vendredi 11 octobre 2019

La Suisse n'est plus un paradis fiscal selon l'Union Européenne, les ONG dénoncent une absence de crédibilité au regard de l'évasion fiscale.

La Suisse est "dégrisée" par l'Union Européenne. (Droits réservés.)




Didier REMER
Paris le 10 Octobre 2019




Le Commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici, s'est félicité lors d'une conférence de presse à Luxembourg: "Si la Suisse sort de cette liste, c'est un succès pour moi. La meilleure liste, c'est la plus courte." Les 28 États membres de l'Union européenne ont retiré la Suisse de leur liste des paradis fiscaux ce jeudi 10 Octobre, "estimant que la Confédération se conforme à tous les engagements pris en matière de coopération fiscale." 


La liste grise est composée des états ayant pris des engagements non encore concrétisés depuis son établissement par l'Union européenne en décembre 2017. Ces listes noires et grises étaient une première réponse des Ministres des finances de l'UE suite aux différents scandales dont les emblématiques Luxleaks et les Panama Papers. L'objectif affiché était de lutter pro-activement contre l'évasion fiscale des multinationales et des grandes fortunes. Si du côté de l'Union européenne on reconnaît que les sanctions étaient limitées au seul gèle des fonds européens que ces pays auraient pu recevoir, on souligne que depuis l'établissement des listes, nombreux pays se sont conformés aux règles en matière d'information et surtout coopération fiscale. Les ministres européens des Finances des 28 états réunis jeudi au Luxembourg, semble avoir acté le besoin urgent de faire évoluer les mécanismes de contrainte pour les états qui ne se conformeraient pas aux attentes en matière de coopération fiscale, ils semblent avoir pris rendez-vous en s'accordant un délai "technique" pour permettre à l'installation de la nouvelle Commission européenne.  


Les ONG ne partagent pas la satisfaction du commissaire européen "sortant" Pierre Moscovici et des principaux ministres des finances de l'Union européenne. Pour de nombreuses ONG, la Suisse à l'instar d'un Luxembourg, offre encore de très nombreuses possibilités aux entreprises.  Elles vont plus loin encore, en attaquant frontalement le sens de la décision, l'Ong Oxfam, spécialiste de la lutte contre l'évasion fiscale, regrette dans un communiqué cette décision, "La Suisse a aboli ses régimes fiscaux préférentiels, mais elle offre encore aux entreprises des incitations fiscales importantes et des taux bas. Cela continuera probablement d'attirer les entreprises qui cherchent à éviter de payer leur juste part d'impôt."



Patent Box...



La Suisse avait adopté une réforme fiscale en octobre 2018, mais sa mise en oeuvre et surtout son entrée en vigueur avaient été retardées suite à un référendum. Les modifications sont maintenant entrées en vigueur et seront appliquées à partir du 1er Janvier 2020.

Le communique du sérieux Secrétariat d'Etat aux questions financières internationales (SFI) de la Confédération Suisse ne manque pas de rappeler, "En mai 2019, la loi fédérale relative à la réforme fiscale et au financement de l'AVS (RFFA) a été acceptée en votation populaire par plus de 66% des voix. Par cette loi, la Suisse abolit au 1er janvier 2020 les régimes fiscaux qui ne sont plus compatibles avec les standards internationaux. La loi prévoit des mesures fiscales d’allègement acceptées sur le plan international, telles qu'une patent box, afin que la Suisse conserve sa compétitivité."


L'Ong Attac pointe que "les listes de l'Union européenne n'ont aucune crédibilité", considérant toujours la Suisse comme "un des pires paradis fiscaux au monde." Documents à l'appui, "l'organisation ne manque jamais de condamner ce qui doit toujours l'être." Il est surtout question de la problématique de la lutte contre l'évasion fiscale des multinationales et des grandes fortunes. Le président français Emmanuel Macron souhaiterait à l'évidence placer les impératifs comme ceux précis de l'évasion fiscale des multinationales au cœur de la nouvelle stratégie de la nouvelle Commission européenne, outre les GAFA, une réflexion attentive et pragmatique sera défendue par la France. 


Hormis la Suisse, l'Albanie, le Costa Rica, l’Île Maurice obtiennent bon quitus de l'Union européenne, et sortaient ce même jour de la liste grise.


L'autre liste démontre certains notables progrès, les Émirats arabes unis et les îles Marshall ont pour leur part quitté la liste noire des paradis fiscaux. La liste noire regroupe les pays ou territoires considérés comme "non coopératifs", pays "n'ayant pas pris d'engagements de bonne conduite en matière fiscale." La liste noire est surtout celle qui regroupe tous les états qui sont considérés comme les plus mauvais élèves que la liste grise, " puisque ces derniers n'ont jusqu'ici rien promis à l'Union européenne." Neuf états ou territoires sont toujours sur cette liste noire: les Samoas américaines, le Belize, les Fidgi, Guam, Oman, le Samoa, Trinité-et-Tobago, les Iles Vierges américaines et le Vanatu.










Communiqué du Secrétariat d'Etat aux questions financières internationales. (SFI)
Confédération suisse.




















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jeudi 10 octobre 2019

Luxembourg: Un discours sur l'état de la nation du premier ministre Xavier Bettel, un possible futur scandale d'état et des inquiétudes renforcées pour l'état de droit !


Xavier Bettel, premier ministre du Luxembourg fait le bilan de l'état de la nation. (Droits réservés.)


Didier REMER
Paris le 9 Octobre 2019.


Mardi, 13H30, le sémillant Xavier Bettel, premier ministre du Luxembourg rejoint le pupitre de l'unique chambre parlementaire du pays à système monocaméral. « C'est le grand jour, celui du discours de l'état de la nation! », un incontournable bilan d'étape pour une démocratie qui se veut en démonstration. Pour cette deuxième législature de la mouture "Gambie", les loges visiteurs et journalistes sont pleines " à craquer! ", mais tous les observateurs sont-ils vraiment convaincus que le « premier » va vraiment pouvoir rassurer l'échiquier politique et l'ensemble des citoyens du pays avec la stratégie de sa coalition?


Green Power...

Dans un discours plutôt formaté, le premier ministre Bettel tente donner beaucoup de sens à l'actualité « Green power ». Après la tornade de triste mémoire au sud du pays et les récentes manifestations écolos-compatibles avec la jeune Greta Thunberg au Luxembourg, un besoin fort semble s'installer au pays pour crier l'urgence de réorienter la croissance. Ainsi, Xavier Bettel soigne la composante écolo de « sa » coalition. Évoquant le besoin d'une réforme fiscale urgente, celle qu'il présentera comme « ...à coup sûr, écologique! », et ce sans faire l'économie d'un rappel du formidable et si radieu classement des agences internationales de la notation financière, triple A, of course...

Bien sûr, le Luxembourg entreprend depuis quelques années sa révolution verte, on peut s'en convaincre avec l'intégration plutôt efficace du projet de l'économie circulaire de Rifkin, certains prédisent même qu'avec l'exemple de la gratuité totale des transports à l'échelle d'un pays, « Les engagements fermes du Luxembourg pour réduire l'empreinte carbone donnent du sens à la promesse gouvernementale de Xavier Bettel ! »  Et de là imaginer que le Luxembourg est un modèle en Europe? Certains semblent déjà beaucoup plus prudents. En effet, si l'arrivée prochaine d'un méga data center du géant californien Google dans la bourgade si champêtre de Bissen est bel et bien actée, elle ne semblerait finalement toujours pas être assortie de garanties suffisantes pour ce qui est des questions environnementales. « Vous savez, des élus démissionnaires à Bissen, une absence de transparence intégrale sur l'impact écologique du projet nous invitent à la plus grande prudence, la prospective heureuse du gouvernement n'est pas de nature à nous rassurer... » croit-on savoir. Toutefois le projet serait en phase de concrétisation, il est question de finaliser des enquêtes administratives et de s'attaquer à la réorganisation des dispositions foncières pour l'activité économique en devenir. Elle fera l'objet d'un investissement proche du milliard d'euros! Un record pour le Luxembourg. « Si et seulement si, tout se passe bien jusqu'à la fin du processus en cours. » 


Mais tous ne regardent pas d'un bon œil la tendance de la "Green Power" du gouvernement, à commencer par la très médiatique légalisation du cannabis qui ne serait pas vue par tout le monde comme un bon deal ! En effet, l'autre "promesse phare" de la majorité Gambie souhaite rompre avec l'hypocrisie et défend "un modèle d'usage raisonné et légal" des substances narcotiques classées faibles, il est surtout question d'autoriser la vente et l'usage du cannabis, " Aux seuls résidents! Prévient-on! ". « Bon courage, il faudrait peut-être déjà par commencer à nettoyer le quartier de la gare, cible des trafiquants de drogues de la capitale, celles plutôt dures ! (…) Entre la promesse d'un nouveau commissariat, celle du triplement des effectifs de la Police du secteur, de la vidéo-surveillance, les habitants et commerçants et logiques nombreux usagers de la gare, tous seraient toujours confrontés aux effets négatifs de cette problématique ! Les gosses ramènent encore des seringues qui traînent à terre à leurs parents qui vivent dans ce quartier! » Bien que toutes ses promesses soient en cours de finalisation, ce n'est donc pas dans ce quartier qu'il faudra parler de légalisation des drogues "douces" au Luxembourg ! « Pour eux, le cannabis, c'est la première marche vers les drogues dures, ils ont vraiment de quoi être mécontents, surtout inquiets! » croit-on savoir.


Affaire Traversini Dieschbourg, « Si Mediapart existait au Luxembourg... »


Mais la « Green power » du Luxembourg semble nous faire découvrir des problématiques plus complexes sur d'autres réalités du pays. « C'est sympathique de faire la part belle aux questions environnementales, mais tous les écolos du pays ne sont pas vraiment clairs ici ! » Notre source à Luxembourg souhaite nous dire à quel point une forme de nuage de fumée s'est installée depuis quelques semaines,  notamment dans certains rangs de "la tribu coalisée de l'exécutif", il revient en force sur la petite histoire, « La récente diligence présumée très orientée pour en être à rebours dans la forme et plus grave, dans le fond, celle de notre ministre de l’environnement Dieschbourg, dont l'entreprise douteuse suscite beaucoup d’interrogations dans les rangs des différents groupes parlementaires, au delà des clivages ! » et de nous expliquer, « En fait, un député et maire d'une grande ville du sud (Ndlr : Differdange) semble s'être curieusement un peu planté pour ne pas dire autre chose, sur l'interprétation des textes de loi ! Il serait question d'une forme présumée de passe droit en forme d'abus de pouvoir caractérisé sur une autorisation portant sur des travaux pour une annexe d'une résidence privative dans une zone naturelle protégée. (Ndlr: Un modeste chalet de jardin en dur! ) Le pauvre homme semble avoir fait les frais d'un ensemble d'inconséquences dont il s'est vertement excusé. (Ndlr: L'élu était maire et député écologiste avant sa récente démission suite à l'affaire en cours d'instruction.) Toutefois, si Médiapart existait au Luxembourg, nul doute que les jours de l'actuelle ministre de l'environnement seraient comptés, il conviendrait de conclure à un scandale d'état ! » Croit-on savoir à Luxembourg.  Madame Dieschbourg et monsieur Traversini  bénéficient tous deux d'une logique présomption d'innocence jusqu'à l'établissement éventuel d'une responsabilité par la justice du pays, pour l'heure, les conclusions de l'opposition restent vertement contestées...

Ambiance donc... Il ne manquera pas de nous dire que si la tête de la ministre peut encore être sauvée, « ...qu'elle le devrait à la substance d'un parquet ayant ouvert enquête, mais décrit comme encore capable de se refuser à une instrumentalisation politique pour un dossier déjà bien entamé! »   Toutefois, notre éminente source qui cumule en plus d'un doctorat en économie, un doctorat en droit, pénaliste de surcroît, se range à l'idée de la nécessité d'une interprétation plus précise et rigoureuse du code pénal luxembourgeois, insistant sur les notions de délai raisonnable à devoir protéger, considérant pas moins que le député avait peut-être bénéficié d'un étrange traitement de faveur de la part du ministère de l'environnement ? « Ce n'est pas sûr, mais l'ex député Traversini capitalise tous les signes d'un parfait fusible, et ce malgré lui, il n'est pas certain qu'il en soit conscient. (...) et ce bien qu'ayant démissionné bien rapidement, avec réel panache, faute avouée, faute à moitié pardonnée? (La question est posée.) Le dossier doit monter d'un étage pour ce qui est des responsabilités présumées... » croit-on savoir.

L'histoire peut paraître secondaire pour ce qui est d'un contexte politique sur l'état de la nation, mais au Luxembourg, on n'en démord pas, « Un mauvais signal de la part de ceux qui se sont érigés comme les parangons de la déontologie politique ! Est-il besoin de rappeler ici que le premier (ministre) est avocat de formation? » et de nous rappeler que si le Luxembourg a bien le besoin urgent de réorienter son économie, « Il se doit le faire avec transparence et réelle déontologie, on ne peut avancer dans une configuration ou le doute s'installe, celui qui serait capable de mentir à rebours pour un chalet peut savoir mentir pour les conséquences encore inconnues sur l'environnement d'une multinationale comme Google! » Croit-on savoir. On le voit, l'activité parlementaire du pays s'annonce... musclée! On vous épargnera pour l'instant les développements sur la présomption d'innocence, son logique respect, « Surtout la déontologie, l'immunité des députés, des ministres... A se demander si l'affaire des services du renseignement ayant bouté de la politique nationale l'ancien premier ministre (Ndlr: M.Juncker avec sa démission...), a produit de réels salutaires enseignements à tout l'exécutif luxembourgeois, et ce dans sa plus grande largeur, du rouge, au bleu, en passant bien sûr par le vert... !  C'est un scandale d'état, mais pas encore un scandale dans état de droit! » 



Logement, « 50 000 luxembourgeois vivent déjà dans les pays frontaliers »


Dans son adresse sur l'état de la nation, le premier ministre Xavier Bettel s'est étrangement limité aux grandes lignes, il a surtout expliqué les grands défis du pays, lui va devoir réfléchir en profondeur sur la réforme de la constitution, programmée dans les semaines à venir! Le Luxembourg est dans une situation qui suppose tout sauf un début de  renoncement, « L'invitation du premier ministre à une forme de concorde avec le retour d'un dialogue constructif entre les différents corps constitués de l'état et groupes politiques ou syndicats, autant vous le dire, ce n'est pas encore gagné! Le patronat vient de claquer la porte de la tripartite, notre modèle social a du plomb dans l'aile...» Instigue notre éminente source. Pour cause, si le pays affiche de bons résultats en matière économique, il commence à mesurer tous les efforts à poursuivre pour maintenir la qualité de vie au pays. Lors de sa déclaration sur l'état de la nation, un problème récurrent ne semble pas avoir été décrit au mieux par Xavier Bettel, pour cause, « Le logement s'est résumé à une petite tirade de 180 secondes, mais c'est pourtant un réel problème ici. Visiblement pas pour notre premier. Savez-vous qu'au Luxembourg, le coût du mètre carré est proche de celui de Paris? »  (Ndlr: Il est vrai que certains secteurs annoncent des prix entre 7500 et 10.000 euros le mètre carré au Luxembourg, assez proche de ceux pratiqués à Paris et grande couronne! « Plus de 11% d'augmentation du prix du mètre carré depuis 2013, première législature dite Gambie, bien sûr, sans référence, aucune, avec le PIB de ce pays pauvre africain, juste les couleurs du drapeau qui font référence aux partis de la coalition politique au pouvoir, si absente sur la réponse à la crise du logement! » Notre source nous évoque le drame de ses compatriotes luxembourgeois qui doivent, « A présent dormir toute la nuit devant l'administration du logement social (Ndlr: Société nationale des habitations à bon marché SNHBM) pour tenter rendre éligible leur demande d'attribution... » (…) « Mon fils est fonctionnaire, marié, deux enfants, et toujours dans l'incapacité de s'acheter une maison à 51 ans! »



Plus de 50 000 luxembourgeois vivent déjà dans les pays frontaliers! Le problème n'est pas nouveau, l'emprise foncière y est particulièrement problématique au Luxembourg, « Une maison uni-familiale type, coûte presque 800 000 euros dans le pays! », à cette difficulté grandissante, sont identifiés le prix des terrains et leur notable raréfaction et pire encore,  « Un parc social locatif de seulement... 1,6 % ! »  Plaçant le pays au bas du tableau de l'OCDE. « Notre pays comptera bientôt un million d'habitants! » , quand des employés des institutions européennes "expatriés fonctionnaires"commencent à se plaindre des conditions et surtout du coût du logement ici, « C'est vrai, on voit commencer à se plaindre sérieusement ceux qui travaillent dans notre pays et qui sont plutôt nantis par rapport à de nombreux employés luxembourgeois, ils démontrent à leur façon, à quel point le logement est une urgence absolue. Mais étrangement, Xavier Bettel balaie le problème lors de son discours sur l'état de la nation! » Il faut reconnaître que le gouvernement s'est déjà attaqué à la refonte de l'administration du logement aux prises de certains scandales, et que même si les efforts semblent largement en dessous des attentes, des progrès seraient en cours notamment du côté du fonds du logement et sur l'épineuse question de l'attribution locale des permis de construire. C'est par ailleurs, sans compter une problématique liée à la spéculation présentée comme organisée depuis plus d'un demi siècle, surtout jugée comme hautement défavorable dans les faits pour l'accès à la propriété du citoyen luxembourgeois. En 2019, d'après une récente étude, le taux le plus élevé d'accès à la propriété pour les luxembourgeois serait encore celui de l'héritage patrimonial et donc familial...


Du Brexit au Gafi... Transparence!


Dans un autre registre, le Luxembourg est-il mieux préparé pour l'incidence promise du Brexit ? Le pays qui serait le deuxième le plus impacté (Ndlr :en cas de hard Brexit), et ce juste après l'Irlande, « Du fait de sa relation ténue avec les opérateurs continentaux de la finance et la structure même de la place... » Ce qui semble annoncer quelques problèmes pour le futur proche. « Plus prompt à faire une leçon de morale à son hôte le premier ministre britannique Boris Johnson il y a quelques semaines, le premier Bettel devrait se préparer à l'onde de choc qui nous est promise! » Notre autre source connaît bien le sujet pour diriger une institution financière internationale de premier rang sur la Place, « Sur ce point, c'est le Gafi, à qui le Luxembourg va devoir fournir un travail précis, le prochain raid prévu en Juin 2020 (Ndlr :Évaluation programmée du pays.) ne semble pas être une priorité. Il se dit que le ministère des finances peine à préparer tout ce qui doit l'être, mes amis au ministère me parlent du manque de personnel et surtout d'un formidable coller copier avec la Cssf !( Ndlr :Commission de surveillance et contrôle du secteur financier.) » Croit-on savoir. Des allégations qui seraient clairement démenties par le ministère qui reconnaît toutefois quelques aménagements techniques  pour rendre opérationnel tout ce qui doit l'être, est évoqué un renfort de personnel "toujours en cours." Notamment pour la partie contrôles? Le pays avait eu un relatif satisfecit lors du dernier opus du Gafi, toutefois des recommandations se devront traduites dans les faits en 2020 ! Le gouvernement a souhaité s’inscrire dans une logique de transparence, d'ailleurs le premier ministre s'était lui même expliqué sur les solutions à porter sur certaines dérives identifiées. Le pays est connu pour sa relative lenteur pour la transposition des lois, certains avocats ou membres du parquet et de la magistrature parlent de " manquements quasi pathologiques ! " Toutefois une prise de conscience salutaire est pro-activement suggérée par l'opposition, notamment le CSV qui se veut en première ligne sur le sujet. (Ndlr : Parti Chrétien social, dont l'ancien premier ministre Jean-Claude Juncker.) 

« On ne va pas se mentir entre gens intelligents, il y a des retards inadmissibles, une forme de déni de la majorité actuelle qui bouge que quand et seulement l'étau se resserre ! Sur ce point, la tromperie de l'électeur luxembourgeois vivant dans un état de droit est clairement inacceptable! » Il est vrai que la déontologie peine a devenir une vertu cardinale au Luxembourg, on se demande pour quelles bonnes raisons? Et notre éminente source revient sur l'affaire du moment, « L'état de droit n'est pas une appréciation vague, un élémentaire travail exemplaire de bon sens semble devoir être exigé du gouvernement actuel, l'affaire Traversini Dieschbourg est un des principaux et si incontournables du moment, c'est vrai, mais c'est surtout un scandale d'état qui n'ose pas dire son nom! » (…) « C'est aussi le code de bonne conduite du parlement qui se devrait enfin à bonne hauteur, il démontre la réelle problématique du pouvoir en place. (...) Prenons pour emblématique exemple, les dérives sur les bases légales d'un fichier Bis de la police (Ndlr: présumée illégale collecte et rétention abusive  d'informations) deux points qui s'avèrent déjà comme deux premiers exemples si cuisants pour la majorité! Il n'est pas faux de dire que dans le contexte de la prochaine réforme constitutionnelle à venir, que les bonnes volontés devront se démontrer à la bonne hauteur! » Étrange que ce Luxembourg si vertueux économiquement et qui semble toujours incapable de s'inscrire dans une logique digne d'un état de droit en démonstration, « Vous savez, pour tous les dossiers identifiés par la déclaration de l'état de la nation lors de la diatribe à minima de notre premier, on retrouve étrangement une problématique juridique ouverte pour chaque sujet, c'est dire! » Mais tout n'est-il pas dit? Notre source évoque aussi le dossier RTL Group suite à notre question sur le devenir du groupe au pays, nous comptons beaucoup d'ami(e)s inquiet(e)s sur l'avenir de RTL au Luxembourg,  « Le géant allemand Bertelsmann vient rappeler à qui veut l'entendre ici que la réalité des impératifs économiques d'un puissant groupe privé n'est pas si éloignée de celle d'un état! C'est au premier ministre, ministre en charge des médias de s'y coller avec courage afin d'annoncer son plan aux salariés, il est vrai, à juste titre très inquiets! » Au Luxembourg, le premier ministre occupe également le portefeuille de la communication, le secteur de l'audiovisuel public est une concession de l'état spécifiquement liée avec le groupe privé RTL Group. L'état vote un budget à disposition de l'opérateur pour assurer l'équivalence d'un service public de l'audiovisuel dédié au seul pays. 


RTL Group, « Si le groupe s'est hissé à si bonne place, il le doit surtout à la qualité de son personnel... »


RTL Group tire davantage de son histoire intimement liée à celle du Luxembourg que d'une nouvelle réalité macroéconomique toujours plus évidente, «  Le groupe est confronté au besoin urgent de rationaliser ses effectifs au niveau continental. Il serait à présent question de recentrage stratégique et pour faire court, éviter au groupe de perdre des croupières dans la formidable guerre qui s'opère dans le monde instable des médias! Les études sont formelles, le prochain modèle porteur de la télévision numérique est celui du "Pay per view", les fameuses plateformes Netflix et consorts, pas moins les podcasts qui gagnent en ampleur.» Croit-on savoir à Luxembourg. 


Le groupe s'est lancé dans la stratégie "Total Vidéo", il est bien question des services de streaming, vidéo à la demande, souhaitant ainsi renforcer sa croissance avec les services non-linéaires à l'instar de ses principaux concurrents qui combinent pour la plupart des services hybrides, gratuits grâce à la publicité et payants comme avec les services de contenus "premium", My TF1, My Canal comme par exemple en France et bientôt la plateforme Salto qui en 2020, placera RTL Group en partenaire stratégique des groupes TF1, France Télévisons via le groupe M6. En résumé, le client final créé "sa propre chaîne", pour comprendre l'évolution du secteur, il faudra s'intéresser aux études actuelles sur les nouveaux modes de consommation des plus jeunes, ceux qui seront majeurs en 2030! Obligeant aux différents opérateurs du secteur, « Une indispensable transformation après le prolongement de la numérisation largement déjà actée! » , transformation qui passe par une refonte des différents groupes mondiaux vers le tout numérique... à la demande!


La force du modèle économique réside dans sa capacité d'alignement, le groupe est donc "condamné" à miser sur la puissance des contenus, ceux qui feront la différence! Ainsi, face à la concurrence, s'invite le besoin inhérent de bien calibrer tout ce qui peut l'être en matière de dépense, suppression des doublons, recentrage des pôles d'activité, rationalisation du personnel, pas moins anodin, le groupe privé se doit servir des dividendes à ses actionnaires. Ainsi, croit-on bien le savoir à Luxembourg,  « La voilure opérationnelle du siège de RTL Group au Luxembourg est dans le viseur des analystes financiers spécialistes du secteur, notamment ceux qui opèrent en Allemagne, mais pas seulement ! Jugé coûteux et indissociable des efforts de l'ensemble du groupe qui s'est récemment redéployé en Allemagne avec des curseurs intégrés qui sont eux, considérés comme plus rationnels ou prometteurs au sens économétrique! Le groupe serait bel et bien contraint de réduire sa voilure au Luxembourg. Une note stratégique qui circulerait évoque même "un besoin vital", le Luxembourg ( notamment donc l'ex entité juridique CLT-UFA devenue RTL Group.) se découvre les mêmes réalités de certaines branches déjà taillées, RTL Tvi en Belgique, ou donc en l'espèce, d'autres également comme en Allemagne...»


Ce dossier est clairement jugé explosif, l'histoire même du groupe est souvent considérée comme celui d'intérêt national au Luxembourg, mais le groupe s'est surtout réellement développé par son autre histoire au niveau continental, et ce au grès des différents actionnaires, pas moins succès. C'est le baron Albert Frère qui s'était allié avec les allemands, à l'époque, le Luxembourg avait exigé des garanties, toutefois, celles-ci demeurent contractuellement conditionnées au réalisme du modèle économique, ses évolutions notables.  « Si le groupe s'est hissé à si bonne place, il le doit surtout à la qualité de son personnel comme tous ceux présents en force à Luxembourg, et peut-être à sa capacité réelle de résister à la concurrence en agissant sur l'ensemble des territoires et donc leviers opérationnels. » Croit-on savoir. Ce dossier risque de faire des vagues au pays, en effet, la logique défiance suscitée avec l'émoi des syndicats du groupe RTL au Luxembourg butte au réalisme de la partition qui s'annonce. Mais il y a des solutions, à commencer par celle de l'Etat, celui-ci devra impérativement augmenter la voilure de sa contribution, on ne va pas s'étaler ici sur certaines études prospectives qui concernent RTL Group, mais nos sources semblent accréditer que cette option serait déjà à l'étude,  « Le temps est clairement venu pour le Luxembourg de former un opérateur du service public de l'audiovisuel financièrement capable de pourvoir à la demande locale, celle-ci se devant être relativisée en fonction des capacités réelles d'audience sur le territoire concerné. » 


Reste le nœud cornélien, le personnel de RTL Group, ceux qui travaillent pour le groupe, entité globale à visée supranationale, « Autant dire qu'il faudra défendre bec et ongle ce qui peut l'être, l'annonce récente d'un premier plan social vient conforter les premières inquiétudes. Le siège de Luxembourg ne doit pas être transformé en boîte aux lettres pour et par le groupe en 2030! »  Il n'est pas faux de dire que le site allemand de Colognes (Medien Gruppe RTL Deutshland), situé en à quelques 200 kilomètres de Luxembourg, s'annonce comme une possible référence en matière de production de flux de programmes. Le récent calibrage de la direction générale du groupe atteste la stratégie qui prévaut en coulisse, faut-il encore que le gouvernement luxembourgeois soit plus pro-actif sur la question. « Il faudra beaucoup de soutien aux salariés du groupe, ils restent fondés à défendre le modèle de RTL Group au Luxembourg, mais ils ne pourront plus faire l'économie de certaines réalités. Le gouvernement luxembourgeois n'ayant que trop peu de prise sur le groupe privé confronté à des choix stratégiques importants. Il est certes en bonne santé, mais souhaite à juste titre s'armer pour le futur qui s'annonce plus compliqué... » Croit-on savoir.  La belle histoire doit donc se réinventer. L'inter-syndicale du groupe au Luxembourg monte au créneau, des opérations de sensibilisation du grand public seraient à l'étude, gréves ou écran noir au programme? « Ce n'est pas impossible, bien sûr, cela serait une grande première au pays, mais certains salariés semblent prêts à toutes éventualités pour mettre le gouvernement en face de ses responsabilités! Si personne se défend dès à présent à la City RTL, qui le fera mieux qu'eux-mêmes? »   Xavier Bettel semble prendre le problème au sérieux, la double casquette de chef de l'exécutif et ministre de la communication suppose, il est vrai une implication sans faille.«Tout sauf un jeu de poker-menteur, un Pinocchio à la table des négociations serait pire encore ... » Croit-on savoir à Luxembourg.



Pour conclure...

On le voit, au Luxembourg, il est bien question de l'état de droit, de la capacité du pays à s'inscrire dans une démarche honnête, constructive, et surtout garantir une transparence intégrale pour faire sens à la déontologie. Les dossiers ouverts sont nombreux, la coalition au pouvoir semble tenir le cap des réformes, des premiers succès sont à mettre au compteur des bonnes volontés, toutefois, il faudra que la réforme constitutionnelle soit l'occasion d'une véritable concorde. Le pays compte un attelage politique capable de vigilance, mieux, de s'éviter une farce qui deviendrait permanente!































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mercredi 13 mars 2019

GRAND DEBAT NATIONAL : Le président Emmanuel Macron va devoir donner de sérieux gages !


Le président de la République Emmanuel Macron mise beaucoup sur le "Grand Débat." 
(Photographie: Droits réservés.)


Didier REMER
Paris, le 13 Mars 2019.



A l'heure d'une France qui rit jaune, le mouvement éponyme des gilets campe davantage dans les esprits que sur les ronds points ou les Champs-Elysées. A quelques semaines des élections européennes, le président de la République française de la « Start Up Nation du nouveau monde» est plus que jamais face au délicat dilemme! Emmanuel Macron doit conforter un indispensable train de réformes en donnant des signaux clairs pour contrer un mécontentement d'une rare ampleur, entre essoufflement et crise identitaire, le mouvement des Gilets Jaunes abordera ce prochain week-end sa dix-septième semaine de manifestations ! Si la question de l'évasion fiscale intéresse logiquement Finance Offshore, ce thème fédère plutôt bien la contestation du mouvement social qui fonde aussi ses primaires attentes surtout le pouvoir d'achat. Il fût d'ailleurs lancé avec les hausses du prix du carburant ! A l'heure d'un bilan toujours plus proche, pointe la question centrale de la transformation de l'impôt sur la fortune (ISF), notamment  cette mutation sur celui des rentes des véhicules financiers ou valeurs immobilières de placement (IFI) dont les résultats seraient déjà plus convaincants. Ce devenu "totem de l'ISF" est toujours cette "tête de gondole" de la contestation toujours capable de démontrer les incapacités notoires pour un gouvernement appelé à démontrer une efficacité pro-active pour l'économétrie du budget de la nation. Bien sûr, comme le dit assez justement le président français, ce n'est pas en relevant ou remettant l'ISF ancienne "mouture" que les Gilets Jaunes seront assurés d'une meilleure vie, est surtout évoqué "Un symbolisme purement politique sans intérêt pour l'économie du pays", "France qui se doit endiguer la fuite des capitaux, privilégier le retour à l'investissement dans l'économie réelle en mutation..."  Dans le contexte d'une future échéance européenne toujours plus proche, il est vrai que le "Choose France" va devoir s'affirmer au niveau continental, si le pays démontre des premiers signes louables avec l'imposition promise des Gafa, (quelques 500 premiers millions d'euros escomptés avec la mesure de justice fiscale), après le pour le moins très attendu de refus de consensus de l'Union européenne, la France sait trop bien que c'est au niveau européen que la question se devra tranchée. Particularisme s'il en est, la question sensible de l'unanimité de l'ensemble des états membres est une entreprise qui suggère plus que des bonnes intentions. « Il faudra convaincre d'autres états qui ne sont visiblement pas encore prêts à certains renoncements, et ce dans un environnement budgétaire toujours plus contraint pour satisfaire aux desiderata de Bruxelles! Certains jouent logiquement la montre, aucune surprise à ce sujet, pas moins pour la Commission dont Moscovici ne désespère pas...» (Le vote de l'Union est sans appel, quatre états se sont prononcés contre le projet français...) Aujourd'hui, nous allons nous intéresser au contexte politique de cette crise bien française des Gilets Jaunes, nous porterons une attention particulière sur sa gestion par le président, pas moins celle de l'exécutif gouvernemental, dont le premier ministre Edouard Philippe, qui nous dit-on, serait déjà prêt pour une sortie "par le haut" dans les prochains mois. Que l'on se rassure, nous viendrons très prochainement sur la réalité du détail de la stratégie fiscale de la France. Il sera bien question des résultats à mettre au compteur de la maison France ''En marche'', celle qui (nous) promet le retour des grandes fortunes, pas moins un investissement étranger post Brexit "plus affirmé"... Nous reviendrons aussi sur cette fin annoncée de la migration fiscale dans le contexte particulier de l'amende record d'UBS (ici très largement documentée), celle qui d'une façon certaine, ouvre le bal de la future présidence Macron.2 et ce dès mi-juin, semblent confirmer nos meilleures sources à Paris ! 



Une dream team en marche arrière?

Depuis cinq mois, la France subit une levée de boucliers qui rythme le mandat d'un président qui n'en finit pas de réorganiser son premier cercle, « Après l'épisode Benalla toujours en cours, (tient-on à nous préciser!), l'Elysée se découvre le besoin d'une refonte de ses ressources humaines, problème, les volontaires ne sont pas vraiment légion! On ne va pas se mentir, les quadras du premier cercle sont plutôt en mode repli, il est vrai, alors plus prompts et donc efficaces dans une dynamique de campagne présidentielle, tout est question d'émulation! (...) Avec les épreuves, ils se sont démontrés finalement moins appliqués dans ce qu'il est convenu d'appeler ici au château (L'Elysée) la délicate tâche de la gestion courante de la mission! Les événements y sont pour beaucoup, la défiance est palpable, le président semble se protéger davantage, il a beaucoup appris depuis la crise des Gilets, pas moins le feuilleton Benalla, on devrait se dire qu'il écoute moins, mais beaucoup mieux, en fait il a réorienté son écoute comme celle qui se doit pour un chef d'un état, ...» croit-on savoir à Paris. Ainsi, c'est donc peut-être le problème de ces nombreux profils qui ne connaissent pas vraiment les doux plaisirs de la gestion d'une collectivité, rares sont les anciens élus, ou fonctionnaires d'administrations décentralisées comme en régions,toutefois le président peut compter sur ceux qui font le job! « Leur côté hors sol ne les favorise pas dans une configuration de crise permanente qui suppose un dialogue toujours plus constructif avec ceux qui sont sur le terrain des réalités, visiblement, la volonté ne suffit pas ou plus, les paradigmes sont clairement différents! (...) C'est l'expérience du réel qui fait cruellement défaut à cette dream-team aujourd'hui en marche arrière toute, le président s'est trouvé autant de réponses que nécessaires avec le grand débat dont il assure la plus grande part du travail...» A présent, il faudrait donc se préparer à l'épilogue de « son » grand débat (cette grande consultation nationale pour suggérer un dialogue constructif pour endiguer le mécontentement du mouvement des citoyens dont les fameux Gilest Jaunes), « A coup sûr, plane la promesse d'un échec cuisant si l'opération ne devait être finalement qu'une construction intellectuelle de pure communication politique... Comme pour gagner (que) du temps ! Ce que le président veille à éviter avec une discipline et rigueur quasi militaire. (...) Le président compulse une base de données inédite sur l'état du pays, tout y passe, ou presque... », pour les Gilets Jaunes et nombreux observateurs, « Une phase nouvelle du quinquennat en version Macron 2.0 ne pourra correspondre à un prolongement des recettes d'un prétendu nouveau monde d'un toujours plus improbable en même temps! »

A présent, le ''road trip présidentiel'' porté par celui qui s'est lancé dans un tour de France à faire pâlir les meilleurs télé-évangélistes américains s'apparente à une opération "déminage" que certains considèrent comme ''une campagne présidentielle bis version teintée échéance des Elections Européennes'', c'est à dire une rencontre avec le bon peuple. Nouvelle stratégie de circonstance qui tente replacer plus l'horizontalité comme nouvelle réponse au surplus d'une trop souvent remarquée "verticalité jupitérienne", elle qui se serait finalement démontrée si catastrophique pour l'exécutif, « Cette France souvent oubliée, se réveille! Avec elle, c'est tout un système à réorganiser! Il faut (bien) s'expliquer! Convaincre un maximum, comprendre qu'à présent, le président n'a pas d'autre choix que de celui d'une implication personnelle. Si le président monte enfin au vrai front, il devra donner de sérieux gages! Il est clairement attendu au virage, attention à l'effet boomerang si...» Jusqu'à présent, la poudre de ''Perlimpinpin'', c'était surtout celle de l'explosion d'un formidable mécontentement, « Tout y est passé, ou presque, du rationnel à l'irrationnel, la défiance est importante! (...) Les élites sont visées, conspuées, ce ''président des riches'' ne serait que la tête de pont d'un système perçu comme celui d'un complotisme, ou médias et institutions sont aux ordres des oligarchies financières et donc pas moins technocratiques! Pointe une chasse aux sorcières, des élus attaqués jusque dans leurs campagnes, permanences, habitations privatives détruites ou parfois incendiées! Du jamais vu avec un tel niveau de violence.»  La gestion de la contestation pose aussi ses premières questions, on pensera ici à ces forces de l'ordre louées pour leur bravoure face au terrorisme, « Elles qui sont sollicitées comme jamais par le gouvernement et pas moins critiquées par les séditieux de tous poils! » La doctrine de l'emploi dont le bon usage des forces de l'ordre et leurs moyens supposent des adaptations qui ne feraient pas toujours sens à la véritable problématique. « Est pointé l'usage de la force, le LBD (ou ex flash ball) et consorts comme les grenades explosives semblent démontrer surtout des lacunes de formation des personnels, le Défenseur des Droits, après l'ONU ou le Conseil de l'Europe, vient à son tour de diffuser un mémorandum qui pointe de graves lacunes, (...) Il instigue un trop plein de l'autoritarisme étatique, ce recours dangereux au LBD (lanceur de balle de défense) et une altération des droits de l'homme du citoyen français bien fondé à défendre son droit à manifester comme l'y autorise la constitution... », justement pour ne pas dire opportunément ce à quoi le président français s'est attaché à mieux définir avec la saisine du Conseil constitutionnel comme pour la Loi "anticasseurs". Mais pour de nombreux observateurs proches du président, « L'erreur la plus grave serait encore trop souvent de faire croire que désarmée, la force publique serait plus efficace face à des manifestants qui pour certains, sont clairement de groupes plutôt bien identifiés », et donc reconnaissables, ceux qui s'arment avec des objets dignes d'une guérilla quasi moyenâgeuse!  « Frondes avec billes de fer, boules de pétanques, marteaux, objets contondants... » Ainsi, la notion de proportionnalité de la doctrine serait mise à mal, les blessés sont nombreux, et ce dans les « deux » camps,  « 17 personnes éborgnées! Des dégâts collatéraux, saccages de commerces, biens publics, centre villes dévastés, des actes inadmissibles qui suggèrent une escalade gravissime pour un Etat de Droit comme se doit le rester la France! » Le plus grave, serait bien cette défiance qui persiste, « Paradoxalement, avec la commission d'enquête du Sénat sur l'ancien collabo-rateur en deux mots du château, certains remettent toujours en cause un système parlementaire bicaméral et ce pour tenter légitimer comme unique solution, le référendum, telle la potion miracle! (...) Or le référendum citoyen est trop précieux pour devenir l'alpha et l’oméga d'une république qui en inspira tant d'autres... en devenir ! » Si le renouvellement du Parlement s'est démontré pour partie fulgurant comme à l'Assemblée nationale, on ne nous cache pas qu'il en aurait oublié d'embarquer une représentation qui soit armée pour répondre au quotidien, « Il fallait mettre son jolis minois sur l'affiche avec celui pas moins agréable  du président pour être élu! Nombreux le pensent, si c'est vrai pour certains parlementaires, d'autres peuvent contredire cette présumée faiblesse! (...) Un autre grand paradoxe que l'on nous invite à ne pas oublier, « Ces nouveaux élus "En Marche" gèrent aussi l'inconséquence de nombreux professionnels de la politique premières victimes d'un certain dégagisme après l'élection présidentielle du président! » Ainsi, si le grand remplacement ne s'est pas fait qu'avec des profils implantés dans les dures réalités du citoyen, ce fossé se doit à présent rapidement comblé, « Se faire connaître est une chose, mais se faire reconnaître en est une autre ! » On nous concédera toutefois que cet exercice délicat est mieux appréhendé par celles ou ceux « Qui disposaient ne serait-ce que, d'un mandat local, pour les autres, la gestion courante est un exercice fort d'apprentissages, la crise des Gilets Jaunes est venue casser certaines vocations de pures circonstances... », (...)   « Renverser la table, oui ! Mais avec les bonnes cartes en main... » C'est peut-être aussi l'organisation du parti présidentiel qui suggère certains aménagements, la nomination d'un nouveau secrétaire général devrait y contribuer « Stanislas Guerini a sa feuille de route, plus clair il sera, mieux on avancera, après tout on se doit en marche! » 


Trop simple banco...

Ainsi, le président de la République se doit gérer à tous les étages, recréer du lien là ou parfois ce qui fût présenté comme arrogance s'est démontré comme une première limite à l'exercice, « Lui même, est la première victime de cette confiance, si donner une chance à un Benalla s'est avéré comme le curseur d'une amitié de circonstance, comme pour s'en être démontré par l'implication pour relever le grand défi en partage que fût la victoire de l'élection, le président de la République aura appris de cette bienveillance qui ne garantit pas toujours le bon échange de procédé ou retour sur investissement, comme on le dit souvent sur les ressources humaines... », c'est donc purement symptomatique? « La jeunesse en action! Mais quand certains passent de la tête froide au melon, les dégâts sont proches...» Un résultat systémique donc pour une confiance qui serait trahie, « N'en déplaise, on s'étonnera toujours de voir certaines personnes dans la toute puissance porter autant de conséquences, en général, le manager doit manager, savoir à qui déléguer, un bon sens qui ne craint pas l'évidence ! »  Mais quand la chaîne décisionnelle se pourrait contournée, ne faudrait-il pas se soustraire pour autant à ses responsabilités? Paul Ricoeur, cette sérieuse référence dont le président fût un temps l'assistant avait une formule qui peut résumer la situation actuelle du chef de l'Etat, « La fatalité, c'est personne. La responsabilité, c'est quelqu'un. » D'ailleurs, il n'est pas moins intéressant de considérer qu'un homme d'Etat a plus de chances de se démontrer dans l'épreuve que dans la représentation d'une imagerie d'Epinal un brin... trop figée! Avec le Grand Débat, il serait fort dommageable de considérer cette opération comme un trop simple contournement pour s'autoriser de truster la campagne des élections européennes et faire ''trop simple banco'', si les remontées de l'opération ne trouvent pas une concrétisation, alors oui, elles démultiplieront les ressentiments, et la République s'en retrouvera altérée comme jamais... « Il est bien question de la sincérité de notre président, sur ce point, les premiers retours des débats sont plutôt encourageants, ce qui n'offre pas pour autant un blanc seing pour un succès! (...)  Les attentes sont nombreuses, et pour y faire sens, le calendrier s'annonce fort contraint, tant budgétaire que législatif ! Et paradoxalement certaines thématiques plutôt bruyantes lors du mouvement social d'ampleur se voient remplacées par d'autres plus silencieuses. Elles démontrent bien cette réelle problématique d'une France trop longtemps oubliée...» 



Accorder ses violons !

A l'heure d'un certain bilan, pour ne pas mieux devoir affirmer un bilan certain,  l'implémentation de toutes ces remontées s'annonce compliquée, « Il eut fallu déjà s'éviter d'ériger des sujets comme tabous et autres totems... » L'idée et que ça remonte, et que tous les sujets soient abordés dès lors qu'ils suscitent un intérêt, d'ailleurs il est bien plus question d'inquiétudes, on ne rassure pas en limitant l'expression de la peur du lendemain. Le pays n'est pas sous administré pour gérer « le défi des remontées du grand débat », il est  bien bien question de priorités et d'urgences à combler ou corriger, « Il fallait un cadre, ce qui suppose aussi des limites, comme pour ne pas perdre en efficacité. La première règle est ne pas accepter de voir des thématiques plomber l'ensemble d'une consultation qui trouve son origine pour grande part dans le pouvoir d'achat et finalement de la réappropriation à dessein du destin de la France! », l'opération démontre la tentation d'un élargissement des thématiques qui ne repose pas toujours sur des inquiétudes fondées ou réalistes. « Il y a ici ou là un travail de récupération politique qui n'est pas toujours en concordance avec la matrice de départ. Ceux qui veulent renverser les institutions ne donneront jamais quitus au grand débat, ce n'est pas leur intérêt primaire, (...) Chacun peut bien comprendre qu'ils engrangent davantage en délégitimant la parole publique avec des propositions irréalistes dans une configuration un brin simpliste du tous pourris ! »  ce qui expliquent toujours mieux ces thèses qui font « la part belle aux populismes et nationalismes rampants!», l'antisémitisme et autres dérives du si mauvais genre n'est pas en reste dans cette configuration propice à tous les dévoiements, notamment les pires. Ce qui n'est pas qu'un simple hasard à mesure que les échéances européennes calquent le calendrier du grand débat dont la confrontation du rendez-vous promet plus qu'un simple exutoire, « C'est le risque de ce calendrier, le président de la République en portera seul la responsabilité ! » Ainsi il doit s'impliquer comme ses ministres avec plus ou moins d'application dans l'exercice. Avec la campagne des européennes, « On risque de voir cette élection transformée en simple question d’approbation (ou pas) du président, une forme de référendum ou l'Europe sera une thématique secondaire dans les débats, principale cible de tous les ressentiments qui sont à l'origine d'une France en crise des Gilets Jaunes, de l'économie à la crise migratoire, réduction de thématiques qui pénaliseraient le pays... » Sur ce point, on s'étonnera que les éléments de langage du gouvernement offrent encore trop souvent des occasions de contradictions oratoires de certains ministres, « Ils avancent des propositions de bon matin chez Bourdin (RMC/BFMTV) et sont ''rectifiés'' dans la journée, sur ce point, il serait temps d'accorder ses violons ! » C'est aussi l'impression d'un fossé qui se creuse entre exécutif et présidence, « Comme si certains membres du gouvernement s'accordaient une fenêtre de tir au cas ou... » une forme de sortie programmée pour certains ministres qui semblent percevoir que leurs jours seraient plus ou moins déjà comptés?


Edouard Philippe: L'onde de choc Benalla...

La pression la plus forte s'exercerait à présent sur le premier d'entre-eux, en effet, Edouard Philippe aurait déjà pris conscience que ce rôle de fusible en général toujours promis à sa fonction pourrait rapidement se confirmer à l'issue des élections européennes, « Notamment si le résultat des élections européennes ne permettrait pas de calmer le bon peuple, entre les 80 KM/HS et quelques sorties sur le président dont certaines distances appuyées sur des excès de langage malheureux du président, un début de fronde qui ne plaît pas toujours au château! Certains n'ont de cesse de nous dire que quand deux "psychorigides" croisent le fer, il faut s'attendre à voir plier l'un ou l'autre ! (...) L'onde de choc de l'affaire Benalla serait encore plus importante que comme parfois souvent perçue et donc à tort comme déjà prétendue digérée, le premier ministre n'ayant pas vraiment considéré la gestion « très personnelle » du dossier par le président, et de devoir assurer un énième service après vente jusqu'au plus près de son cabinet au ministère d'Etat après la démission de sa responsable de la sécurité... » Le premier ministre était pourtant une courroie de transmission avec la droite républicaine, mais il endosserait à présent « une grande responsabilité » sur une approche pas toujours « conciliante » lors de la gestion de la crise des Gilets Jaunes, « Il ne s'est pas toujours démontré pugnace dans la gestion courante du dossier, au début de la crise, convaincu d'atomiser ''la révolution jaune'' à l'Assemblée nationale, il aurait dynamité nombreux ponts avec certains élus de la droite, on ne vous cachera pas ici qu'ils le lui rendent bien! Par ailleurs au Sénat, il s'est coupé d'une frange qu'il tente de rabibocher tant bien que mal, le président de la haute chambre lui reprochant un trop plein de verticalité! » Supposition ou fantasme, la question reste posée, car de nombreux sénateurs rappellent que le premier ministre serait « d'un genre loyal qui devrait pouvoir encore en inspirer plus d'un dans la maison! A commencer par le président Larcher qui se fait bien moralisateur... Un peu à l'image de critiques acerbes sur le président de la République qu'il ne se prive pas de dézinguer en comité restreint! » On reconnaîtra ici toute la bonté qui se répand dans la haute chambre, de quoi nous inviter à la prudence. De bonne guerre? « Ce point fût culminant avec la commission d'enquête sur Benalla et consorts, en défenseur de l'institution, le président Larcher s'est lâché sur le sujet... Mais en avait-il pas le devoir ? Ce que le premier ministre ne fait jamais, il y a entre les deux hommes une communication franche et directe qui ne suggère pas vraiment ce genre de bassesses, car contrairement à cette ambiance toujours si propice aux salons feutrés du Sénat, Messieurs Macron et Philippe utilisent la ligne directe, eux ! Simple question générationnelle ou pragmatisme déontologique de la loyauté affirmée...»  Ambiance donc. Ainsi il n'y aurait pas l'épaisseur d'une feuille de cigarette entre le président et son premier ministre, considérer que cette communication franche soit assortie de quelques vérités n'est pas moins rationnel, car au delà des sentiments et ressentiments, les deux hommes démontrent une volonté qui dans un tel contexte, peut toujours supposer de sérieux ajustements... Pour l'heure, l'épilogue du Grand débat national devrait nous donner quelques premières réponses. A suivre.


















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