opération sont si importants pour les différents acteurs de cette partition!".

Pour de nombreux observateurs avisés, l'affaire risque de prendre une toute autre tournure quand l'opinion publique américaine va comprendre la relative "dualité" que représentera de fait l'opération de fusion.

Clearstream est une filiale de l'opérateur de bourse allemand Deutsche Börse NYSE. Avec Euronext ils ont annoncé mi-février leur volonté de fusionner pour former le premier groupe boursier mondial, composé des places de New York, Francfort, Paris, Lisbonne, Amsterdam et  Bruxelles. Des opérateurs de qualité qui semblent "comprendre que ce grain de sable iranien risque de porter un certain coup aux rouages de la fusion".

De son coté, l'administration Obama assure vouloir contribuer à porter toutes les garanties d'usage dans le processus.


Communiqué de presse Euronext relatif à la fusion:
http://www.euronext.com/news/press_release/press_release-1731-FR.html?docid=960707

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