mardi 1 février 2011

AFFAIRE KARACHI GATE: François Léotard met ses points sur les i!


"Je ne sais pas si toute la vérité est bonne à dire!"
 François Léotard ancien ministre de la défense.
 


L' ancien ministre de la défense, François Léotard vient de donner son éclairage -forcément très personnel -au juge antiterroriste Marc Trévidic, en charge du dossier de l'affaire du Karachi Gate. Désireux de mettre ses points sur les I sur l'affaire Karachi, l'ancien ministre démontre ainsi que son "road show médiatique" répond à ce besoin de lisser une image écornée, au point de surprendre l'ensemble des observateurs de l'affaire. En effet, l'ancien ministre a décidé de communiquer une lettre au site "Rue 89" pour y compulser ses vérités...

 « Je ne sais pas si toute vérité est bonne à dire. C'est peu probable. Mais en voici quelques-unes dont il va être difficile de se passer. L'attentat de Karachi a été directement provoqué par deux éléments qui se sont conjugués. […] » Ainsi commence la missive de l'ancien ministre qui fait son résumé de l'affaire alors que depuis de très longs mois, les familles des victimes ne pouvaient que constater "l'omerta relative" de ce même monsieur Léotard.

Entendu Lundi matin, le juge aura écouté très certainement qu'un simple "copier-coller" de la déclaration faite devant la mission parlementaire  de l'assemblée nationale dont vous trouverez l'intégrale ici:
http://s1.lemde.fr//mmpub/edt/doc/20101203/1448412_6f2d_pvauditionleotard24112009.pdf


Fumeux...

Cette démarche qui intervient la veille de l'audition chez le juge se résume par un certain "retour à l'envoyeur", dont on retiendra l'accusation -à peine voilée-  pour l'ancien premier ministre Dominique de Villepin (ancien secrétaire général de l'Elysée à l'époque) et donc plus que directement de Jacques Chirac, président de la république, qui en son temps, avait décidé de mettre fin au système des commissions qui de légales à illégales sont toujours au coeur de l'affaire... 

Pour François Léotard la décision toute présidentielle du chef des armées en titre par la constitution, semble bien la meilleure piste de réflexion sur les raisons de l'attentat de mai 2002 qui aura coûté la vie de onze salariés de la DCN (Direction des Constructions Navales de l'état français). Mettant en avant ainsi les différents antagonismes liés aux risques des relations devenues tendues entre le Pakistan et la France qui décida -un peu plus tard- de proposer à l'Inde des produits de meilleure facture technologique qui, selon lui, rendait d'une certaine façon, les sous-marins Agosta quasi obsolètes bien que ceux-ci disposaient d'un "rapport qualité prix" défiant -toute la concurrence- et une alternative d'équipement jugé intéressante par les meilleurs opérateurs du secteur...

C'est bien le 21 Septembre 1994, que François Léotard a signé ce fameux contrat devenu fumeux... Ministre qui se défend de ne pas connaître les intervenants qui selon lui, légaux à l'époque, seraient intervenus dans le succès opérationnel du bouclage. Mettant en avant les travaux en amont des services secrets français de l'époque, qui selon lui, ne pouvaient que constater la qualité des intervenants... Il est vrai que le système de commissions utilisé était de fait légal, mais chacun sait que se sont les rétro-commissions qui portent l'altération la plus grave au  bouclage de l'affaire, et nul doute, que si au plus haut sommet de l'état, -après extension et enquêtes supplétives motivées des services concernés- la donne fut ainsi changée portant de fait des raisons qui méritent toujours un éclairage plus précis...



Sans compter...

Thèse que conforte le sentiment personnel de l'ancien ministre de la défense, François Léotard qui n'hésitait pas à s'en ouvrir devant la mission parlementaire en évoquant donc le lien entre l'arrêt des commissions dès l'arrivée de Jacques Chirac à l'Elysée en 1995 et l'attentat meurtrier de Karachi. Noyant ainsi ses vérités avec la potentielle frustration du Pakistan qui voyait en son voisin, l'Inde, équipé plus tard par la France avec des produits et non des "sous-produits"... Considérant au final une "grande légèreté" de la part de Jacques Chirac, Dominique de Villepin (alors secrétaire général de l'Elysée) et Charles Millon (alors ministre de la Défense) qui venaient de décider l'arrêt des dites commissions devenues donc pour certaines rétro-commissions et donc en illégalité avec la convention internationale relative aux ventes de solutions d'armement, signée plus en aval  par l'état français. Chacun ici pourra sans peine se tourner vers l'autre volet qui porte sur le financement -présumé illégal- de la campagne de l'ancien premier ministre Edouard Balladur, dont le commun des mortels retiendra la qualité d'implication des donateurs qui en nombre, donnèrent et donnèrent... sans compter des "larges coupures lors des nombreux meeting du candidat "additionnel"" de la droite française... Que les débats internes et tendus du Conseil Constitutionnel ne sauraient démentir. 



La lettre...

Voici la lettre de l'ancien premier ministre telle que diffusée par "Rue 89", les intertitres précédés d'une flèche sont de la rédaction du site:




Je ne sais pas si toute vérité est bonne à dire. C'est peu probable. Mais en voici quelques-unes dont il va être difficile de se passer.


► Deux causes à l'attentat de Karachi


L'attentat de Karachi a été directement provoqué par deux éléments qui se sont conjugués :


•l'arrêt des commissions, dont je rappelle qu'elles étaient conformes à la loi, versées à des intermédiaires identifiés et reconnus et qui avaient l'aval des autorités pakistanaises sans être naturellement « imposés » (comme il a été dit) par le gouvernement français ;


•dans le même temps – second élément – la vente à l'Inde par le gouvernement français de sous-marins plus performants que ceux qui avaient été livrés au Pakistan auparavant, contrairement aux engagements pris.


► Le contrat Agosta n'est pas la cause de l'attentat


 Les familles des victimes doivent savoir que ce n'est pas le contrat lui-même qui est à l'origine de leur deuil. Ce contrat, pour des raisons à la fois diplomatiques et industrielles, je l'ai signé en conscience pour défendre – ce qui était mon rôle – les intérêts de la France dans un pays largement dominé par la diplomatie américaine, et au fil des années depuis cette date, victime d'une porosité croissante entre l'armée, les services secrets et les mouvements terroristes liés à l'islam radical.

Je revendique au nom du gouvernement de l'époque, dix-sept ans après, la responsabilité de cette signature et je n'ai aucunement l'intention de la renier. Je ne dis pas que cette décision était courageuse. Ce serait ridicule. Elle était simplement conforme aux intérêts de la France. Le ministère de la Défense n'est pas une entreprise de philanthropie.


► La « grande légèreté » de Chirac, Villepin et Millon


L'arrêt des commissions a été une décision prise avec une grande légèreté par le président de la République M. Chirac, et exécutée avec la même légèreté par MM. Villepin et Millon. Un engagement de l'Etat, lorsqu'il n'est pas respecté, rend naturellement cet Etat vulnérable. En effet, cet acte ne pouvait manquer d'avoir des conséquences lourdes.

Il a été accompagné ensuite, vis-à-vis de l'Inde, d'une mesure qui a profondément heurté nos partenaires pakistanais. La phrase qui vient spontanément à l'esprit est celle – de mémoire – de Chateaubriand : « Il faut être économe de son mépris compte tenu du nombre de nécessiteux. »


► Pas connaissance de versements vers des Français


Si des versements d'argent avaient été opérés vers des Français, ils seraient justement considérés comme illégaux. Pour ma part je n'en ai jamais eu connaissance.


► Le gouvernement et le Président étaient informés de tout


Le gouvernement de l'époque, celui de M. Balladur – gouvernement de cohabitation – et le président de la République, M. Mitterrand, ont été en permanence informés des décisions prises, des processus de négociations, des objectifs poursuivis, de l'importance diplomatique sur ce dossier.


► Balladur, Sarkozy et moi-même ne sommes pas responsables


Il y aurait une étrange inversion dans l'examen des responsabilités à considérer MM. Balladur, Léotard ou Sarkozy comme à l'origine de cette tragédie. La justice française doit être si possible à l'abri des manipulations ou pressions diverses dont elle a été souvent l'objet.


► La cohabitation est un gage d'assurance


Si la cohabitation ne donne pas par elle-même l'assurance d'un bienfait institutionnel, elle permet cependant que la vertu des dirigeants ne soit pas seulement le fait d'une exigence élémentaire, mais aussi l'expression de la plus grande assurance.


► Les intertitres sont de la rédaction





Pour conclure...

Finance Offshore ne peut que se ranger derrière le sentiment des nombreux observateurs éclairés du dossier alors que la Cour d'appel de Paris doit se prononcer sur la capacité de constitution des parties civiles sur le volet financier de l'affaire... Chacun pourra méditer pour cette nouvelle séquence dans l'affaire du Karachi Gate... N'oublions pas la nouvelle du jour, monsieur Léotard aurait  annoncé avoir été "sur écoute", voilà un scoop qui mérite le retentissement actuel des nombreux médias focalisés sur le "vérirable noyau de l'affaire", comme quoi, un ancien politique conserve -toujours-  l'art et la manière de communiquer... 








Source de la lettre de François Léotard: Site "Rue 89"" Tous droits réservés
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